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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 13:33

 

La 19ème Conférence des Nations Unies sur le changement climatique s’est déroulée du lundi 11 au samedi 23 novembre à Varsovie en Pologne. Elle avait pour objectif d’établir la feuille de route pour parvenir à un accord mondial global en 2015 sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

 

Elle avait en effet vocation à être une étape-clé pour définir les principes et le cadre d’un nouvel accord international d'ici la Conférence Paris Climat 2015 (COP 21) dont l’objectif est de réduire les émissions globales de GES au-dessous des niveaux de 1990 d'ici à 2030, et de prévoir la suppression progressive des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le monde d'ici à 2050.

 

C’est dans ces conditions que les pays participant à cette 19ème conférence ont finalement pu conclure un accord in extrémis samedi 23 novembre, soit plus de vingt-quatre heures après sa clôture officielle prévue le vendredi 22 novembre.

 

Ce retard a été dû aux difficultés pour trouver un équilibre entre les exigences légitimes des pays en développement pour mettre les pays industrialisés face à leurs engagements pris en 2009 à la conférence de Copenhague (visant à mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 et à créer un Fonds vert qui accueillerait une partie de ces fonds, pour les PED), et la nécessité d'adopter une feuille de route jusqu'en décembre 2015, date à laquelle un accord mondial devrait être conclu afin d’entrer en vigueur en 2020.

 

Cet accord a minima, comme de coutume, pendant ces négociations, pose cependant les premiers jalons de la conférence de Paris en 2015 qui doit déboucher sur un texte en mesure de limiter le réchauffement à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, et éviter peut-être les catastrophes à venir. Si rien n'est fait en effet, la température pourrait encore croître d'ici à la fin du siècle de plus de 5°C et ainsi multiplier les événements extrêmes comme le dernier typhon Haiyan qui a frappé les côtes philippines trois jours avant la conférence de Varsovie, comme l’avaient rappelé en septembre les experts du climat du Giec.

 

Dans ce cadre, les négociateurs se sont finalement mis d'accord pour que tous les pays travaillent à réduire leurs émissions, et ce, dès que possible et dans l'idéal pour le premier trimestre de 2015. Le texte adopté à Varsovie, en retrait par rapport à ce qui était initialement prévu, stipule notamment que les Etats devront travailler à réduire leurs émissions et commencer à préparer des "contributions" sur ce qu'ils entendent faire pour lutter contre le changement climatique et qui seront intégrées dans l'accord de 2015.

 

Sous le régime du dernier accord sur le climat, le Protocole de Kyoto, seuls les pays les plus développés étaient tenus de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre d'au moins 5% sur la période 2008-2012 par rapport aux niveaux de 1990. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles les Etats-Unis n'avaient pas signé ce texte car ils exigeaient que la Chine et l'Inde, deux pays en forte croissance économique, participent également aux efforts. En conséquence, à l’heure actuelle, cet accord ne couvre que 15% des émissions totales. Or, le prochain accord qui prendra donc le relais du protocole de Kyoto en 2020, doit normalement concerner tous les pays, donc également les Etats-Unis, et les grands pays émergents dont la Chine, premier pollueur du monde. Il sera légalement contraignant et devrait donc être suffisamment ambitieux pour limiter le réchauffement du globe à 2°C par rapport à l'ère préindustrielle, contre la trajectoire actuelle de 4°C.

 

En ce qui concerne l'aide financière de 100 milliards de dollars promis aux pays en développement lors de la conférence de Copenhague, pour les aider à réduire leurs émissions et s'adapter aux conséquences du changement climatique, et dont seulement 30 milliards ont été débloquées en 2010 et 2012 sans assurance pour les années à venir, le texte adopté ne contient qu'un engagement des pays industrialisés à augmenter progressivement leurs versements et à faire preuve de davantage de transparence dans la provenance de ces fonds, alors que les pays en développement réclamaient qu'ils s'engagent sur une trajectoire de financement avec un objectif intermédiaire de 70 milliards de dollars en 2016 .

 

Notons qu'avant même la fin officielle de la conférence un accord avait été conclu sur la protection des forêts tropicales qui jouent un rôle très important dans l'absorption des émissions de dioxyde de carbone.

 

En revanche le texte sur la création d'un mécanisme portant sur les "pertes et dommages" que subissent les pays du Sud à cause du réchauffement n'avait, en revanche, pas été adopté.

 

                                                                                       Océni A.H.

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