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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 23:17



Après l’échec il y a un an de la conférence de Copenhague où les chefs d’Etat du monde s’étaient donnés rendez-vous dans l’espoir de trouver un accord global sur l’après Kyoto (la première période d’engagement du protocole s’achève en 2012), la conférence des Nations unies sur le climat, qui réunit depuis le 29 novembre près de 200 pays à Cancun (Mexique),  s'est conclue samedi 11 décembre par un accord à minima sur une série de mécanismes pour lutter contre le réchauffement climatique  et tourner la page de la conférence  de Copenhague qui à été une énorme déception.
. La principale vertu du texte, adopté à l’issue de douze journées de négociations intenses, est d’inscrire dans le marbre de nombreux points de l’accord politique de Copenhague, qui n’a jamais été adopté par la convention de l’ONU et de le décliner de façon plus précise et concrète.

Ce texte prévoit la création d’un Fonds vert pour aider les pays en développement à faire face au réchauffement et lance un mécanisme pour lutter contre la déforestation.

La création d'un Fonds vert pour aider les pays en développement..

Une des principales avancées prévue par l'accord de Cancun est la création d'un Fonds vert qui permettra aux pays en développement de s'adapter au changement climatique. Elle favorisera la protection des forêts tropicales et les partage des technologies propres comme le solaire ou l'éolien. Placé sous l'égide temporaire de la Banque mondiale, cet organisme distribuera une partie de l'argent promis par les pays développés dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, à savoir 100 milliards de dollars par an à partir de 2020.
Ce fonds qui avaient en effet été promis par les pays développés à la dernière conférence de Copenhague (Ils avaient promis de débourser 30 milliards d’euros entre 2010 et 2012, puis 100 milliards chaque année d’ici à 2020), sera administré par intérim  durant trois ans par la banque mondiale et aura un conseil d’administration avec représentation équitable entre pays développés et en développement.
Mais les nombreuses interrogations sur la façon dont ce fond sera alimenté restent cependant sans réponse surtout dans la tourmente financière actuelle.
Un panel mis en place par l’ONU a suggéré la mise en place de financements alternatifs, comme des taxes sur les transports et les transactions financières

La réduction de la déforestation

Le texte pose par ailleurs les bases d’un mécanisme visant à réduire la déforestation à l’origine d’environ de 15% à 20% des émissions globales de GES. Mais La possibilité d'utiliser le marché du carbone pour financer ce coûteux mécanisme, longuement débattue, n'apparaît pas dans le texte

Les objectifs sur la réduction de CO2 restent inchangés

Le texte de Cancun n’apporte aucune nouveauté sur le niveau de réductions des émissions de CO2 , jugé unanimement trop faible pour atteindre l’objectif des deux degrés. «Les parties doivent agir de manière urgente pour atteindre cet objectif à long terme», indique l’accord adopté
Face à l'envolée annoncée du thermomètre mondial, qui pourrait grimper jusqu'à 4°C voire 6°C d'ici à la fin du siècle, la réponse internationale reste trop timorée: insuffisants, les engagements de réductions d'émissions de gaz à effet de serre ne mettent pas l'humanité à l'abri d'un emballement de la machine climatique.
Cancun n'a donc permis aucune percée sur ce point

Statu quo sur Kyoto

En contrepartie de ces avancées, les pays présents à Cancun se sont résolus à maintenir le statu quo sur le protocole de Kyoto, seul texte juridiquement contraignant sur le climat existant à ce jour. Selon les termes de l'accord, les signataires s'accordent pour repousser à 2011 les négociations sur l'avenir du protocole, sans prendre d'engagement de le prolonger au-delà de son terme. Sa première phase d'engagements expire en 2012, et de nombreux pays ont prévenu qu'ils ne prolongeraient pas le protocole, exigeant un nouveau traité incluant les autres pays émetteurs de gaz à effet de serre, à commencer par les Etats-Unis, la Chine et l'Inde. Les négociations se poursuivront en Afrique du sud en 2011.


      Finalement, si l’accord conclu à Cancun  permet de timides avancées dans la lutte contre le changement climatique en lui donnant une nouvelle impulsion, il n’a cependant rien d’historique. Rien dans cet accord n’empêche les pays développés de continuer à rejeter du CO2 selon leur bon vouloir sans risquer d’être sanctionnés. Les faux-semblants sur une illusoire protection de la forêt tropicale ne changeront pas grand-chose à cette tragédie.

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