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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 11:46
Djibouti sur le point de perdre son unique forêt

La forêt du Day, l’unique de Djibouti, vestige d’une forêt primaire, située au nord, dans le golfe de Tadjourah, est un écosystème en danger.

Des feux pastoraux au 18ème siècle et l’éruption volcanique de 1862 ont réduit sa superficie qui est passée d’environ 7.500 ha, voici un peu plus de 200 ans, à 1 500 ha en 1984 et à moins de 900 ha aujourd’hui.Composé de genévriers, d’acacias et d’oliviers sauvages et culminant à plus de 1 700 m d’altitude, cet écosystème qui est l’unique forêt de Djibouti demeure l’une des dernières forêts primaires du continent.

Pour répondre à la menace qui plane désormais sur cette forêt, une loi a été votée qui lui attribue un statut d’aire protégée, ainsi qu’à d’autres écosystèmes inventoriés dans le cadre d’un programme appelé Monographie nationale. Pour ce qui est de la forêt du Day, le ministère de l’Habitat, de l’urbanisme et de l’environnement recherche actuellement des financements pour entreprendre des actions de préservation.

Houssein Rirache, directeur de l’Environnement dans ce ministère, précise qu’avec la collaboration du ministère de l’Agriculture, des zones de mises en défense ont d’ores et déjà été délimitées et des actions ont été entreprises auprès de la population pour la sensibiliser sur l’importance de la biodiversité.

Simultanément, un recensement des espèces animales et végétales de la forêt du Day a été réalisé avec l’assistance du Muséum américain.Il en résulte que l’espèce la plus menacée dans cette forêt est le genévrier qui, sous l’action de l’homme et des animaux domestiques, est en voie de disparition.

L’action de l’homme accentuée par la surpopulation et le manque de pluies sont d’ailleurs les principales causes de la dégradation de la forêt. »Mais, un phénomène bien plus dangereux s’est amplifié durant cette décennie : c’est l’utilisation des arbres abattus pour faire du charbon de bois qui, malgré l’interdiction et la loi, perdure et désertifie ce pays », s’alarme Houssein Rayaleh de l’Association Djibouti nature.

Autres solutions
Les équipes du Programme de mobilisation des eaux de surface du ministère de l’Agriculture et de gestion durable des terres (PRODERMO) ont entrepris des opérations de replantation de 5 000 genévriers pour régénérer la forêt , mais les jeunes pousses croissent lentement à cause des conditions climatiques.Par conséquent, « La forêt continue de mourir à petits feux « , constate Houssein Rayaleh qui estime qu’il faut « proposer aux populations d’autres solutions »

Il s’agit par exemple de les encourager à reboiser la forêt en contrepartie d’un programme de microcrédit et de payement de cash , mais aussi les aider développer des activités comme l’apiculture et la production de poulets et d’œufs, une approche qui a déjà été implémentée dans d’autres régions du pays.Déjà, en 2007, le gouvernement a conduit un programme programme d’adduction d’eau qui a mis fin au spectre de la soif et qui a permis à de nombreuses familles de développer un potager familial dans la région.

Depuis cette date, la population a commencé à prendre conscience des dangers que représente la déforestation et a limité ses actions néfastes.
La forêt du Day fait partie des forêts reliques de genévrier existant en Afrique de l’Est, le long de la péninsule arabique et de la vallée du grand rift. A plusieurs égards elle constitue un écosystème particulier de Djibouti.L’Association Djibouti nature, après un travail de plaidoyer sur le terrain concernant sa préservation, a réussi à élever au rang de symbole national le francolin de Djibouti, gravement menacé d’extinction.

Une pièce de deux cent cinquante francs Djibouti, frappée à l’effigie de cet oiseau ne vivant qu’à Djibouti et nulle part ailleurs dans le monde, a d’ailleurs été mise en circulation par la banque centrale en avril 2013.

(AIP17/03/16)

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