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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 12:56

 

Après deux années de conférences préparatoires et 12 jours de sommet réunissant les chefs d'États et de gouvernement du monde, le sommet de Copenhague sur le climat a finalement accouché d’une souris : un accord sans ambition et non contraignant, finalement négocié en cati mini dans la confusion, et en totale contradiction avec les règles multilatérales des Nations unies ( il est issu des discussions menées par 26 pays industrialisés et émergents, mais il est essentiellement le fait des États-Unis, de la Chine, de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique du Sud.). De ce fait, ce texte, au statut juridique flou, est déjà contesté par nombre de pays qui ne l’on pays signé (Certains pays, comme le Venezuela ou Cuba, ont annoncé leur intention de ne pas le signer).

Finalement la négociation de Copenhague a mis en lumière le rôle incontournable des deux pays les plus pollueurs de la planète. Ils ont fait la négociation, sans que les Européens ou les pays en développement aient vraiment eu leur mot à dire. Leurs intérêts contradictoires ont conduit à une alliance objective pour préserver leur souveraineté et échapper ainsi à tout objectif contraignant. La Chine s'étant opposée à la mise en place de mesures de vérification de l'application de l'accord, comme le souhaitait le Président OBAMA.


Contenu de l’accord


Le contenu de cet accord est très en deçà des attentes exprimées par la mobilisation sans précédent que la conférence avait soulevées : s'il affirme la nécessité de limiter le réchauffement planétaire à 2°C par rapport à l'ère préindustrielle, le texte ne comporte aucun engagement chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050, ni de date à laquelle celles-ci devront cesser d'augmenter. Il se contente simplement de prôner la "coopération" pour atteindre un pic des émissions "aussi tôt que possible, et appelle, quant aux objectifs à l’horizon 2020 , les pays industrialisés et les pays en développement à affirmer leurs engagements de réduction de gaz à effet de serre par écrit d'ici à la fin janvier .Il prévoit également des mécanismes "garantissant " la transparence de leur mise en œuvre.


En ce qui concerne l’aide financière aux pays en développement pour faire face aux effets du réchauffement climatique, une aide immédiate de 30 milliards de dollars sur trois ans (2010-2012) doit soutenir l'adaptation des pays en développement aux impacts du réchauffement : elle sera allouée «prioritairement» aux plus vulnérables, notamment en Afrique et dans les petites îles.


Au-delà, Cent milliards de dollars (69,7 milliards d'euros) par an ont enfin été promis aux pays en développement à compter de 2020.


Par ailleurs, un «Fonds Vert Climat» a été crée pour soutenir les projets des pays en développement visant à réduire leurs émissions, comme la protection des forêts et la lutte contre la déforestation, l'adaptation, le renforcement des capacités et le transfert de technologies. Il valide le mécanisme de lutte contre la déforestation REDD- Plus (pour Reducing Emissions from Deforestation and Degradation) mis en place par les pays africains du bassin du Congo avec l'aide de l'ONU.


Mais notons enfin, qu’aucun mécanisme économique clair n’est prévu dans cet accord pour permettre aux pays en voie de développement en général, et africains en particulier (comme ils le réclamaient) d'avoir accès aux technologies pour lutter contre le changement climatique.


Sa mise en œuvre


Pour l'instant, l'accord de Copenhague est une simple idée; ce n’est pas un traité légalement contraignant. Si un seul pays refuse ce texte, il n'y aura pas d'accord.

Il faudra donc attendre les prochaines conférences pour parvenir éventuellement à mettre en place un vrai traité capable de faire face au défi du réchauffement climatique. La conclusion d'un accord complet (un vrai traité) est ainsi renvoyée à la fin 2010, sans doute lors de la conférence climat de Mexico fin 2010. D’ici là, de nouvelles négociations auront lieu à Bonn au mois de juin 2010 pour préparer cette conférence.


Y parviendra-t-on ? Il faut l’espérer, mais on peut déjà raisonnablement en douter. D’ici là, le protocole de Kyoto reste donc le seul instrument légal contre le réchauffement, mais ne concerne qu'un tiers à peine des émissions mondiales, et sa prorogation au- delà de 2012 n’est pas envisagée dans l’accord de Copenhague.


Un échec pour les pays Africains



L’accord de Copenhague est une régression par rapport à Kyoto et en cela, un échec pour les pays africains, car il permet simplement d'enrôler l'ensemble des grands pays pollueurs, industrialisés et émergents, dans la lutte contre le changement climatique mais sur des ambitions réduites et sans cadre contraignant.

L'Afrique s’était en effet fortement mobilisée pour qu’une législation contraignante contre le réchauffement climatique soit adoptée.

Les pays africains n’ont donc pas obtenu, comme ils le souhaitaient, un engagement des pays industrialisés à réduire de 40% leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020. L'accord de Copenhague ne contient aucun objectif chiffré de réduction de gaz à effet de serre. Même pour l'objectif des 2 % invoqué dans l'accord, ces pays ne se prononceront sur leur niveau de réduction qu'au début de l'année prochaine.


Sur le plan financier, Copenhague est également une déception pour l'Afrique. L'accord ne prévoit pour aider l'ensemble des pays pauvres, qu'un financement à brève échéance (2010-2012) de 30 milliards de dollars et 100 milliards chaque année à compter de 2020. Une somme très en dessous des demandes des pays du sud et qui n’est pas du tout à la hauteur des enjeux du réchauffement climatique que ces pays doivent affronter. (Noter qu'avant la conférence les pays Africains réclamaient d'une part 400 milliards de dollars aux pays riches pour les aidés à faire face au réchauffement climatique dont ils sont les principales victimes et d'autre part 67 milliards de dollars pour les victimes Africaines de la sécheresse).

On peut donc légitimement douter de la bonne foi des pays riches à aider financièrement les pays pauvres à faire face aux effets néfastes des dérèglements climatiques. Depuis plusieurs décennies les promesses d'aide n'ont pas manquées, mais elles sont rarement tenues. Les Africains attendent toujours les 50 milliards de dollars promis par le G8.

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