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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 10:48

 

 

Une réunion d’urgence des Ministres de la Commission des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) en charge de la défense et de la sécurité, des relations extérieures et de la protection de la faune s’est tenue à Yaoundé au Cameroun du 21 au 23 mars 2013.

Au terme des travaux de cette  rencontre qui portait sur la lutte anti braconnage, les participants ont formulé une Déclaration sur la Lutte Anti-Braconnage en Afrique Centrale à travers laquelle , ces pays ont notamment adopté un Plan d’Extrême Urgence de Lutte Anti Braconnage (PEXULAB) dans la zone septentrionale du Cameroun, du Nord et du Sud-ouest de la RCA, du Sud du Tchad et dans la zone forestière, assorti d’une feuille de route pour sa mise en œuvre. Ils ont également proposé l’inscription de la lutte anti braconnage à l’ordre du jour du prochain sommet des Chefs d’Etats et de Gouvernements de la CEEAC.

 

 

 

Déclaration sur la Lutte Anti-Braconnage en Afrique Centrale

 

 

Sur invitation du Gouvernement de la République du Cameroun,

Les  Ministres  de  la  CEEAC  en  charge  des  Relations  Extérieures,  des questions de Défense et de Sécurité, de l’Intégration Régionale et de la Protection de la Faune, se sont réunis à Yaoundé le 23 mars 2013, à l’effet d’adopter un plan d’extrême urgence de Lutte Anti-braconnage (PEXULAB) dans la zone septentrionale du Cameroun, du Nord et du Sud-Ouest de la RCA, du Sud du Tchad et dans la zone forestière.

 

Ainsi,

 

Vivement  préoccupés  par  l’abattage  illégal  des  éléphants  en  Afrique Centrale pour le trafic international illégal de l’ivoire, qui constitue un sujet de grande préoccupation pour les Etats membres ;

 

Reconnaissant que le braconnage et le commerce international illégal de l’ivoire et de la faune sauvage portent atteinte à l’environnement, à la paix et à la sécurité des Etats, menacent la vie d’innocents et compromettent la croissance économique des pays ;

 

Considérant que ces colonnes de braconniers opposent une force inégale aux agents des Etats chargés de la protection du patrimoine faunique qui paient un lourd tribut dans l’exercice de leurs fonctions ;

Prenant  acte  des  initiatives  nationales  mises  en  œuvre  par  les  pays affectés pour lutter contre le phénomène du braconnage ;

 

Reconnaissant  aussi  que  ces  initiatives  nationales  de  lutte  contre  le braconnage et le trafic illicite de la faune sauvage, en dépit d’importants moyens déployés, n’ont pas abouti aux résultats escomptés ;

 

Se   félicitant   de   l’existence   d’instruments   juridiques   régionaux, notamment  le  Protocole  Relatif  au  Conseil  de  Paix  et  de  Sécurité  de l’Afrique Centrale (COPAX) de la CEEAC, le Pacte de Non-Agression de la CEEAC, la Convention en matière de Coopération et d’Entraide Judiciaires entre  les  Etats  Membres  de  la  CEEAC  et  la  Convention  d’Assistance Mutuelle, qui définissent un cadre régional de coopération en matière de paix et sécurité ;

 

Réitérant la nécessité pour les pays d’origine, de transit et de destination des produits issus du braconnage de travailler ensemble pour trouver des solutions   adéquates  à  ce  phénomène  de  criminalité  transnationale organisée;

 

Considérant qu’au regard de la nature transnationale et internationale du braconnage, il importe d’adopter une stratégie régionale et internationale concertée pour neutraliser ces réseaux illicites transnationaux ;

 

Vivement préoccupés par les informations concordantes qui font état de la présence de colonnes de braconniers qui opèrent déjà sur le terrain ;

 

Conscients de la nécessité d’agir sans plus tarder, dans le cadre d’un plan d’extrême urgence, pour neutraliser lesdits braconniers, avant d’envisager un plan d’urgence  ainsi qu’un  Système de Lutte  Anti Braconnage en Afrique Centrale (SYLABAC) pour le moyen et le long terme ;

 

Reconnaissant qu’au regard de tout ceci, un plan d’extrême urgence de lutte  anti-  braconnage  est  capital  pour  mettre  hors  d’état  de  nuire  les groupes de braconniers dans les parties nord du Cameroun et de la RCA et dans la partie sud du Tchad et les zones sous menace dans les trois pays ;

 

ILS

 

 

- Réaffirment  leur  engagement  en  faveur  de  la  conservation  de  la biodiversité  et  de  la  protection  des  éléphants,  considérés  comme faisant partie de l’héritage naturel universel de l’Humanité;

 

- Adoptent  le  Plan  d’Extrême  Urgence  de  lutte  Anti  braconnage (PEXULAB) dans la zone septentrionale du Cameroun, du Nord et Sud  - Ouest de la RCA et Sud Tchad et dans la zone forestière, assorti d’une feuille de route pour sa mise en œuvre ;

 

- Recommandent la mobilisation de toutes les forces de défense et de sécurité des Etats concernés en appui aux brigades existantes de lutte anti braconnage ;

 

- Créent  un  mécanisme  de  coordination  interétatique  pour  chacune des  deux aires  géographiques concernées à  l’effet de coordonner plus efficacement la mise en œuvre du PEXULAB ;

 

- Invitent  chaque  Etat  concerné  à  créer  une  Unité  de  coordination nationale  impliquant  les  différentes  administrations  en  charge  des questions de criminalité faunique ;

 

- Invitent  les  Parties  à  mettre  en  œuvre  les  dispositifs  juridiques bilatéraux  et  multilatéraux  existants  dans  le  domaine  de  la  lutte contre le braconnage ;

 

- Encouragent les Parties à coopérer davantage par un échange des informations relatives aux mouvements des braconniers ;

 

- Invitent  les  Etats  membres  à  mettre  en  œuvre  leurs  procédures législatives  internes  à  l’effet  de  criminaliser  le  braconnage  et  le commerce illégal de l’ivoire, au même titre que les autres infractions liées à la criminalité transnationale organisée ;

 

- Exhortent   les   Etats   membres   de   la   CEEAC   à   inscrire   les programmes  liés  au  développement  de  l’économie  verte,  dont  le programme de lutte anti braconnage en Afrique centrale, dans leurs budgets respectifs, et invitent leur Ministre en charge des finances à prendre les mesures nécessaires à cet effet ;

 

- Invitent les Etats concernés à prendre des mesures exceptionnelles en    vue    du    financement    de    la    mise    en    œuvre    du PEXULAB conformément  aux  engagements  pris  au  cours  de  ces assises;

 

- Appellent  la  communauté  internationale,  les  partenaires  et  les ailleurs,    mobiliser   et   mettre   à   disposition   les   fonds complémentaires à ceux des Etats, destinés à soutenir la CEEAC et ses pays membres engagés dans la mise en œuvre du PEXULAB ;

 

- Invitent  le  Gouvernement  de  la  République  du  Cameroun,  le Gouvernement de la République Centrafricaine et le Gouvernement de  la  République  du  Tchad  à  signer  dans  les  meilleurs  délais possibles  l’Accord  tripartite  de  lutte  anti  braconnage négocié  à Ndjamena en juin et décembre 2012 en vue de la mise en place et de
l’opérationnalisation des brigades mixtes d’intervention conjointe;

 

- Se félicitent de la décision de la Thaïlande d’interdire le commerce de l’ivoire, l’incitent à la mettre effectivement en œuvre, et exhortent les  autres  pays  de  destination  de  l’ivoire  issu  du  braconnage  à redoubler  leurs  efforts  pour  lutter  contre  le  commerce  illicite  de l’ivoire,  et  à  sensibiliser  davantage  leurs  concitoyens  sur  les conséquences dudit commerce.

 

- Invitent  les  pays  de  départ  des  braconniers  actifs  dans  la  zone septentrionale du Bassin du Congo à soutenir les efforts des pays affectés  pour   lutter   efficacement   contre   le   phénomène,   en criminalisant  l’infraction  de  braconnage,  et  en  sensibilisant  leurs citoyens sur les  conséquences du braconnage ;

 

- Lancent un appel aux pays de destination d’adopter des mesures de réduction de la demande en ivoire ou de restriction de l’entrée de l’ivoire dans leurs pays respectifs ;

 

- Invitent les Etats membres ainsi que les partenaires à redynamiser l’Organisation pour la Conservation de la Faune Sauvage d’Afrique (OCFSA), pour mieux l’outiller  et l’amener  à jouer pleinement son rôle  et  à  accomplir  entièrement  son  mandat  dans  la  lutte  anti- braconnage ;

 

- Invitent  la  CEEAC  à  pleinement  responsabiliser  l’OCFSA  et  la COMIFAC dans  l’élaboration  du  plan  d’urgence  de  lutte  anti- braconnage,  conformément aux textes de ces deux organisations ;

 

- Invitent la CEEAC, en relation avec les Etats membres, à renforcer les  capacités  de  l’Ecole  de  faune  de  Garoua,  et  à  développer d’autres activités autour de cette institution ;

 

-   Appellent la Communauté internationale, les partenaires et invitent la CEEAC à mobiliser les moyens adéquats à la Mission Mixte de Lutte Anti-Braconnage (MILAB- RCA) pour la rendre immédiatement plus opérationnelle;

 

-   Invitent la CEEAC à élaborer le Plan d’Action d’Urgence pour les deux zones géographiques  (A et B), qui sera soumis à la sanction des Chefs d’Etats ;

 

-   Prient  le  Président  de  la  République  du  Cameroun,  S.E.M.  Paul BIYA,  d’accepter  d’être  la  Haute  Autorité  de la sous-région  porte- parole de la lutte anti braconnage en Afrique Centrale ;

 

-   Proposent d’inscrire la question de la lutte anti braconnage à l’ordre du jour  du Sommet des Chefs  d’Etats et  de Gouvernement de la CEEAC, et de rester saisis de la question.

 

Au  terme  de  la  réunion  d’extrême  urgence,  les  Ministres  des  Etats membres  de  la  CEEAC  en  charge  des  Relations  Extérieures,  des questions de Défense et de Sécurité, de l’Intégration Régionale et de la Protection de la Faune sur la mise en œuvre d’un Plan d’Extrême Urgence sur  la  Lutte  Anti  Braconnage  dans  la  zone  septentrionale  de  l’Afrique centrale remercient le Gouvernement de la République du Cameroun de l’accueil chaleureux, des commodités mises à leur disposition pendant leur séjour, et de la bonne tenue des travaux de cette réunion./-

 

 

Fait à Yaoundé, le 23 mars 2013

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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