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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 16:17

Avant la COP21 qui aura lieu du 30 novembre au 11 décembre 2015 à Paris , chaque pays est tenu d'annoncer une "contribution nationale", c'est-à-dire ses objectifs en matière de réduction d'émissions de CO2, de financement et d'adaptation au changement climatique. Ces plans doivent être ambitieux, pour que la hausse de la température moyenne globale ne dépasse par le seuil de 2°C.

Au 1er octobre, date limite affiché, 146 pays (sur 195) avaient remis leurs «contributions nationales », appelées (Intended Nationally Determined Contributions). Il convient de noter que normalement seules les contributions présentées jusqu’à cette date limite seront prises en compte dans le rapport de synthèse sur l’effort global, présenté par le Secrétariat de la Convention-climat le 1er novembre.

Nous publions ici un résumé synthétique des contributions des principaux pays africains.

Afrique du Sud

  • Une contribution sur la réduction des gaz à effet de serre et une sur l’adaptation

  • Objectif sur de placer les émissions de gaz à effet de serre à un niveau situé entre 398 millions de tonnes de CO2 équivalent et 614 millions de tonnes d’ici à 2025 et 2030.

  • Les émissions sud-africaines devront culminer entre 2020 et 2025, rester stable pendant environ 10 ans, pour ensuite baisser en valeur absolue.

  • La contribution sur la réduction des gaz à effet de serre reposera sur plusieurs instruments politiques nationaux, dont une taxe carbone, des objectifs sectoriels, des « budgets carbone » affectés aux entreprises et une réglementation et des normes sur les émissions de polluants et gaz à effet de serre.

  • La contribution sur l’adaptation repose sur 6 objectifs à remplir et les éléments suivants : planification, évaluation des investissements nécessaires, équité, et soutien financier et technologique.

  • Les politiques nationales seront mises en oeuvre à l’intérieur de cycles de cinq ans.

Périmètre d'application

  • Comprend tous les gaz à effet de serre.

  • Applicable à toute l’économie.

Algérie

  • Couvre l’atténuation et l’adaptation

  • Contribution provisoire – la contribution définitive sera ajustée en 2020 en fonction de l’accès aux financements internationaux et de la conjoncture économique de l’Algérie.

  • Contribution conditionnelle de -7 à -22% d’émissions de GES d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel (7% seront réalisés via des moyens nationaux).

  • Objectif 27% d’électricité renouvelable en 2030

  • Pas de détail sur les financements nécessaires ni sur l’utilisation ou non des marchés carbone.

Périmètre d'application

  • Secteurs concernés : énergie, forêts, habitat, transports, industrie, déchets.

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N2O

Bénin

  • Couvre l’atténuation et l’adaptation

  • Objectif inconditionnel :-3,5% d’émissions de GES d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel (16,4% de la contribution totale)

  • Objectif conditionnel : (83,6% de la contribution totale) : 17,9% d’émissions de GES d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel soit 83,6% de la contribution totale (-21,4% d’ici 2030), secteur foresterie exclu.

  • La mise en oeuvre des actions envisagées pourrait également contribuer à accroitre la capcité de séquestration du carbone cumulée de 5,7% d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel (part inconditionnelle : 24,6%)

  • La réduction du taux annuel de déforestation de 41,7M pourrait permettre au Bénin de réduire ses émissions cumulées liées au secteur de la foresterie d’environ 110 MTeqCO2 sur la période 2021-2030 par rapport au scénario tendanciel (part inconditionnelle : 20%)

  • Coûts estimés : 30 milliards USD, dont 2,32 milliards de contribution du gouvernement

    • Atténuation : 12,13 milliards UDS

    • Adaptation : 18,35 milliards USD

  • Le bénin n’envisage pas de recourir aux mécanismes de marché

Botswana

  • Couvre l’adaptation et l’atténuation

  • Objectif : – 15% d’émissions de GES en 2030 par rapport au niveau de 2010

  • Coûts estimés de l’atténuation : 18,4 milliards USD

  • Compte sur le développement des marchés internationaux du carbone

  • Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N20

  • Secteurs concernés : énergie, déchets, agriculture

Burkina Faso

  • Couvre l’atténuation et l’adaptation

  • Objectif inconditionnel (politiques avec financements acquis / en cours d’acquisition) : -6,27% d’émissions de GES d’ici 2035 et -6,6% d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel

  • Objectif conditionnel : -11,2% d’émissions de GES d’ici 2025 et -11,6% par rapport à 2030 par rapport au scénario tendanciel

  • Le Burkina soutient l’utilisation de mécanismes de marché

Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N2O, NOx

  • Secteurs concernés : agriculture, déchets, énergie, industrie.

Cote d’Ivoire

  • Contribution sur l’atténuation et l’adaptation

  • Objectif : -28% d’émissions de GES d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel ; 42% d’ENR dans le mix électrique (dont grande hydro).

  • La mise en œuvre de cette contribution «pourrait être assujettie à des appuis extérieurs additionnels»

  • La Côte d’Ivoire envisage d’utiliser les marchés carbone moyen de financements en tenant compte des considérations d’intégrité de l’environnement et de transparence

Périmètre d'application

  • Secteurs concernés : Agriculture, Énergie, Déchets, Usage des Terres et Forêts (Foresterie : non incluse dans les inventaires)

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N2O

Congo

  • Couvre l’atténuation et l’adaptation

  • Objectif conditionnel : -48% d’émissions de GES en 2025 par rapport au scénario tendanciel et -54% en 2035.

  • Le scénario tendanciel intègre les décisions déjà prises par le pays après 2000

  • Coûts estimés :

    • la communauté internationale sera sollicitée à hauteur de 5,14 milliards d’euros pour la période 2015 à 2025.

    • l’autofinancement du pays pourrait atteindre 29% soit 1,03 milliards d’euros

  • « Pendant les 5 premières années, ces fonds seraient mis à disposition du pays (…) sans conditionnalités et autres procédures de sauvegarde, du fait que les investissements concernés sont précisément des investissements environnementaux et sociaux à la fois. »

Périmètre d'application

  • Gaz couverts :CO2, CH4, N2O (HFC, PFC, SF6 et NF3 seront couverts ultérieurement)

  • Secteurs concernés : énergie, dont les hydrocarbures, industrie, mines et cimenteries, déchets, agriculture et élevage, utilisation des terres, leur changement et la forêt (hors puits naturel-restockage des forêts)

Éthiopie

  • Évaluation* : SATISFAISANTE

  • Une contribution sur l’atténuation des gaz à effet de serre, et une contribution sur l’adaptation

  • Échéance : 2030

  • Limiter les émissions de gaz à effet de serre à 145 MtCO2e (secteur d’usage des sols compris)

  • Limiter les émissions de gaz à effet de serre à 185 MtCO2e (hors secteur d’usage des sols)

  • Objectif de long terme : Atteindre la neutralité carbone

Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4 et N2O

  • Secteurs couverts : tous les secteurs, dont 100% du secteur de l’usage des sols. Focus sur agriculture et production d’électricité renouvelable.

Gabon

  • Annonce sur la baisse des gaz à effet de serre et l’adaptation aux impacts des changements climatiques

  • Objectif de baisse de 50% des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2025, exprimée par rapport à un scénario sans nouvelles politiques publiques

  • La contribution gabonaise semble en partie conditionnelle à un appui international, notamment pour les mesures d’adaptation. Cependant, la partie conditionnelle n’est pas précisée aussi clairement que dans les contributions nationales d’autres pays en développement (par exemple, l’Éthiopie ou le Mexique)

  • Applicable sur la période 2010-2025 ; analyse en cours par le gouvernement gabonais pour 2030 et 2050

Périmètre d'application

  • Couvre les gaz : CO2, N2O et CH4

  • Se concentre sur les secteurs de l’agriculture, de l’industrie, de la production énergétique, des transports, etc.

  • Exclut les stocks de CO2 contenus dans les forêts, dont l’évolution future est pourtant très incertaine

  • Exclut les crédits internationaux

Guinée

  • Couvre l’adaptation et l’atténuation

  • Objectif : -13% d’émissions de GES en 2030 par rapport au scénario tendanciel

  • Besoin en financement :

    • Adaptation :entre 670 et 1 700 millions USD

    • Atténuation : au minimum 6,5 milliards USD pour les mesures visant le secteur énergétique

  • 30% d’énergie renouvelable dans la production nationale (hors bois-énergie)

  • Pas de prise en compte de la capacité de stockage par l’usage des sols et la foresterie dans l’objectif de réduction

  • Compte sur le développement des marchés internationaux du carbone pour le financement de certains investissements

  • Périmètre d'application

  • Gaz couvert : CO2

  • Secteurs concernés : énergie (dont le secteur des exploitations minières), agriculture, forêts

Kenya

  • Évaluation de la contribution kényane : SATISFAISANTE

  • Un objectif de réduction d’émissions de 30% d’ici à 2030, par rapport au scénario de laisser-faire (143 millions de tonnes d’équivalent CO2)

  • Cette contribution est conditionnelle à un soutien financier et technologique international

Périmètre d'application

  • Le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et l’oxyde nitreux (N2O) sont priorisés

  • Inclut tous les secteurs contenus dans les lignes directrices du GIEC : l’énergie, les transports, les procédés industriels, l’agriculture, la forêt et l’usage des sols, les déchets


    Madagascar

  • Couvre l’atténuation et l’adaptation

  • Objectif :

    • Atténuation : -14% d’émissions de GES en 2030 par rapport au scénario tendanciel.

    • Séquestration (secteur forêt et usage des terres) : +32% des capacités de puits de carbone en 2030 par rapport au scénario tendanciel.

  • Contribution conditionnelle (sous condition d’obtention des financements internationaux)

  • Coûts estimés : 42 milliards USD

    • Adaptation 28,7 milliards USD

    • Atténuation 6,4 milliards USD

    • Renforcement de capacités 1,8 milliards USD

    • Transfert de technologies 5,2 milliards USD

    • Pas de recours aux marchés carbone hors Madagascar

    • Diffusion de grande échelle de l’agriculture climato-intelligente (CSA)

  • Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N2O

  • Secteurs concernés : énergie, agriculture, forêts, usages des terres, déchets.

Maroc

  • Évaluation : SATISFAISANTE*

  • Contribution inconditionnelle : Baisse de 13% d’ici à 2030, par rapport à un scénario sans nouvelle politique publique

  • Contribution conditionnelle : Baisse de 32% des émissions d’ici à 2030, par rapport à un scénario sans nouvelle politique publique

  • Un objectif de 42% d’énergies renouvelables dans la capacité de production électrique à horizon 2020

  • Estimation des investissements nécessaires pour réaliser l’offre conditionnelle : 45 milliards de dollars (dont 35 milliards via des mécanismes internationaux)

* Évaluation réalisée par le Climate Action Tracker

Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4 et N2O

  • Tous secteurs couverts

  • Des détails sur la production d’énergie, avec une politique de développement des énergies renouvelables

  • N’exclut pas d’utiliser des crédits carbone internationaux

Mauritanie

  • Couvre l’atténuation et l’adaptation

  • Objectif : -22,3% d’émissions de GES d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel

  • Contribution conditionnelle à 88%

  • Coûts estimés : 17,6 milliards US

    • Atténuation : 8,2 milliards USD

    • Adaptation : 9,4 milliards USD

  • La Mauritanie envisage de recourir aux mécanismes de marché.

Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N2O

  • Secteurs concernés : énergie, agriculture, forêts et affectation des terres, industrie et déchets.

Mozambique

  • Couvre l’adaptation et l’atténuation

  • Objectif de réduction de 76,5 millions de tonnes de CO2eq sur la période 2020-2030

  • Des précisions seront apportées d’ici 2018 sur l’objectif de réduction

  • Compte sur l’appuie financier et technologique de la communauté internationale

  • Pas de précision concernant les besoins financiers de l’adaptation et de l’atténuation

  • Compte sur le développement des marchés internationaux du carbone

Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N20

  • Secteurs couverts : énergie, usage des sols et forêts, déchets

Namibie

  • Couvre l’atténuation et l’adaptation

  • Objectif conditionnel : -89% d’émissions de GES en 2030 par rapport au scénario tendanciel, conditionné à l’apport de financements internationaux à hauteur de 90% des coûts de mise en œuvre estimés

  • Objectif inconditionnel : financement de 10% des actions de réductions de GES.

  • La très grande majorité de l’objectif doit être atteinte par des action dans le secteur des forêts

  • Coûts estimés : 33 milliards USD (prix 2015)

Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N2O

  • Secteurs couverts : énergie, transports, industrie agriculture, forêts et usage des terres, déchets.

République Centrafricaine

  • Couvre l’atténuation et l’adaptation

  • Objectif : -5% des émissions de GES en 2030 par rapport au scénario tendanciel et -25% en 2050, conditionnée à 90% à l’obtention de financements internationaux.

  • Coûts estimés : 3,803 milliards USD

    • Atténuation : 2,248 milliards USD, dont 10% de financement national

    • Adaptation : 1,554 milliards USD, dont 10% de financement national

  • La RCA envisage de recourir aux mécanismes de marché.

Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N2O

  • Secteurs concernés : changement d’affectation des terres et foresterie, énergie, agriculture, déchets et industrie

République Démocratique du Congo

  • Annonce sur la baisse des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation aux impacts des changements climatiques

  • Objectif de réduction d’émissions de 17% d’ici à 2030 par rapport au scénario de laisser-faire (70 millions de tonnes d’équivalent CO2)

  • Cette contribution est conditionnelle à un soutien financier international, au transfert de technologies et au renforcement des capacités nationales.

  • Les financements internationaux nécessaires pour la réalisation de cette contribution sont estimés à 21,622 milliards de dollars US dont 9,082 milliards pour l’adaptation et 12,540 milliards pour l’atténuation et la séquestration de carbone.

Périmètre d'application

  • Couvre les gaz : CO2, N2O et CH4

  • Secteurs couverts pour l’atténuation : énergie, transports, agriculture, forêt et suage des sols

Tanzanie

  • Couvre l’atténuation et l’adaptation

  • Objectif : -10 à 20% d’émissions de GES d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel.

  • Coûts estimés :

    • Adaptation : 500 millions par an en 2020 à 1 milliard USD par an en 2030

    • Atténuation : 60 milliards USD d’ici 2030

  • La mise en oeuvre de l’iNDC est fortement dépendant de l’appui financier et technologique de la communauté internationale.

Périmètre d'application

  • Secteurs concernés : énergie, transports, forêts, déchets

Togo

  • Couvre l’adaptation et l’atténuation

  • Réduction des émissions de GES d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel

    • Objectif conditionnel : – 31,14%

    • Objectif inconditionnel : – 11,14%

  • Soutien financier international estimé à 3,54 milliards US

    • dont adaptation : 1,54

    • dont atténuation : 1,10

  • 4% d’énergies renouvelables dans le mix énergétique

  • Compte sur le développement des marchés internationaux du carbone



    Tunisie

  • Annonce sur la baisse des émissions de GES et l’adaptation aux impacts des changements climatiques

  • Contribution inconditionnelle : -13% de l’intensité carbone en 2030 par rapport à 2010

  • Contribution conditionnelle : -41% de l’intensité carbone en 2030 par rapport à 2010, et -46% d’intensité énergétique.

  • Financements nécessaires pour l’atténuation, période 2015-2030

    • Investissement : 17,5 milliards US$, dont 85% destiné au secteur de l’énergie. Part du financement national : environ 10% du total

    • Renforcement de capacités et transferts de technologies : 523 millions US$

    • Adaptation : 1,9 milliards US$ provenant en totalité de financements internationaux.

  • La Tunisie prévoit de recourir aux marchés carbones.

    Périmètre d'application

  • Secteurs ciblés : Energie, Procédés industriels, Agriculture, Forêt et Autres utilisations des Terres et Déchets

  • Gaz couverts : CO2, CH4 et N2O

Zambie

  • Couvre l’atténuation et l’adaptation

  • Objectif conditionnel : -25% d’émissions de GES d’ici 2030 par rapport à 2010

  • Objectif inconditionnel : -47% d’émissions de GES d’ici 2030 par rapport à 2010

  • Coûts estimés : 50 Milliards USD, dont 35 milliards conditionnels et 15 milliards apportés par le gouvernement

  • La Zambie n’exclut pas de recourir à la possibilité d’utiliser des mécanismes de marché

Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N2O

  • Secteurs concernés : énergie, agriculture, déchets, usage des terres et forêts.

Zimbabwe

  • Couvre l’adaptation et l’atténuation

  • Objectif : -33% d’émissions de GES d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel conditionné à l’appui financier et technologique de la communauté internationale

  • Coûts estimés

    • Adaptation : un besoin de 35 milliards USD pour adapter le secteur agricole d’ici 2030 dont 26 milliards d’aides internationales

    • Atténuation : 56 milliards USD

  • Compte sur le développement des marchés internationaux du carbone

Périmètre d'application

  • Gaz couverts : CO2, CH4, N2O

  • Secteur concerné : énergie

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