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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 23:28

 

 

La conférence de l'ONU sur le réchauffement climatique qui s’est tenue à Doha au Qatar, du 26 novembre au 8 décembre 2012 n’avait pas dès le départ vocation à déboucher sur des mesures à la hauteur de l’enjeu. Néanmoins elle devait ouvrir la voie à l’accord global engageant tous les pays à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) prévu en 2015 et devant entrer en vigueur en 2020. Elle a en fin de compte accouché, comme les autres conférences avant elle, d’une souris.

En effet, après des heures de débat et plus d'une journée de retard sur le calendrier prévu, la présidence qatarie de la conférence a finalement décidé, dans un coup d'éclat, d’abréger les négociations. Elle a ainsi fait adopter, le samedi 8 décembre, un accord a minima dont la pièce maîtresse est la naissance de l’Acte II du Protocole de Kyoto auquel les pays du Sud sont très attachés dans la mesure où il s’agit du seul instrument légal sur le climat qui met le Nord face à sa «responsabilité historique» dans le dérèglement climatique.

Mais cet accord, arraché au forceps, n’aura finalement qu’une portée essentiellement symbolique car, après le désistement du Japon, de la Russie et du Canada, il n’engage que quelques pays, (dont l’ensemble ne représente que 15% des émissions de GES dans le monde) à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020 : l'Union européenne, l'Australie et une dizaine d'autres pays industrialisés.

A noter que cet accord n’est pas vu d’un bon œil par tous les pays. La Russie a dénoncé ce qu'elle considère comme un passage en force. La délégation américaine a quant à elle affirmé «ne pas accepter» certains points dans les textes annoncés comme adoptés.

Notons également que l’accord ne fait pas disparaître la question de «l’air chaud», c’est-à-dire le surplus de quotas d'émissions de GES hérités de Kyoto I, détenu principalement par la Russie, l'Ukraine et la Pologne et qui a été à l’origine de blocages de dernières minutes ; dans la mesure où de nombreux pays, notamment en développement, s'inquiètent de l'utilisation de ces crédits qui ne permettent de réduire les GES que sur le papier. En annexe du texte, l'Australie, l'UE, le Japon, le Liechtenstein, Monaco, la Norvège et la Suisse se sont cependant engagés à ne pas en acheter afin de respecter leurs engagements au sein de Kyoto II. Ceci signifie que dans les faits, cet «air chaud» ne circulera pas jusqu'en 2020.

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