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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 11:46
Djibouti sur le point de perdre son unique forêt

La forêt du Day, l’unique de Djibouti, vestige d’une forêt primaire, située au nord, dans le golfe de Tadjourah, est un écosystème en danger.

Des feux pastoraux au 18ème siècle et l’éruption volcanique de 1862 ont réduit sa superficie qui est passée d’environ 7.500 ha, voici un peu plus de 200 ans, à 1 500 ha en 1984 et à moins de 900 ha aujourd’hui.Composé de genévriers, d’acacias et d’oliviers sauvages et culminant à plus de 1 700 m d’altitude, cet écosystème qui est l’unique forêt de Djibouti demeure l’une des dernières forêts primaires du continent.

Pour répondre à la menace qui plane désormais sur cette forêt, une loi a été votée qui lui attribue un statut d’aire protégée, ainsi qu’à d’autres écosystèmes inventoriés dans le cadre d’un programme appelé Monographie nationale. Pour ce qui est de la forêt du Day, le ministère de l’Habitat, de l’urbanisme et de l’environnement recherche actuellement des financements pour entreprendre des actions de préservation.

Houssein Rirache, directeur de l’Environnement dans ce ministère, précise qu’avec la collaboration du ministère de l’Agriculture, des zones de mises en défense ont d’ores et déjà été délimitées et des actions ont été entreprises auprès de la population pour la sensibiliser sur l’importance de la biodiversité.

Simultanément, un recensement des espèces animales et végétales de la forêt du Day a été réalisé avec l’assistance du Muséum américain.Il en résulte que l’espèce la plus menacée dans cette forêt est le genévrier qui, sous l’action de l’homme et des animaux domestiques, est en voie de disparition.

L’action de l’homme accentuée par la surpopulation et le manque de pluies sont d’ailleurs les principales causes de la dégradation de la forêt. »Mais, un phénomène bien plus dangereux s’est amplifié durant cette décennie : c’est l’utilisation des arbres abattus pour faire du charbon de bois qui, malgré l’interdiction et la loi, perdure et désertifie ce pays », s’alarme Houssein Rayaleh de l’Association Djibouti nature.

Autres solutions
Les équipes du Programme de mobilisation des eaux de surface du ministère de l’Agriculture et de gestion durable des terres (PRODERMO) ont entrepris des opérations de replantation de 5 000 genévriers pour régénérer la forêt , mais les jeunes pousses croissent lentement à cause des conditions climatiques.Par conséquent, « La forêt continue de mourir à petits feux « , constate Houssein Rayaleh qui estime qu’il faut « proposer aux populations d’autres solutions »

Il s’agit par exemple de les encourager à reboiser la forêt en contrepartie d’un programme de microcrédit et de payement de cash , mais aussi les aider développer des activités comme l’apiculture et la production de poulets et d’œufs, une approche qui a déjà été implémentée dans d’autres régions du pays.Déjà, en 2007, le gouvernement a conduit un programme programme d’adduction d’eau qui a mis fin au spectre de la soif et qui a permis à de nombreuses familles de développer un potager familial dans la région.

Depuis cette date, la population a commencé à prendre conscience des dangers que représente la déforestation et a limité ses actions néfastes.
La forêt du Day fait partie des forêts reliques de genévrier existant en Afrique de l’Est, le long de la péninsule arabique et de la vallée du grand rift. A plusieurs égards elle constitue un écosystème particulier de Djibouti.L’Association Djibouti nature, après un travail de plaidoyer sur le terrain concernant sa préservation, a réussi à élever au rang de symbole national le francolin de Djibouti, gravement menacé d’extinction.

Une pièce de deux cent cinquante francs Djibouti, frappée à l’effigie de cet oiseau ne vivant qu’à Djibouti et nulle part ailleurs dans le monde, a d’ailleurs été mise en circulation par la banque centrale en avril 2013.

(AIP17/03/16)

16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 17:45
DÉVASTATION DES RESSOURCES NATURELLES DANS LE NORD-BÉNIN: LES MAIRES DU BORGOU-ALIBORI TIRENT LA SONNETTE D’ALARME

Les ressources de la faune et de la flore se dégarnissent de jour en jour, malgré les textes et mesures de préservation. Les départements du Borgou-Alibori sont particulièrement touchés. Les maires alertent à travers un réquisitoire sévère contre l’administration forestière.

«Si rien n’est fait, le Nord-Bénin sera d’ici à cinquante ans le désert et le Sud, le Sahel. La commune de Karimama est la plus exposée, c’est la porte du désert au Bénin». C’est en ces termes que Moussa Maman Bello, maire de Karimama, attire l’attention sur le danger que court le pays face au phénomène de la déforestation et du braconnage au Bénin. «A l’allure où vont les choses, nous risquons de disparaître», alarme Inoussa Dandakoé, maire de Malanville. C’était à la faveur de la première session du Conseil départemental de concertation et de coordination (Cdcc) du Borgou-Alibori au titre de l’année 2016 tenue en début de semaine à la préfecture de Parakou, consacrée entre autres à la décentralisation et la gestion des ressources naturelles. En fait, malgré la multiplicité des acteurs dans la gestion des forêts, le constat est alarmant avec la destruction massive des ressources naturelles, reconnaît le colonel Boukari Adam Ouarakpé, chef de l’inspection forestière du Borgou-Alibori. Il n’en veut pour preuve que la méthode d’incinération des arbres pour l’installation des cultures, l’abattage anarchique et frauduleux des bois forestiers, l’empiètement ou l’invasion agricole, l’utilisation abusive des produits chimiques, les feux tardifs de broussailles, la pollution de l’eau, autant de pratiques qui ravagent le couvert végétal et la faune. Agents forestiers et autorités communales se rejettent mutuellement le tort.
Conscients du rôle de la commune dans la création, l’entretien des plantations, des espaces verts et de tout aménagement public visant à l’amélioration du cadre de vie, les élus locaux n’entendent pas laisser poursuivre le massacre des ressources naturelles qui drainent chaque année des centaines d’éco-touristes, notamment vers les parcs nationaux de la Pendjari et du W.

Triste réalité

Les maires déplorent que les communes n’aient pas les coudées franches pour veiller à la protection des ressources naturelles, notamment des forêts, des sols, de la faune, des ressources hydrauliques, des nappes phréatiques en vue de leur meilleure utilisation. Ils dénoncent la gestion qui en est faite. «Je suis déçu de la gestion des exploitations forestières qui devraient générer des dividendes à la commune», s’indigne Gaston Gobi Yorou, maire de N’dali. «Nous élus locaux des communes riveraines des ressources naturelles, sommes tenus à l’écart du partage des ressources générées», enfonce Inoussa Dandakoé. Le maire de Pèrèrè partage également cet avis. «Des bois quittent en masse la commune de Pèrèrè pour le Nigeria voisin avec la complicité des agents forestiers. Même la taxe du développement local (Tdl), ils ne paient pas. Les populations n’en profitent pas; la commune non plus», laisse entendre Mariétou Tamba. Le maire de Ségbana, Guéné Orou Sé, s’en désole, lui aussi, en alertant sur les incursions prédatrices dans la forêt classée des Trois-Rivières dans la localité.
L’insouciance des populations riveraines face aux effets néfastes de la désertification et leur participation à la déforestation sont remarquables et appellent à poursuivre les actions de sensibilisation et surtout de répression. Dans un seul village dans la commune Nikki, il a été dénombré vingt-six propriétaires de tronçonneuses ; des gens ont même vendu leur moto pour s’acheter des tronçonneuses, informe le maire Oumarou Lafia Boubakari. Plus de trente villages sont créés dans la zone tampon du parc du W à Karimama, là où les activités humaines sont pourtant interdites et ce, au vu et au su de tout le monde, dénonce le maire Moussa Maman Bello. La faune et la flore des parcs nationaux, des forêts classées et autres restent dangereusement menacées par la pression anthropique et le changement climatique.

Cupidité et complicité

Plus grave, ce sont les agents des eaux et forêts qui sont indexés comme complices de la dévastation des ressources naturelles. «Des exploitants forestiers sont en intelligence avec des forestiers professionnels pour les coupes tous azimuts d’arbres», fustige le maire de Malanville, Inoussa Dandakoé. «Aujourd’hui, il n’y a pas meilleur exploitant forestier qu’un agent forestier», renchérit un chef d’arrondissement de Parakou. Le maire de Karimama abonde dans le même sens et fait savoir qu’il a même surpris un agent assermenté qui est rentré dans le parc du W avec une tronçonneuse qu’il a saisie et qu’il a failli le boxer. «C’est comme un médecin qui tue un malade. C’est quoi ce pays où tout est permis ? Les gens viennent souvent avec des autorisations de Cotonou et disent avoir affaire avec le ministère. Les Nigériens traversent le fleuve et viennent tout détruire... C’est difficile de trouver du baobab, du jujubier aujourd’hui. Les essences vieilles disparaissent. Les animaux que j’ai connus quand j’étais enfant, on en voit plus même les cornes traîner quelque part. Ils ont tout ravagé avec la complicité des agents assermentés. C’est scandaleux», s’indigne Moussa Maman Bello de la commune de Karimama.
«Aujourd’hui, des forestiers sont aussi riches que des douaniers dans ce commerce d’exploitation illégale. Si le commerçant qui se fait arrêter par un douanier peut lui au moins parler, la nature, elle, est muette et on la pille», signale Salamatou Kora Ponou, préfet du Borgou-Alibori. «On est envahi par une cupidité qui amène les forestiers à ne pas jouer leur rôle», dira Guéné Orou Sé. «Même quand vous saisissez les tronçonneuses et que vous les amenez à la brigade, elles se retrouvent trois jours après sur le terrain», indique-t-il.
Le chef de l’inspection forestière du Borgou-Alibori admet que la situation est critique mais il ne conçoit pas que les autorités communales jettent uniquement le tort sur les agents forestiers. «Dans toute corporation, il y a des brebis galeuses mais cela ne suffit pas pour mettre tous les agents dans le même panier», réfute le colonel Boukari Adam Ouarakpé. «Ce qui importe, préconise-t-il, c’est qu’on regarde dans la même direction pour une convergence d’actions afin de sauvegarder ce qui est encore là, qu’on travaille la main dans la main pour arrêter la saignée.» ?

Écrit par Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori

Publié dans Environnement

vendredi, 05 février 2016

11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 13:50

Le projet d'accord final pour lutter contre le réchauffement de la planète a été repoussé de vendredi à samedi 12 décembre matin, a indiqué vendredi 11 décembre au matin la présidence française de la conférence mondiale sur le climat (COP21). « Nous préférons nous donner le temps de consulter les délégations tout au long de la journée de vendredi », avant de présenter le texte final en vue d’une adoption directe en séance plénière, a-t-on précisé de même source. Le texte « sera présenté samedi matin tôt pour une adoption à la mi-journée », a-t-on ajouté.

Jeudi soir, un nouveau projet d'accord a été présenté par le président de la COP21, Laurent Fabius. Le texte, de 27 pages au lieu de 29, ne tranche toutefois pas, faute de convergence suffisante, certaines questions cruciales qui divisent les pays depuis le début des négociations : « La différenciation, les financements et l’ambition », selon M. Fabius.

Soit, plus précisément, la différenciation entre pays développés et en développement dans les efforts de lutte contre le changement climatique, les financements des pays riches en soutien aux pays affectés, notamment pour leur adaptation au réchauffement et, enfin, les mécanismes permettant de réviser à la hausse les objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Des 366 crochets, à savoir les formulations encore en débat, de la précédente version, le texte est passé à seulement 48 crochets, selon Matthieu Orphelin, de la Fondation pour la nature et l’homme. Mais « le compte n’y est toujours pas », selon lui.

La nuit risque donc d’être longue, une fois encore, pour les ministres et négociateurs qui doivent désormais analyser le texte, avant de se réunir en indaba (mot zoulou faisant référence aux palabres), un format réduit aux chefs de délégation et à deux membres de leur équipe, mis au point pendant la conférence de Durban en 2011. En attendant l’ultime pacte pour le climat, tour d’horizon des points clés de l’accord… et des désaccords.

  • Le plafond de réchauffement

A quel niveau plafonner le réchauffement planétaire par rapport à la période pré-industrielle ? Le mandat donné aux négociateurs de la COP21, à Copenhague en 2009, était de parvenir à un consensus sur un maximum de 2 ºC, seuil au-delà duquel le dérèglement climatique deviendrait incontrôlable. Mais les pays les plus vulnérables, notamment les Etats insulaires menacés par la montée des eaux, demandent qu’il soit abaissé à 1,5 ºC.

Le projet d’accord présenté jeudi a opté pour une position intermédiaire : contenir la hausse de la température moyenne « bien en dessous de 2 ºC », et « poursuivre les efforts pour limiter une hausse des températures à 1,5 ºC ». « Un bon compromis », selon la Fondation pour la nature et l’homme. Le niveau d’ambition de l’accord deParis, inscrit à l’article 2, est crucial, dans la mesure où il deviendra un objectif universel adopté par tous les pays.

  • La différenciation entre pays riches et pays pauvres

La question de la « responsabilité commune mais différenciée » des Etats, inscrite dans la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) de 1992, émane de la responsabilité historique des pays industrialisés dans les émissions de gaz à effet de serre, et dans leur plus grande capacité à faire face aux effets du changement climatique. Ce qui implique un engagement plus fort de leur part dans la lutte contre le réchauffement.

Depuis le début des négociations climatiques, et depuis l’ouverture de la COP21, cette question est cœur des débats. Elle n’est, selon Laurent Fabius, toujours pas réglée à ce stade. Même si l’article 3 mentionne notamment, sur les objectifs de réduction des gaz à effet de serre, que « les pays développés doivent ontinuer à prendre la tête » de ces efforts.

« Un accord durable ne peut pas être élaboré en diluant les responsabilités historiques et en mettant les pollueurs et les victimes sur le même plan », a lancé Prakash Javadekar, le ministre indien de l’environnement , lors des tables rondes entre les 195 Etats dans la nuit de mercredi à jeudi. Les pays en développement réclament que la réduction des émissions n’entrave pas leur essor économique. Les pays développés, de leur côté, voudraient voir des pays émergents contribuer financièrement, comme la Chine, premier émetteur de gaz à effet de serre, ou d’autres puissances économiques montantes comme le Brésil ou l'Inde.

  • Les financements

L’impératif de différenciation rejaillit sur celui des financements, en particulier ceux à destination des pays les plus pauvres pour faire face aux impacts du dérèglement climatique – autre point crucial non tranché selon Laurent Fabius. Là aussi, les questions en suspens restent nombreuses : comment comptabiliser l'aide financière des pays développés aux pays en développement ? Comment la répartir entre atténuation (mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre) et adaptation au réchauffement ? Quels pays doivent contribuer ?

Sur ce sujet, l’article 6 reste incertain : « les pays développés doivent fournir des financements [nouveaux], [additionnels], [adéquats], [prévisibles], [accessibles], [durable] et [croissants] pour assister les pays en développement en matière d’atténuation et d’adaptation » – les termes entre crochets étant encore à décider. Il établit par contre la possibilité d’une coopération entre pays du Sud sur une base de volontariat.

La promesse des pays développés de mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 aux pays plus pauvres, devra aussi progresser après cette date, selon le texte. Pour Oxfam, « c’est un signal encourageant qui montre que les besoins des pays en développement ont été reconnus. » Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation pour la nature et l’homme, y voit aussi un signal positif :

Enfin, le partage de ces financements entre adaptation et atténuation doit être « équilibré », dit le texte, en tenant compte des stratégies nationales des pays, de leurs priorités et de leurs besoins. En octobre, un rapport de l'OCDE évaluait à 62 milliards les montants Nord-Sud collectés en 2014. « Je ne dis pas que les chiffres avancés par l’OCDE ne sont pas les bons. Mais nous voulons un accord (…) qui permet de savoir quel est le montant réel » des financements pour le climat, a indiqué la ministre de l’environnement du Brésil, Izabella Teixeira.

  • Les pertes et dommages

Liée à celle des financements, c’est une question chère aux pays les plus vulnérables, qui pâtissent déjà des effets du réchauffement. Certains sont balayés par des cyclones de plus en plus fréquents, d’autres touchés par des sécheresses qui menacent leur sécurité alimentaire, ou à l’inverse par des inondations dévastatrices. D’autres encore, comme les petits Etats insulaires des Marshalls, Tuvalu ou Kiribati, pays parmi les plus pauvres du monde , voient leur territoire même menacé de disparition par la montée des eaux.

Malgré ces impacts, les pays développés rechignent à ce stade à proposer un dédommagement financier. D’après l’ONG Oxfam, « cette question des pertes et dommages est encore en sursis : deux options très divergentes restent sur la table, reflet du débat animé sur le sujet depuis quelques jours ». Toutes deux reconnaissent l’importance de traiter cette question des « pertes et dommages dus aux effets néfastes du changement climatique », mais seule la seconde introduit la notion de différenciation entre pays développés et en développement.

  • L’objectif à long terme

Les plans de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre annoncés par les pays pour la COP21 ne vont généralement pas au-delà de 2030. Et ensuite ? Le projet d’accord évoque dans l’article 3, qui porte sur l’atténuation du réchauffement, un « pic des émissions de gaz à effet de serre dès que possible, reconnaissant que ce pic sera plus tardif chez les pays en développement ». Il avance un objectif de « neutralité des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié du siècle », ce qui nécessiterait alors d’absorber autant de GES qu’on en émet. Un terme jugé peu clair pour les ONG qui auraient préféré le mot « décarbonation ». Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) juge impérative une baisse de 40 à 70 % des émissions d’ici 2050, pour parvenir à la neutralité carbone à la fin du siècle.

  • Le mécanisme de révision

Les promesses actuelles des Etats plaçant la planète sur une trajectoire d’environ + 3 ºC, le principe d’une révision périodique des engagements s’est imposé. Mais à partir de quand et selon quelles modalités ? L’article 10 prévoit de dresser un « bilan mondial » des progrès accomplis vers l’objectif de l’accord, avec un premier rendez- vous en 2023 – rappelons que l’accord de Paris doit entrer en vigueur en 2020 –, puis une révision « tous les cinq ans ». Ce premier rendez-vous paraît tardif, notamment à la Fondation pour la nature et l’homme :

  • La transparence

Comment s’assurer que tous les gouvernements tiennent leurs promesses en matière de rejets carbonés ? Qu’ils ne trichent pas sur la réalité de leurs émissions ? Seuls les pays du Nord sont aujourd’hui soumis au système de suivi, notification et vérification (monitoring, reporting and verification en anglais), instauré par le protocole de Kyoto. Les pays en développement, eux, en sont exemptés.

Le projet d’accord, dans l’article 9 consacré à « la transparence », ouvre trois options : un cadre soit « différencié entre les pays développés et en développement », soit « unifié », soit encore « prenant en compte les capacités différentes des parties ». Il précise que le cadre de transparence accorde « une flexibilité » aux pays en développement, en fonction de leurs capacités.

Comment s’opérera le contrôle ? Deux options là encore. Soit, pour tous les pays, développés ou non, « un examen technique par des experts », avec une « flexibilité » pour les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires. Soit « un processus d’examen technique fiable » pour les pays développés, et « un processus d’analyse technique suivi d’un processus d’évaluation multilatéral », pour les pays en développement. Ces derniers auront alors l’assurance que le dispositif sera « non intrusif, non punitif et respectueux de la souveraineté nationale ».

Par Angela Bolis et Pierre Le Hir

Monde.fr du 10 et 11 décembre 2015

30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 15:47


La 21 ème conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques s’est ouverte officiellement ce lundi 30 novembre et se terminera en principe le 11 décembre 2015. Dès 8 ce matin, le Président de la République François Hollande a accueilli , aux côtés du Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon, de la Secrétaire exécutive de la CCNUCC Christiana Figueres, du futur président de la COP21 Laurent Fabius et de la ministre de l’Écologie Ségolène Royal , les 150 chefs d’État et de gouvernement qui ont répondu positivement à l’invitation du gouvernement Français pour assister à l’ouverture de la COP21.




COMMENT VONT SE PASSER LES NEGOCIATIONS




Journée du 30 novembre : Le temps des Chefs d'Etat et de Gouvernement



À10h, le ministre des Affaires étrangères et du Développement international Laurent Fabius sera officiellement investi du rôle de Président de la Conférence des parties puis séquence politique avec les allocutions des 147 chefs d’État qui ont répondu à l’invitation du président de la République François Hollande et de Laurent Fabius. En savoir plus.


Semaine du 1er AU 6 Décembre



MARDI 1er AU VENDREDI 4 DÉCEMBRE : les négociateurs des 196 parties négocient le futur accord au sein du groupe de travail de l’ADP. Les travaux seront conduits sous l’autorité des deux co-présidents de l’ADP.

Parallèlement, des organes subsidiaires de mise en œuvre (SBI) et de conseil scientifique et technologique (SBSTA) poursuivent leurs travaux sur les aspects plus techniques (suivi de la mise en œuvre des politiques climatiques actuelles, notamment dans le cadre du protocole de Kyoto, etc).

SAMEDI 5 : clôture des travaux conduits par les co-présidents de l’ADP qui transmettent à la présidence française un projet de texte, fruit du résultat des négociations de cette première semaine.




Semaine du 6 au 11 Décembre



C’est durant cette deuxième semaine que la France assure pleinement la présidence de la COP21. Menées par les ministres de l’Environnement ou des Affaires étrangères ou les négociateurs en chef, les 196 délégations reprendront les négociations sur le texte transmis le samedi 5 décembre. La Présidence française proposera alors aux 196 parties les modalités de poursuite des travaux, après consultation des parties et en tenant compte des résultats de la première semaine.

LUNDI 7 et MARDI 8 : discours des ministres et poursuite des travaux sur le projet d’accord.

MERCREDI 9 : conclusions des négociations afin d’effectuer les vérifications légales et linguistiques du texte de l’accord dans les 6 langues de l’ONU (anglais, arabe, chinois, espagnol, français et russe).

JEUDI 10 : adoption des décisions.

VENDREDI 11 : adoption de l’accord de Paris. Il n’est pas prévu de signature de cet accord le jour même mais début 2016, lors d’une cérémonie qui serait organisée par le Secrétaire général des Nations unies.




Extrait du discours du président de la COP21



« La première mission de la Présidence française, c’était de vous accueillir. Tout a été conçu pour vous permettre de travailler dans des conditions matérielles favorables, et dans un cadre respectueux de l’environnement. Une place particulière a également été réservée à la société civile, avec les « Espaces Générations Climat » : nous avons voulu que le site de la Conférence reflète l’esprit de cette Conférence, qui accordera une importance majeure aux engagements des acteurs non gouvernementaux dans le cadre du Plan d’action Lima-Paris.

La seconde responsabilité de la Présidence française, la plus importante, c’est de faciliter l’obtention d’un accord au terme de ces 11 journées. Je le résumerai en quatre mots : écoute, transparence, ambition, compromis.
-écoute : je serai à l’écoute de chacun, comme je me suis efforcé de l’être depuis le début.
-transparence : nous n’avons ni agenda caché ni plan secret.
-ambition : l’enjeu est trop important, et la menace climatique trop grande, pour que nous puissions nous contenter d’un accord a minima.
-compromis : pour rapprocher les points de vue et faciliter les convergences.

En ce jour d’ouverture de la Conférence de Paris, le succès n’est pas encore acquis, mais il est à portée de main. À nous de nous montrer à la hauteur de nos responsabilités, afin que je puisse dire les quatre mots attendus : la mission est accomplie. »

La Secrétaire exécutive de la CCNUCC Christiana Figueres a ensuite déclaré : « Face à l’adversité, face aux menaces de toutes sortes, Paris doit être là où le monde s’unit. Jamais une responsabilité aussi grande n’avait été dans les mains de si peu de gens, le monde vous regarde, le monde compte sur vous ».

Le Prince Charles a ensuite pris la parole en français pour rendre hommage aux victimes des attentats de Paris puis en anglais pour souligner que les changements climatiques « menacent notre capacité à nous nourrir, à demeurer en bonne santé et à éviter le désastre des migrations de masse et des conflits de plus en plus nombreux. Mettant en garde : « En modifiant le climat, nous devenons les architectes de notre propre destruction ».


30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 16:19

A un mois de la conférence sur le climat qui doit se tenir à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015, l’ONU annonce ce vendredi 30 octobre 2015, que les engagements actuellement pris par les Etats, ne permettront pas de tenir l’objectif fixé à la COP21 qui est de parvenir à un accord universel contenant la hausse des températures sous la barre des 2° C

En effet, selon le bilan des engagements nationaux de réduction des émissions de GES établi par les Nations unies ce 30 octobre 2015, la planète s’achemine plutôt vers un réchauffement de 2,7 ° C d’ici la fin du siècle. (A noter que pour les ONG le chiffre exact serait au-dessus de 3° C).

Même si on est loin des 4 ou 5 degrés souvent projetés avant les contributions, on en est pas moins, loin de l’objectif initial.

A quatre semaines du début de la COP21, le chemin à parcourir reste donc considérable. Cela rend encore plus indispensable la mise en œuvre de mécanismes de révisions à la hausse des engagements. Cependant, cette dernière question divise encore les Etats, dont certains comme la Chine ne veulent pas en entendre parler, surtout s’il est contraignant.

16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 16:02
Le massacre continue : un chasseur allemand abat un éléphant âgé de plus de 50 ans, "trésor national" du Zimbabwe

Trois mois après la mort de l'emblématique lion Cecil, tué d'une flèche par un dentiste américain qui ne sera pas poursuivi malgré le caractère litigieux de la chasse, le massacre continue au Zimbabwe. Alors que 40 éléphants (photo d'illustration) ont été retrouvés tués au cyanure par les braconniers ces deux derniers mois dans le pays (lire notre article), un éléphant de plus de 50 ans, considéré comme un "trésor national", vient d'être abattu à l'extérieur du parc national de Gonarezhou (sud du pays) par un touriste allemand.

La longévité d'un éléphant d'Afrique en réserve naturelle peut varier entre 50 et 60 ans, même si des spécimens ont atteint 80 ans. Le pachyderme était "si imposant que ses défenses touchaient presque le sol", décrit le président de l'association des opérateurs de safari au Zimbabwe, Emmanuel Fundira. "Nous n'avons jamais vu un animal aussi impressionnant. Comme le lion emblématique Cecil, c'était un trésor national qui aurait dû être protégé et non tué."

"Nous sommes écœurés. On ne peut pas tuer un animal aussi emblématique", a réagi Johnny Rodrigues, porte-parole de l'organisation de défense des animaux Zimbabwe Conservation Task Force (ZCTF).

8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 16:17

Avant la COP21 qui aura lieu du 30 novembre au 11 décembre 2015 à Paris , chaque pays est tenu d'annoncer une "contribution nationale", c'est-à-dire ses objectifs en matière de réduction d'émissions de CO2, de financement et d'adaptation au changement climatique. Ces plans doivent être ambitieux, pour que la hausse de la température moyenne globale ne dépasse par le seuil de 2°C.

Au 1er octobre, date limite affiché, 146 pays (sur 195) avaient remis leurs «contributions nationales », appelées (Intended Nationally Determined Contributions). Il convient de noter que normalement seules les contributions présentées jusqu’à cette date limite seront prises en compte dans le rapport de synthèse sur l’effort global, présenté par le Secrétariat de la Convention-climat le 1er novembre.

Nous publions ici un résumé synthétique des contributions des principaux pays africains.

Afrique du Sud

  • Une contribution sur la réduction des gaz à effet de serre et une sur l’adaptation

  • Objectif sur de placer les émissions de gaz à effet de serre à un niveau situé entre 398 millions de tonnes de CO2 équivalent et 614 millions de tonnes d’ici à 2025 et 2030.

  • Les émissions sud-africaines devront culminer entre 2020 et 2025, rester stable pendant environ 10 ans, pour ensuite baisser en valeur absolue.

  • La contribution sur la réduction des gaz à effet de serre reposera sur plusieurs instruments politiques nationaux, dont une taxe carbone, des objectifs sectoriels, des « budgets carbone » affectés aux entreprises et une réglementation et des normes sur les émissions de polluants et gaz à effet de serre.

  • La contribution sur l’adaptation repose sur 6 objectifs à remplir et les éléments suivants : planification, évaluation des investissements nécessaires, équité, et soutien financier et technologique.

  • Les politiques nationales seront mises en oeuvre à l’intérieur de cycles de cinq ans.

Périmètre d'application

  • Comprend tous les gaz à effet de serre.

  • Applicable à toute l’économie.

Algérie

  • Couvre l’atténuation et l’adaptation

  • Contribution provisoire – la contribution définitive sera ajustée en 2020 en fonction de l’accès aux financements internationaux et de la conjoncture économique de l’Algérie.

  • Contribution conditionnelle de -7 à -22% d’émissions de GES d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel (7% seront réalisés via des moyens nationaux).

  • Objectif 27% d’électricité renouvelable en 2030

  • Pas de détail sur les financements nécessaires ni sur l’utilisation ou non des marchés carbone.

Périmètre d'application

  • Secteurs concernés : énergie, forêts, habitat, transports, industrie, déchets.

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N2O

Bénin

  • Couvre l’atténuation et l’adaptation

  • Objectif inconditionnel :-3,5% d’émissions de GES d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel (16,4% de la contribution totale)

  • Objectif conditionnel : (83,6% de la contribution totale) : 17,9% d’émissions de GES d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel soit 83,6% de la contribution totale (-21,4% d’ici 2030), secteur foresterie exclu.

  • La mise en oeuvre des actions envisagées pourrait également contribuer à accroitre la capcité de séquestration du carbone cumulée de 5,7% d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel (part inconditionnelle : 24,6%)

  • La réduction du taux annuel de déforestation de 41,7M pourrait permettre au Bénin de réduire ses émissions cumulées liées au secteur de la foresterie d’environ 110 MTeqCO2 sur la période 2021-2030 par rapport au scénario tendanciel (part inconditionnelle : 20%)

  • Coûts estimés : 30 milliards USD, dont 2,32 milliards de contribution du gouvernement

    • Atténuation : 12,13 milliards UDS

    • Adaptation : 18,35 milliards USD

  • Le bénin n’envisage pas de recourir aux mécanismes de marché

Botswana

  • Couvre l’adaptation et l’atténuation

  • Objectif : – 15% d’émissions de GES en 2030 par rapport au niveau de 2010

  • Coûts estimés de l’atténuation : 18,4 milliards USD

  • Compte sur le développement des marchés internationaux du carbone

  • Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N20

  • Secteurs concernés : énergie, déchets, agriculture

Burkina Faso

  • Couvre l’atténuation et l’adaptation

  • Objectif inconditionnel (politiques avec financements acquis / en cours d’acquisition) : -6,27% d’émissions de GES d’ici 2035 et -6,6% d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel

  • Objectif conditionnel : -11,2% d’émissions de GES d’ici 2025 et -11,6% par rapport à 2030 par rapport au scénario tendanciel

  • Le Burkina soutient l’utilisation de mécanismes de marché

Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N2O, NOx

  • Secteurs concernés : agriculture, déchets, énergie, industrie.

Cote d’Ivoire

  • Contribution sur l’atténuation et l’adaptation

  • Objectif : -28% d’émissions de GES d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel ; 42% d’ENR dans le mix électrique (dont grande hydro).

  • La mise en œuvre de cette contribution «pourrait être assujettie à des appuis extérieurs additionnels»

  • La Côte d’Ivoire envisage d’utiliser les marchés carbone moyen de financements en tenant compte des considérations d’intégrité de l’environnement et de transparence

Périmètre d'application

  • Secteurs concernés : Agriculture, Énergie, Déchets, Usage des Terres et Forêts (Foresterie : non incluse dans les inventaires)

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N2O

Congo

  • Couvre l’atténuation et l’adaptation

  • Objectif conditionnel : -48% d’émissions de GES en 2025 par rapport au scénario tendanciel et -54% en 2035.

  • Le scénario tendanciel intègre les décisions déjà prises par le pays après 2000

  • Coûts estimés :

    • la communauté internationale sera sollicitée à hauteur de 5,14 milliards d’euros pour la période 2015 à 2025.

    • l’autofinancement du pays pourrait atteindre 29% soit 1,03 milliards d’euros

  • « Pendant les 5 premières années, ces fonds seraient mis à disposition du pays (…) sans conditionnalités et autres procédures de sauvegarde, du fait que les investissements concernés sont précisément des investissements environnementaux et sociaux à la fois. »

Périmètre d'application

  • Gaz couverts :CO2, CH4, N2O (HFC, PFC, SF6 et NF3 seront couverts ultérieurement)

  • Secteurs concernés : énergie, dont les hydrocarbures, industrie, mines et cimenteries, déchets, agriculture et élevage, utilisation des terres, leur changement et la forêt (hors puits naturel-restockage des forêts)

Éthiopie

  • Évaluation* : SATISFAISANTE

  • Une contribution sur l’atténuation des gaz à effet de serre, et une contribution sur l’adaptation

  • Échéance : 2030

  • Limiter les émissions de gaz à effet de serre à 145 MtCO2e (secteur d’usage des sols compris)

  • Limiter les émissions de gaz à effet de serre à 185 MtCO2e (hors secteur d’usage des sols)

  • Objectif de long terme : Atteindre la neutralité carbone

Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4 et N2O

  • Secteurs couverts : tous les secteurs, dont 100% du secteur de l’usage des sols. Focus sur agriculture et production d’électricité renouvelable.

Gabon

  • Annonce sur la baisse des gaz à effet de serre et l’adaptation aux impacts des changements climatiques

  • Objectif de baisse de 50% des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2025, exprimée par rapport à un scénario sans nouvelles politiques publiques

  • La contribution gabonaise semble en partie conditionnelle à un appui international, notamment pour les mesures d’adaptation. Cependant, la partie conditionnelle n’est pas précisée aussi clairement que dans les contributions nationales d’autres pays en développement (par exemple, l’Éthiopie ou le Mexique)

  • Applicable sur la période 2010-2025 ; analyse en cours par le gouvernement gabonais pour 2030 et 2050

Périmètre d'application

  • Couvre les gaz : CO2, N2O et CH4

  • Se concentre sur les secteurs de l’agriculture, de l’industrie, de la production énergétique, des transports, etc.

  • Exclut les stocks de CO2 contenus dans les forêts, dont l’évolution future est pourtant très incertaine

  • Exclut les crédits internationaux

Guinée

  • Couvre l’adaptation et l’atténuation

  • Objectif : -13% d’émissions de GES en 2030 par rapport au scénario tendanciel

  • Besoin en financement :

    • Adaptation :entre 670 et 1 700 millions USD

    • Atténuation : au minimum 6,5 milliards USD pour les mesures visant le secteur énergétique

  • 30% d’énergie renouvelable dans la production nationale (hors bois-énergie)

  • Pas de prise en compte de la capacité de stockage par l’usage des sols et la foresterie dans l’objectif de réduction

  • Compte sur le développement des marchés internationaux du carbone pour le financement de certains investissements

  • Périmètre d'application

  • Gaz couvert : CO2

  • Secteurs concernés : énergie (dont le secteur des exploitations minières), agriculture, forêts

Kenya

  • Évaluation de la contribution kényane : SATISFAISANTE

  • Un objectif de réduction d’émissions de 30% d’ici à 2030, par rapport au scénario de laisser-faire (143 millions de tonnes d’équivalent CO2)

  • Cette contribution est conditionnelle à un soutien financier et technologique international

Périmètre d'application

  • Le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et l’oxyde nitreux (N2O) sont priorisés

  • Inclut tous les secteurs contenus dans les lignes directrices du GIEC : l’énergie, les transports, les procédés industriels, l’agriculture, la forêt et l’usage des sols, les déchets


    Madagascar

  • Couvre l’atténuation et l’adaptation

  • Objectif :

    • Atténuation : -14% d’émissions de GES en 2030 par rapport au scénario tendanciel.

    • Séquestration (secteur forêt et usage des terres) : +32% des capacités de puits de carbone en 2030 par rapport au scénario tendanciel.

  • Contribution conditionnelle (sous condition d’obtention des financements internationaux)

  • Coûts estimés : 42 milliards USD

    • Adaptation 28,7 milliards USD

    • Atténuation 6,4 milliards USD

    • Renforcement de capacités 1,8 milliards USD

    • Transfert de technologies 5,2 milliards USD

    • Pas de recours aux marchés carbone hors Madagascar

    • Diffusion de grande échelle de l’agriculture climato-intelligente (CSA)

  • Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N2O

  • Secteurs concernés : énergie, agriculture, forêts, usages des terres, déchets.

Maroc

  • Évaluation : SATISFAISANTE*

  • Contribution inconditionnelle : Baisse de 13% d’ici à 2030, par rapport à un scénario sans nouvelle politique publique

  • Contribution conditionnelle : Baisse de 32% des émissions d’ici à 2030, par rapport à un scénario sans nouvelle politique publique

  • Un objectif de 42% d’énergies renouvelables dans la capacité de production électrique à horizon 2020

  • Estimation des investissements nécessaires pour réaliser l’offre conditionnelle : 45 milliards de dollars (dont 35 milliards via des mécanismes internationaux)

* Évaluation réalisée par le Climate Action Tracker

Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4 et N2O

  • Tous secteurs couverts

  • Des détails sur la production d’énergie, avec une politique de développement des énergies renouvelables

  • N’exclut pas d’utiliser des crédits carbone internationaux

Mauritanie

  • Couvre l’atténuation et l’adaptation

  • Objectif : -22,3% d’émissions de GES d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel

  • Contribution conditionnelle à 88%

  • Coûts estimés : 17,6 milliards US

    • Atténuation : 8,2 milliards USD

    • Adaptation : 9,4 milliards USD

  • La Mauritanie envisage de recourir aux mécanismes de marché.

Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N2O

  • Secteurs concernés : énergie, agriculture, forêts et affectation des terres, industrie et déchets.

Mozambique

  • Couvre l’adaptation et l’atténuation

  • Objectif de réduction de 76,5 millions de tonnes de CO2eq sur la période 2020-2030

  • Des précisions seront apportées d’ici 2018 sur l’objectif de réduction

  • Compte sur l’appuie financier et technologique de la communauté internationale

  • Pas de précision concernant les besoins financiers de l’adaptation et de l’atténuation

  • Compte sur le développement des marchés internationaux du carbone

Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N20

  • Secteurs couverts : énergie, usage des sols et forêts, déchets

Namibie

  • Couvre l’atténuation et l’adaptation

  • Objectif conditionnel : -89% d’émissions de GES en 2030 par rapport au scénario tendanciel, conditionné à l’apport de financements internationaux à hauteur de 90% des coûts de mise en œuvre estimés

  • Objectif inconditionnel : financement de 10% des actions de réductions de GES.

  • La très grande majorité de l’objectif doit être atteinte par des action dans le secteur des forêts

  • Coûts estimés : 33 milliards USD (prix 2015)

Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N2O

  • Secteurs couverts : énergie, transports, industrie agriculture, forêts et usage des terres, déchets.

République Centrafricaine

  • Couvre l’atténuation et l’adaptation

  • Objectif : -5% des émissions de GES en 2030 par rapport au scénario tendanciel et -25% en 2050, conditionnée à 90% à l’obtention de financements internationaux.

  • Coûts estimés : 3,803 milliards USD

    • Atténuation : 2,248 milliards USD, dont 10% de financement national

    • Adaptation : 1,554 milliards USD, dont 10% de financement national

  • La RCA envisage de recourir aux mécanismes de marché.

Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N2O

  • Secteurs concernés : changement d’affectation des terres et foresterie, énergie, agriculture, déchets et industrie

République Démocratique du Congo

  • Annonce sur la baisse des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation aux impacts des changements climatiques

  • Objectif de réduction d’émissions de 17% d’ici à 2030 par rapport au scénario de laisser-faire (70 millions de tonnes d’équivalent CO2)

  • Cette contribution est conditionnelle à un soutien financier international, au transfert de technologies et au renforcement des capacités nationales.

  • Les financements internationaux nécessaires pour la réalisation de cette contribution sont estimés à 21,622 milliards de dollars US dont 9,082 milliards pour l’adaptation et 12,540 milliards pour l’atténuation et la séquestration de carbone.

Périmètre d'application

  • Couvre les gaz : CO2, N2O et CH4

  • Secteurs couverts pour l’atténuation : énergie, transports, agriculture, forêt et suage des sols

Tanzanie

  • Couvre l’atténuation et l’adaptation

  • Objectif : -10 à 20% d’émissions de GES d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel.

  • Coûts estimés :

    • Adaptation : 500 millions par an en 2020 à 1 milliard USD par an en 2030

    • Atténuation : 60 milliards USD d’ici 2030

  • La mise en oeuvre de l’iNDC est fortement dépendant de l’appui financier et technologique de la communauté internationale.

Périmètre d'application

  • Secteurs concernés : énergie, transports, forêts, déchets

Togo

  • Couvre l’adaptation et l’atténuation

  • Réduction des émissions de GES d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel

    • Objectif conditionnel : – 31,14%

    • Objectif inconditionnel : – 11,14%

  • Soutien financier international estimé à 3,54 milliards US

    • dont adaptation : 1,54

    • dont atténuation : 1,10

  • 4% d’énergies renouvelables dans le mix énergétique

  • Compte sur le développement des marchés internationaux du carbone



    Tunisie

  • Annonce sur la baisse des émissions de GES et l’adaptation aux impacts des changements climatiques

  • Contribution inconditionnelle : -13% de l’intensité carbone en 2030 par rapport à 2010

  • Contribution conditionnelle : -41% de l’intensité carbone en 2030 par rapport à 2010, et -46% d’intensité énergétique.

  • Financements nécessaires pour l’atténuation, période 2015-2030

    • Investissement : 17,5 milliards US$, dont 85% destiné au secteur de l’énergie. Part du financement national : environ 10% du total

    • Renforcement de capacités et transferts de technologies : 523 millions US$

    • Adaptation : 1,9 milliards US$ provenant en totalité de financements internationaux.

  • La Tunisie prévoit de recourir aux marchés carbones.

    Périmètre d'application

  • Secteurs ciblés : Energie, Procédés industriels, Agriculture, Forêt et Autres utilisations des Terres et Déchets

  • Gaz couverts : CO2, CH4 et N2O

Zambie

  • Couvre l’atténuation et l’adaptation

  • Objectif conditionnel : -25% d’émissions de GES d’ici 2030 par rapport à 2010

  • Objectif inconditionnel : -47% d’émissions de GES d’ici 2030 par rapport à 2010

  • Coûts estimés : 50 Milliards USD, dont 35 milliards conditionnels et 15 milliards apportés par le gouvernement

  • La Zambie n’exclut pas de recourir à la possibilité d’utiliser des mécanismes de marché

Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N2O

  • Secteurs concernés : énergie, agriculture, déchets, usage des terres et forêts.

Zimbabwe

  • Couvre l’adaptation et l’atténuation

  • Objectif : -33% d’émissions de GES d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel conditionné à l’appui financier et technologique de la communauté internationale

  • Coûts estimés

    • Adaptation : un besoin de 35 milliards USD pour adapter le secteur agricole d’ici 2030 dont 26 milliards d’aides internationales

    • Atténuation : 56 milliards USD

  • Compte sur le développement des marchés internationaux du carbone

Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N2O

  • Secteur concerné : énergie

15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 15:03

 

A moins de trois mois de la conférence sur le climat (COP21) qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre, ils sont aujourd'hui huit pays africains à avoir rendu leurs copies sur les engagements qu’ils sont prêts à consentir. La République Démocratique du Congo (RDC), Djibouti, le Kenya , le Bénin et l’algérie rejoignent ainsi que le Maroc, le Gabon, et l’Éthiopie dont nous avions déjà plublié les contributions.

 

 

Le Kenya

 

Dans sa contribution publiée le 24 Juillet 2015, le Kenya s’engage à réduire d’ici 2030 ses émissions de gaz à effet de serre de 30% par rapport au scénario de laissez-faire.

Ce pays africain qui est déjà en train d’investir dans les énergies renouvelables (géothermie, éolien, solaire et hydraulique) a annoncé dans sa contribution nationale, un plan d’action sur l’adaptation aux impacts des changements climatiques, dans différents secteurs et domaines (réforme des politiques publiques, infrastructure, formation et éducation, réforme foncière, gestion de l’eau et irrigation, urbanisation, agriculture, tourisme, genre, industries extractives, décentralisation, faire progresser la couverture forestière de 10 %, développer les systèmes de transports efficaces et qui produisent peu de carbone etc.)

 

Chiffré à plus de 40 milliards de dollars, le Kenya a besoin pour mener à bien son projet, du soutien de la communauté internationale sous forme d’aide financière, d’investissement, de développement et de transfert.

 

 

 

La République Démocratique du Congo (RDC)

 

La RDC est le Sixième pays africain à avoir déposé sa contribution.Cette contribution qui porte sur la période 2021-2030, et concerne les deux aspects complémentaires du changement climatique : l’adaptation et l’atténuation, s’inscrit dans le prolongement des engagements pris par le pays pour lutter contre les impacts du changement climatique.

 

L’objectif visé est de parvenir à un taux de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 17% à l’horizon 2030 par rapport aux émissions du scénario des émissions du statu quo.

Pour y parvenir le pays s’engage à prendre des mesures spécifiques touchant des secteurs tels que l’agriculture, la forêt et l’énergie.

Les besoins en financement du projet s’élèvent à 21,622 milliards de dollars dont 12,54 milliards

de dollars pour la mise en œuvre des initiatives d’atténuation annoncées et 9,08 milliards de dollars destinés aux mesures d’adaptation. Le pays ne pouvant assurer ce financement sollicite l’appui financier de la communauté internationale.

 

 

 

 

Le Bénin

 

Dans sa contribution soumise le 07 août 2015 au secrétariat de la Convention-Cadre des Nations unies sur les changements climatiques, le Bénin s’engage à éviter l’émission de 120 Méga-tonnes équivalent dioxyde de carbone. Pour y parvenir, le pays mise surtout sur la reforestation et a pris des engagements pour accroître celle ci et ainsi séquestrer 163 Méga-tonnes équivalent dioxyde de carbone sur la même période. Par ailleur les autorités proposent de mener des actions d’adaptation au dérèglement climatique, notamment, par la promotion des énergies renouvelables et des foyers économiques performants et autocuiseurs . Pays à faible ressources financières, le Bénin affirme qu’il ne pourra cependant financer ce projet qu’à la hauteur de deux milliards de dollars sur les 30 milliards nécessaires. Pour tenir son engagement il lui faudra donc nécessairement le soutien de la communauté internationale. Ce que justifie le document en soulignant la « responsabilité très négligeable (du pays) dans le réchauffement climatique » et « son appartenance aux groupes des Pays les moins avancés (Pma) ».

 

.

 

Djibouti

 

Pays côtier vulnérable au changement climatique et à l’augmentation du niveau des mers, la République de Djibouti a rendu fin août sa contribution dans laquelle elle s’engage à réduire ses émissions de gaz à effet de serre en 2030 de 40% . Pour y parvenir, le pays mise sur le développement des énergies renouvelables, mais aussi sur l’augmentation de l’importation d’énergie en provenance de l’Éthiopie voisine. Le pays devra investir plus de 3,3 milliards d’euros, avec l’aide de la communauté internationale.

 

 

 

L’Algérie

 

L’Algérie, a publié le vendredi 4 septembre 2015 sa contribution et rejoint les six premiers pays africain à s’être déjà engagés.

 

L’Algérie qui mise sur ses ressources naturelles, s’engage à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 7% d’ici 2030 en misant sur les secteurs de l’énergie, dont le gaz naturel, la géothermie et l’énergie solaire.

Cette réduction des émissions de gaz à effet de serre pourrait étendue à 22% d’ici 2030 avec le

soutien de la communauté internationale en matière de financements extérieurs, de développement et de transfert technologique et de renforcement des capacités.

Le pays vise également à réduire sa consommation globale d’énergie de 9% à l’horizon 2030 et ambitionne de procéder à l’isolation thermique d’un important programme de logements ; ainsi qu’à la conversion au GPL d’un million de véhicules particuliers et de plus de 20.000 autobus.

Du côté des énergies renouvelables, l’Algérie ambitionne de produire 27% de son électricité à partir de ces énergies en 2030.

 

O.H.A.

27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 17:40

A l'approche de la conférence mondiale sur le climat, qui se tiendra du 30 novembre au 15 décembre à Paris, l'Afrique se mobilise et fourbit ses armes pour préparer au mieux cet événement qui, doit permettre d'arriver pour la première fois à un accord universel contraignant en matière de lutte contre le dérèglement climatique, applicable à partir de 2020 à tous les pays du monde sans exception. L’objectif étant d’arriver à maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2°C.

Dans ce cadre, chaque pays a, jusqu’en octobre 2015 pour rendre ses engagements nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

A ce jour, seuls trois pays africains ont publiés leurs contributions : Le Gabon, le Maroc et l’Ethiopie.

Le Gabon

A la surprise générale, le Gabon est le premier pays africain à afficher ses engagements climatiques en publiant le 31 mars 2015 sa contribution.

Celle-ci fixe notamment un objectif de limitation de la croissance des émissions de gaz à effet de serre pour 2025 par rapport à leur niveau de 2010, ce qui revient à réduire d’au moins 50% ses émissions par rapport à l’évolution prévue en cas de politique inchangée. Par ailleurs, cette contribution prévoit la possibilité de définir d’ici le rendez-vous climatique de Paris, des objectifs additionnels pour 2030, voire 2050.

Par cette contribution, le Gabon fait ainsi le choix de s’engager résolument dans un développement durable, basé sur des émissions de GES maîtrisé.

Parmi les principales mesures prises pour les maîtriser : la protection de la forêt, qui couvre 88% du pays et lui fait jouer un rôle de “puits de carbone” mais aussi la réduction du torchage (une technique fortement émettrice utilisée par l’industrie pétrolière), la mise en place d’un plan de développement industriel à faible intensité carbone, d’un mécanisme de marché, ou encore l’adoption prochaine d’un plan national d’affectation des terres. Le pays présente aussi sa stratégie d’adaptation du littoral, notamment pour la capitale, Libreville, particulièrement exposée à la montée des eaux.

Le Maroc

Le Maroc est le deuxième pays africain et le premier pays du Maghreb à publier le 2 juin 2015 sa contribution nationale de lutte contre le réchauffement climatique, en vue de la COP21. Celle-ci formule un objectif national de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 13% en 2030, par rapport à un scénario de référence à politique inchangée. Cet objectif pourrait s’élever jusqu’à 32% sous réserve d’un appui financier international.

Pour tenir sa feuille de route, le Maroc a annoncé, une cinquantaine de mesures d’atténuation et d’adaptation aux effets climatiques sont présentées, la moitié concernant l’énergie. À la fin de l’année dernière,

Ce pays qui avait déjà annoncé à la fin 2014 qu'il mettait fin aux subventions pétrolières, souhaite donc poursuivre dans cette voie et réduire de façon drastique ses soutiens aux combustibles fossiles.

Il prévoit aussi de diminuer sa consommation d’énergie de 15% d’ici 2030 et passer à 50% de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables à l’horizon 2025.

L’Ethiopie

Après le Maroc l’Ethiopie est le troisième pays africain à présenter sa contribution pour la réduction des changements climatiques en vue de la COP21.

Poursuivant sa politique de neutralité carbone, L’Ethiopie, sous réserve de financement approprié, se fixe pour objectif de limiter ses productions nettes de gaz à effet de serre d’ici à 2030 à 145 millions de tonnes de CO2 ou moins. Soit une réduction de 64% par rapport aux émissions projetées dans le scénario de maintien du statu quo en 2030.

Pour y parvenir, le pays compte s’appuyer sur sa stratégie de croissance verte embrassée en 2011.Il compte adopter des pratiques moins polluantes, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage (responsable de 42 % des émissions), de la construction et des transports. Un vaste programme de développement d’énergies renouvelables (l’éolien, la géothermie et le solaire) lui permettra également de lutter contre la déforestation, car actuellement 76,7% des populations n’ont pas accès à l’électricité et dépendent du bois.

Finalement, même si en termes d’émissions de gaz à effet de serre, les contributions nationales de lutte contre le changement climatique des pays africains ne pèseront certes pas beaucoup : une infirme pourcentage des émissions globales, la symbolique au final sera très forte. Elle montrera l’implication de ces pays dans la lutte contre le changement climatique. Il s’agit là d’un revirement par rapport au système établi par le protocole de Kyoto où seuls les pays développés étaient mis à contribution.

PS : Nous vous tiendront au fur et à mesure au courant de la publication de la contribution des autres Pays africains

3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 15:44

La France accueillera dans six mois, du 30 novembre au 11 décembre 2015, la 21e Conférence de l’ONU pour lutter contre le changement climatique. Décryptage de l’une de ces grand-messes qui ponctuent les négociations climatiques.

  • Qu’est-ce qu’une COP ?

La COP21 est la 21e Conférence des parties (en anglais, la « Conference of the Parties », COP) à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC ou UNFCCC en anglais). Cette convention universelle, principal traité international sur le climat, reconnaît l’existence d’un changement climatique d’origine humaine et donne aux pays industrialisés le primat de la responsabilité pour lutter contre ce phénomène. Elle a été adoptée au cours du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, le 9 mai 1992, avant d’entrer en vigueur le 21 mars 1994. Elle a été ratifiée par 195 Etats (auxquels il faut ajouter l’Union européenne), parties prenantes à la Convention.

La Conférence des parties, qui constitue l’organe suprême de la convention, se réunit chaque année lors d’un sommet mondial où sont prises des décisions pour respecter les objectifs de lutte contre le changement climatique. Les décisions ne peuvent être prises qu’à l’unanimité des parties ou par consensus.

La 21e de ces COP se tiendra au Bourget, en Seine-Saint-Denis. Plus de 40 000 participants y sont attendus, entre les délégations des 195 Etats, la société civile – les entreprises, les ONG, les scientifiques, les collectivités territoriales, les populations autochtones, les syndicats – et les médias du monde entier.

  • Quelles ont été les étapes avant Paris ?

La 3e Conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP3) a permis l’adoption du protocole de Kyoto, le premier traité international juridiquement contraignant visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Signé en 1997 et entré en vigueur en 2005, ce traité ne concerne que 55 pays industrialisés, représentant 55 % des émissions globales de CO2 en 1990.

Le protocole visait alors à réduire d’au moins 5 % leurs émissions de six gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote et trois substituts des chlorofluorocarbures), entre 2008 et 2012, par rapport au niveau de 1990. Si certains Etats ont respecté leurs engagements (comme l’Union européenne), les gros pollueurs n’ont pas rempli leurs objectifs : les Etats-Unis ne l’ont jamais ratifié, le Canada et la Russie se sont retirés et la Chine, devenue le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, n’est pas concernée. Aujourd’hui obsolète, le protocole de Kyoto doit expirer en 2020 et devrait être remplacé par un nouveau texte, qui est l’objet de la COP21.

En 2009, la 15e Conférence des parties, qui se tenait à Copenhague, au Danemark, devait permettre de renégocier un accord international sur le climat. Cette fois, il devait concerner les pays industrialisés comme ceux en développement, pour remplacer le protocole de Kyoto. Mais, après deux ans de négociations, le sommet se solde par un échec : s’il affirme la nécessité de limiter le réchauffement planétaire à 2 °C, le texte de l’accord ne comporte aucun engagement chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre, se contentant de prôner la « coopération » pour atteindre un pic des émissions « aussi tôt que possible ».

Depuis 2011, les COP, qui se sont tenues à Durban (Afrique du Sud), Doha (Qatar), Varsovie (Pologne) et Lima (Pérou), ont toutes eu pour objectif de préparer un accord en 2015.

  • Quels sont les objectifs de la COP21 ?

L’objectif de la COP21 est de conclure le premier accord universel et contraignant, applicable à partir de 2020 aux 195 pays pour limiter la hausse des températures à 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime que la température à la surface de la Terre a augmenté de 0,85 °C en moyenne depuis 1880 et devrait croître de 0,3 à 4,8 °C d’ici à 2100 en fonction de l’évolution des émissions de gaz à effet de serre.

L’accord de Paris vise donc en premier lieu une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pour rester dans le scénario d’un réchauffement à 2 °C, il faut atteindre, selon le GIEC, la neutralité carbone au plus tard à la fin du siècle. Il faut également que la quantité accumulée d’émissions de CO2 d’origine humaine n’excède pas 800 gigatonnes de carbone. Or, depuis 1870, les hommes ont déjà relâché 531 gigatonnes de carbone dans l’atmosphère.

Chaque pays a jusqu’en octobre pour rendre ses engagements nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais les Etats gardent toute latitude pour fixer les moyens d’y parvenir et déterminer une année de référence. L’Union européenne s’est par exemple engagée à infléchir d’au moins 40 % d’ici à 2030 ses émissions par rapport à leur niveau de 1990. Tandis que les Etats-Unis se sont fixé un objectif de réduction de 26 % à 28 % d’ici à 2025 par rapport à 2005.

Deuxième point clé : l’accord de Paris doit déterminer le financement de l’adaptation au changement climatique. A Copenhague, en 2009, les pays développés ont pris l’engagement de mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020, sur fonds publics et privés, pour permettre aux pays en développement de lutter contre le dérèglement climatique et de s’engager dans un développement durable. Une partie de ces montants doit transiter par le Fonds vert pour le climat, un mécanisme financier créé par l’ONU. Début juin 2015, sur les 10,2 milliards de dollars (9,2 milliards d’euros) de promesses faites par une trentaine de pays pour abonder ce fonds, seuls 4 milliards de dollars avaient été réellement débloqués par les Etats donateurs.

  • Quels sont les obstacles à un accord à Paris ?

Les négociations butent sur la question de la responsabilité historique dans le réchauffement et sur la répartition des efforts à accomplir. Les pays émergents estiment que cette responsabilité incombe d’abord aux pays industrialisés et refusent de s’infliger les mêmes contraintes. Pour les pays industrialisés, la division entre pays industrialisés et émergents n’est plus opérante. La Chine est devenue le premier pollueur au monde, l’Inde le troisième. L’enjeu des négociations est donc de limiter les émissions de gaz à effet de serre sans limiter le droit au développement des pays émergents.

Un autre sujet sensible est celui du choix des mécanismes qui permettront de suivre les engagements des Etats en matière de lutte contre le réchauffement. Comment mesurer les efforts accomplis ? Quel cycle imaginer pour inscrire l’accord dans un temps long ?

Pour espérer conclure un accord solide, les négociateurs de la CCNUCC devront par ailleurs convaincre des Etats particulièrement réticents, à l’instar de l’Australie, dont le gouvernement conservateur affiche des positions climatosceptiques. Ils devront aussi tenir compte des demandes des Etats insulaires, très vulnérables aux aléas climatiques, qui contestent le seuil des 2 °C et considèrent que le réchauffement ne doit pas dépasser 1,5 °C, au risque de voir tout ou partie de leur territoire disparaître suite à la hausse du niveau de la mer.

  • Comment la COP21 s’organise-t-elle ?

La France a été le seul pays à se porter candidat à l’organisation de la COP21. La conférence aura lieu du 30 novembre au 11 décembre 2015 au Bourget. C’est le plus grand rendez-vous diplomatique jamais accueilli par la République française. Plus de 40 000 participants, délégués représentants de chaque pays, observateurs, membres de la société civile et journalistes, y sont attendus.

Les négociations doivent s’étaler tout au long de l’année jusqu’à l’ouverture de la COP au Bourget le 30 novembre. La première session a eu lieu en Suisse, à Genève, du 8 au 13 février. Les négociateurs se sont ensuite retrouvés en Allemagne, à Bonn, depuis le 1er juin et jusqu’au 11 juin, pour avancer sur le texte susceptible de servir de base à un accord. Deux sessions ont été ajoutées cette année au calendrier de la CCNUCC pour multiplier les temps de débats… et les chances de réussite du sommet de Paris. Elles se dérouleront du 31 août au 4 septembre et du 19 au 23 octobre, toujours à Bonn.

Le Monde.fr | 03.06.2015 à 10h26 • Mis à jour le 22.06.2015 à 14h16 | Par Audrey Garric, Sophie Landrin et Simon Roger

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