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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 12:56


La 20ème conférence de l'ONU sur le climat (COP 20) s'est ouverte le 1er Décembre à Lima, au Pérou, pour poser les jalons d'un pacte mondial visant à lutter contre le changement climatique, qui devrait être scellé fin 2015 à la conférence de Paris (COP 21), étape décisive dans la négociation du futur accord international sur le climat pour l'après 2020.

Rappelons que la communauté internationale s’est donnée pour objectif, lors de la conférence de Copenhague de 2009, de limiter le réchauffement à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, seuil au delà duquel les experts prédisent des impacts irréversibles et dramatiques dans de nombreuses régions du monde.

Pour le moment, on en est loin et on estime même qu'au rythme actuel, la planète se dirige vers une hausse des températures d’environ 4°C d’ici la fin du siècle.

Pour tenir l’objectif des 2°C, il faudrait selon les experts, que « les émissions de gaz à effet de serre soient réduites de 40 à 70% d’ici 2050 et s’approcher de zéro en 2100 ». Pour cela, près de deux tiers des réserves fossiles connues devraient être laissées dans le sol. En outre, selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), pour remplacer le pétrole, le charbon et le gaz, les investissements dans les énergies non émettrices de CO2 vont devoir tripler, voire quadrupler entre 2010 et 2050. Il va falloir également poursuivre les progrès en matière d’efficacité énergétique des bâtiments, des transports et des processus industriels, et stopper la déforestation.

Dans ce cadre, les discussions qui se tiennent à Lima portent notamment sur les efforts que chaque pays est prêt à fournir pour réduire ses émissions de GES, les grandes lignes du futur accord multilatéral espéré à Paris fin 2015, sa forme juridique et les financements pour aider les pays du Sud dans la lutte contre le réchauffement de la planète dont la rapidité est inédite. Des décisions doivent êtres actées sur tous ces sujets dans la capitale péruvienne pour que des discussions plus techniques puissent se poursuivre au cours de 2015 et qu’un accord ambitieux sur le climat soit conclu à Paris.

Malgré un contexte porteur, dû au fait que les États-Unis (à la suite de l'Europe qui s'est récemment fixée comme objectif de réduire de 40% ses émissions de GES par rapport à 1990 d’ici 2030) se sont engagés à baisser leurs émissions de GES de 26 à 28% d’ici 2025 par rapport à 2005, et que la Chine a pour la première fois donné une date – autour de 2030 – à partir de laquelle elle veut aussi les diminuer, les négociateurs auront fort à faire pour dépasser les traditionnelles lignes de fracture dans ces discussions. En effet, les pays du Sud réclament des financements solides au Nord et pas seulement des promesses, et certains d’entre eux, et non des moindres comme la Chine, insistent pour que les pays industrialisés fassent plus d’efforts en raison de leur présumée responsabilité historique dans le réchauffement du globe.

O.H.A.

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 05:34

Dans sa nouvelle mise en garde contre le réchauffement climatique, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) ont publié dimanche 2 novembre à Copenhague le dernier rapport de synthèse sur le changement climatique, dont la conclusion, sans ambiguïté, est particulièrement alarmiste: un réchauffement climatique d'une ampleur sans précédent.

Cette nouvelle évaluation globale qui reprend les résultats de trois rapports thématiques rendus en septembre 2013 (preuves du réchauffement), en mars 2014 (impacts) et en avril 2014 (mesures pour atténuer la hausse des températures), doit servir de base scientifique aux responsables politiques dans les négociations internationales qui doivent aboutir fin 2015 à un accord global sur le climat à Paris.

Il ressort en effet de ce rapport, que les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère( qui sont presque entièrement d'origine humaine) ont atteint les niveaux les plus élevés «depuis 800 000 ans » et que la température moyenne à la surface de la Terre et des océans a gagné 0,85°C entre 1880 et 2012, un réchauffement dont la vitesse est inédite. Celle à la surface des océans a augmenté de 0,11°C par décennie entre 1971 et 2010.

Les experts soulignent donc que pour maintenir la hausse globale des températures sous la barre des 2°, fixée comme objectif au sommet de Copenhague de 2009 afin de limiter les impacts du changement climatique, les émissions mondiales de gaz à effet de serre (CO2, méthane, protoxyde d'azote) vont devoir être réduites de 40 à 70% entre 2010 et 2050 et disparaître totalement d'ici 2100.

Selon ce nouveau rapport qui appelle à une action drastique et immédiate, il est cependant encore possible de faire quelque chose, mais il faudrait le faire très vite.

Cela implique de se détourner massivement des énergies fossiles, d'améliorer fortement l'efficacité énergétique, de limiter la déforestation… et d'investir pour cela des centaines de milliards de dollars d'ici à 2030.

Ce tournant énergétique nécessaire, ne compromettrait pas pour autant la croissance mondiale, mettent en avant les experts (climatologues, économistes, océanographes, etc).

Selon eux, des efforts « ambitieux » de réduction de gaz à effet de serre ne feraient baisser que de 0,06 point le taux annuel de la croissance mondiale, estimé entre 1,6 et 3% au cours du 21e siècle, et ils avertissent que « plus nous attendront pour agir, alors que nous en avons les moyens, plus ce sera coûteux ».

S’il n'était pas « contrôlé », le changement climatique aurait des impacts « graves », étendus et irréversibles", dont certains sont d’ores et déjà visibles sur tous les continents : précipitations accrues dans certaines zones et en baisse ailleurs, répartition modifiée des espèces marines et terrestres, risques accrus d'extinction pour de nombreuses espèces (animales ou végétales) qui ne pourront pas se déplacer assez vite pour s'adapter, rendements agricoles globalement en baisse, vagues de chaleur plus fréquentes ou vagues de froid moins fréquentes sur la majeure partie de la planète.

Le réchauffement se poursuivant, le Giec prévient qu'à l'avenir les conséquences seront en outre plus lourdes en termes de sécurité alimentaire notamment dans les régions dépendant de la pêche, de disponibilité en eau potable, de risques d'inondations et de tempêtes, avec une hausse probable des déplacements de population et de conflits pour l'accès aux ressources.

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 15:18

La planète est malade et sa guérison semble de plus en plus incertaine. La pression exercée par l'Humanité sur les écosystèmes est telle qu'il nous faut chaque année l'équivalent d'une Terre et demie pour satisfaire nos besoins en ressources naturelles, tandis que le déclin de la biodiversité est sans précédent. Ce sont les conclusions alarmantes du Fonds pour la nature (WWF), rapportées dans la dixième édition de son rapport « Planète Vivante », le bilan de santé le plus complet de la Terre.

Selon ce rapport biannuel, réalisé avec la société savante Zoological Society of London et les ONG Global Footprint Network et Water Footprint Network et présenté à l'Unesco mardi 30 septembre, entre 1970 et 2010, l'indice «Planète Vivante» - qui mesure l'évolution de 10 380 populations de 3038 espèces de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons - a chuté de 52 %. Autrement dit, la taille de ces populations a fondu de moitié en moins de deux générations.

D'une manière générale, les principales menaces pesant sur les espèces sauvages restent la disparition et la dégradation de leurs habitats (du fait de la déforestation, de l'urbanisation ou encore de l'agriculture), la chasse et la pêche (intentionnelle, à des fins alimentaires ou sportives, ou accidentelle comme les prises accessoires), ainsi que la pollution et le changement climatique dont les effets devraient être de plus en plus forts.

En Afrique par exemple, l’aire de répartition de l’éléphant ne représentait déjà plus en 1984 qu’environ 7% de son aire historique. Et dans cette portion congrue, à cause du braconnage, le nombre d’éléphants s’est effondré de 60% entre 2002 et 2011.

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 21:47
Saisie d’ivoire au Bénin qui proviendrait principalement du Gabon

Le mardi 12 août 2014 la Police Judiciaire en collaboration avec l’Interpol, la Direction Générale des Forets et des Ressources Naturelles a interpellé deux Guinéens et un Béninois pour trafic illicite d’ivoire d’éléphant, espèce animale intégralement protégée.
En effet, ils ont été arrêtés le mardi 12 Aout 2014 dans un hôtel de Cotonou en possession de quatre pointes de défenses d’éléphants d’un poids total de trente kilogrammes sur un stock de trois cents kilogrammes. Les enquêtes montrent que l’ivoire vient du Gabon où le trafic d’ivoire sévit et permet à des réseaux internationaux de trouver et exporter de l’ivoire à travers le Monde.

Le Directeur de l’ONG Conservation Justice, qui travaillé avec les autorités béninoises comme gabonaises, explique : « Les prévenus sont de grands trafiquants qui exercent en réseau dans la sous région Ouest-Africaine. Les produits dissimulés dans des sacs provenaient du Nigéria mais avant cela d’Afrique centrale et notamment du Gabon ».

Il ne s’agirait que d’une faible fraction du stock détenu par ce réseau qui sévit depuis Lagos, qui renferme d’ailleurs les plus grands trafiquants d’Afrique de l’Ouest et centrale. Les éléphants ayant été massacrés dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, l’ivoire vient maintenant principalement d’Afrique centrale et surtout du Gabon en passant par le Nigéria. Le Nord du Bénin renferme encore la plus grande population d’Afrique de l’Ouest mais leur protection exige des mesures additionnelles pour éviter qu’ils ne deviennent la cible des réseaux de trafic. Par ailleurs, précisions que ces trafics lucratifs sont organisés par des associations de malfaiteurs qui peuvent aussi être actifs dans le trafic de drogue, d’armes, voire dans le terrorisme.

Les prévenus ont été, après audition, déférés devant le Procureur près du tribunal de première Instance de Cotonou pour répondre de leurs actes. Ils ont été placés à la maison d’arrêt de Cotonou.

Les Lois en vigueurs interdisent et punissent les auteurs, coauteurs et complices de ce trafic sur le territoire Béninois. Aussi la convention de CITES (convention de Washington) l’interdit sur le plan international et la plupart des pays du Monde l’ont ratifiée.

La loi Béninoise punit sévèrement les auteurs, co-auteurs ou complices de tout acte de chasse, de détention, de commercialisation, d’importation, d’exploitation ou de réexportation des espèces protégées, de leurs dépouilles, de leurs trophées ou produits. Ils risquent ainsi jusqu’à cinq ans de prison.

Précisons que lors du Sommet USA-Afrique qui a eu lieu du 4 au 6 août 2014, un accent a été mis sur la lutte contre le trafic de faune. Les pays d’Afrique ont ainsi été exhortés à étendre la coopération en matière de lutte contre la drogue à la lutte contre la criminalité sur la faune. Le Président Obama a lancé une stratégie nationale pour lutter contre le trafic de la faune en février 2014. Cette stratégie comprend:

1. le renforcement de l’application de la loi au niveau national ;
2. la réduction de la demande globale ;
3. la construction d’un coopération et de partenariats internationaux.

Le Bénin a ici montré son engagement en ce sens, même si la lutte est encore longue. Une collaboration renforcée entre les États est indispensable et les autorités béninoises ont demandé aux autres pays de lutter conjointement contre le trafic d’ivoire. Précisons qu’au Gabon, la loi ne prévoit que six mois de prison ferme pour des trafiquants d’ivoire, ce qui est une des législations les plus faibles d’Afrique en la matière.

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 13:06

Trois hommes ont été placés en garde à vue à Cotonou pour trafic d'ivoire présumé, devenant les premiers trafiquants de défense d'éléphants arrêtés au Bénin, a déclaré vendredi la police.

Deux Guinéens et un Ivoirien ont été arrêtés à leur hôtel alors qu'"ils tentaient de vendre environ 30 kg d'ivoire", a annoncé Marcellin Abbe, responsable d'Interpol au Bénin, "une quantité évaluée à plus de 10 millions de francs CFA" (15.000 euros, 20.000 dollars).

"Ces arrestations de trafiquants d'ivoire sont les premières" au Bénin, a affirmé le porte-parole de la police locale Adrien Tchomakou.

Les suspects "ont été présentées au procureur et mis sous mandat de dépôt depuis ce jeudi", a-t-il précisé.

Le trafic d'ivoire est interdit depuis 1989 par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites). Elle n'a toutefois pas empêché les groupes criminels d'exploiter la demande ininterrompue de défenses d'animaux en provenance d'Asie.

L'organisation non gouvernementale Save the Elephants a indiqué en juillet que le prix de l'ivoire avait triplé ces quatre dernières années en Chine, provoquant une vague d'abattage sur le continent africain.

Selon cette ONG basée au Kenya, le prix de l'ivoire brute en Chine est passé de 560 euros le kilo en 2010 à 1.570 euros en 2014. Une hausse similaire des prix a été constatée en Thaïlande.

Save the Elephants estime qu'en moyenne 33.000 éléphants par an sont tombés entre les mains de braconniers entre 2010 et 2012.

Le Togo, pays frontalier du Bénin, connu comme une zone de transit pour les contrebandiers, lutte ces dernières années contre ces pratiques, au moyen de scanners et de tests ADN réalisés sur les produits de contrebande pour poursuivre les trafiquants.

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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 13:52
Les espèces protégées, proies des nouveaux riches dans les pays émergents

Sombre tableau pour les éléphants, les rhinocéros, les tigres, les léopards et les grands singes. Des animaux emblématiques dont le sort et la survie sont au cœur de la 65e session du comité permanent de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites), réunie du 7 au 11 juillet à Genève. Les travaux de plus de 400 participants, venus de 72 pays, se sont ouverts sur un constat très alarmant : « Les années récentes ont connu un pic sur l’échelle de la criminalité liée aux espèces sauvages. »

Certes, rappelle un rapport sur « la lutte contre la fraude » présenté mercredi matin, « cela fait des décennies que nous sommes confrontés au commerce illégal des espèces sauvages ». Mais on assiste à une « flambée dans l’échelle de ce commerce » qui s’explique, pour partie, par « la participation accrue de groupes criminels organisés et parfois de milices rebelles ». Conséquence : « Dans le monde entier, à mesure qu’elles intensifient leur lutte contre le commerce illégal des espèces sauvages, les autorités chargées de la lutte contre la fraude font face à des situations de plus en plus difficiles et complexes. »

Cette criminalité a aujourd’hui de nouveaux ressorts. « Nous assistons à un changement inquiétant de la demande pour certaines espèces : l’affichage d’une nouvelle richesse plutôt que l’usage en médecine traditionnelle », constate John Scanlon, secrétaire général de la Cites. Les proies ne sont plus seulement recherchées pour leurs prétendues vertus thérapeutiques ou aphrodisiaques, comme la poudre de corne de rhinocéros, mais surtout comme produits de luxe et signes extérieurs d’opulence.

UN GUÉPARD COMME ANIMAL DE COMPAGNIE

C’est le cas pour la peau ou les griffes de tigre, mais aussi pour sa viande, ou encore pour le « vin de tigre », une décoction d’alcool de riz où a macéré une carcasse du félin censée soigner les rhumatismes et qui est devenue en Chine un breuvage de nouveaux riches. C’est aussi le cas pour le pangolin, mammifère d’Asie et d’Afrique dont la peau et les écailles sont prisées par l’industrie de la mode, tandis que la chair, dont les jeunes mères chinoises continuent à croire qu’elle stimule la production de lait, est aussi considérée comme un mets raffiné.

« La Chine est montrée du doigt, car, hausse du pouvoir d’achat aidant, elle constitue le plus gros marché de ce commerce illégal. Mais le phénomène est mondial », note la Cites. De fait, le guépard fait fureur, comme animal de compagnie et de prestige, dans les pays du Golfe, principale destination des spécimens capturés ou élevés en captivité en Afrique. Et l’Europe n’est pas en reste pour les peaux de python – dont le commerce n’est pas interdit mais seulement contrôlé –, qui finissent en bottes, ceintures et autres sacs à main.

Dans tous les cas, le profit reste bien sûr le nerf d’un trafic très lucratif, chiffré, hors commerce du bois et des produits de la mer, à 20 milliards de dollars (près de 15 milliards d’euros) par an. Début juillet, l’ONG Save the Elephants, dont le siège est au Kenya, a ainsi rapporté que le prix de l’ivoire provenant d’abattages en Afrique a triplé sur le marché chinois entre 2010 et 2014, pour atteindre plus de 2 000 dollars le kilo. Le déclin des éléphants d’Afrique, dont l’effectif a chuté de 20 millions d’individus au début du XXe siècle à seulement un demi-million, est précisément au centre des préoccupations de la réunion de Genève.

En 2013, sur l’ensemble du continent, plus de 20 000 pachydermes ont été abattus pour leur ivoire. Bien que ce chiffre soit en recul par rapport au record de l’année 2011 (environ 25 000 animaux tués), « les niveaux de braconnage continuent à dépasser largement le taux de croissance naturelle de l’espèce, ce qui entraîne une nouvelle baisse des populations d’éléphants dans toute l’Afrique ». Dans certaines régions existe « une menace immédiate d’extinction locale ».

LES GROSSES SAISIES D’IVOIRE EN NETTE AUGMENTATION

Les raisons de ce massacre sont connues : pauvreté, déficit de gouvernance de certains Etats, corruption, pression de la demande. Huit pays ont été ciblés par la Cites comme les plus impliqués dans la chaîne du commerce illégal de l’ivoire : l’Ouganda, la Tanzanie et le Kenya (pays d’origine), la Malaisie, le Vietnam et les Philippines (pays de transit), la Chine et la Thaïlande (pays de consommation).

Aucune sanction n’a jusqu’ici été prise à leur encontre, mais chacun d’entre eux a été sommé de présenter, lors de la réunion de Genève, un « plan d’action national pour l’ivoire », portant à la fois sur la législation, l’action contre la fraude au niveau national et international, l’information et l’éducation.

« Plus de 65 % des actions [engagées par les huit pays] sont soit substantiellement réalisées, soit en bonne voie de réalisation », a indiqué, mardi, le secrétariat général de la Cites. Ce qui a permis « une nette augmentation du nombre de saisies importantes d’ivoire (cargaisons de plus de 500 kg) réalisées en Afrique en 2013 ». Pour autant, les résultats de cette simple mise sous surveillance des Etats fautifs restent mitigés. Ainsi, la mise en œuvre de la majorité des actions annoncées par la Thaïlande ou les Philippines est jugée « difficile », « peu claire » ou « imprécise ». Il en va de même pour la moitié de celles prévues par l’Ouganda.

Que faire ? La réunion de Genève n’a pas le pouvoir décisionnel des grandes conférences des parties de la Cites, dont la prochaine se tiendra en octobre 2016 en Afrique du Sud. Seule cette conférence plénière est habilitée à inclure de nouvelles espèces dans la liste des animaux et des végétaux protégés. La session de Genève pourrait néanmoins adresser un avertissement à des pays jugés trop laxistes, voire préconiser des sanctions. Mais force est de constater que, malgré la mise en place, depuis 2010, d’un Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages, auquel participe Interpol, ce combat a, jusqu’ici, globalement échoué.

LE MONDE | 09.07.2014

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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 05:54

L’état des ressources halieutiques et les systèmes de leur exploitation est critique pour défaut d’une législation conséquente dans la mesure où la loi en vigueur ne prend pas en compte les récentes évolutions du droit national et international. En l’occurrence, les dispositions relatives à la lutte contre la pêche illicite, la gestion de l’eau et la protection de l’environnement sans oublier les mesures concernant l’état du port, la marine marchande et le régime foncier. C’est donc dans le souci de créer une condition favorable d’exercice d’activités de la pêche sous contrôle de la loi, qu'un projet de loi-cadre a été initié et voté par le parlement béninois le vendredi 6 juin 2014. Elle vise la gestion durable des ressources, la promotion des mécanismes de cogestion en particulier la valorisation des produits de la pêche.

Cette nouvelle loi-cadre sur les pêches, réglementera certaines pratiques et techniques de pêche utilisées par les pêcheurs qui seront désormais interdites une fois la loi promulguée.

Il s'agit entre autres des engins de pêche de forme conique et munis à l'arrière-plan d'une poche posée et casée à contre-courant en travers des cours d'eau et utilisés en période de crue pour pêcher les poissons et crustacés et des engins de pêche à plusieurs poches ayant une forme conique faits à partir d'un filet textile et supportés par des cerceaux, utilisés pour la capture des crevettes et alevins

De même, des engins de pêche faits à partir de nappes de filet, constitués d'un long bras rectangulaire et de poches à chaque extrémité, dans lesquels sont disposés des nappes collectives et des barrages à nappes construits à l'aide de branchages, de bois, de perches de bambou ou autres matériaux végétaux placés au passage des faunes aquatiques et constituant un piège aux poissons et aux crustacés tels que «Acaja» seront également interdits.

Par ailleurs, les sanctions prévues par la même loi semblent être véritablement répressives. A titre illustratif, la loi dit que l’utilisation d’une méthode de pêche interdite ou non autorisée est désormais passible d’une amende de 500.000 Fcfa à 3 millions de Fcfa et d’un emprisonnement de 6 à 12 mois.

Outre ces dispositions, le texte prend également en compte les récentes évolutions du droit national et international, notamment les dispositions relatives à la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, la gestion de l'eau, la protection de l'environnement, le régime foncier, la marine marchande et la décentralisation.

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 10:30

Le Bénin a été officiellement invité par ses partenaires techniques et financiers dans le domaine de l'environnement, à la prise en compte des changements climatiques dans le budget général de l’État, gestion 2015.

S'exprimant le lundi 12 Mai à l'occasion de la revue sectorielle de l’Environnement, Mme Sorgho-Moulinier, représentante résident du Système des Nations Unies au Bénin a déclaré que les partenaires techniques et financiers du Bénin dans le domaine de l'environnement dont elle est ailleurs chef de file ,« encouragent le ministère en charge de l'Environnement à coopérer étroitement avec le ministère de l’Économie et des Finances pour assurer une prise en compte effective et significative des changements climatiques dans le document de programmation budgétaire et économique pluriannuel ainsi que dans le budget général de l’État, gestion 2015, dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle loi organique portant loi des finances». Selon elle, cette prise en compte des changements climatiques dans le prochain budget général de l’État permettrait de lutter efficacement contre les effets néfastes des changements climatiques.

O.H.A.

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 09:21

 

Des scientifiques ont appelé mardi l'Afrique à adopter l'agroforesterie qui peut selon eux constituer une solution de long terme aux pénuries alimentaires chroniques dont souffre ce continent.

Les experts du Centre international pour l'agroforesterie ( ICRAF), basé à Nairobi, ont déclaré que faire pousser davantage de nourriture sur une même superficie était la clé pour accroître la production alimentaire en Afrique et répondre aux besoins d'une population en croissance permanente.

« Les changements climatiques et l'augmentation de la demande de nourriture, de bétail et de carburant ne fera probablement qu' aggraver cette situation », a déclaré Sammy Carsan, scientifique de l'ICRAF spécialisé dans l'acclimatation d'arbres.

Les agriculteurs africains peuvent augmenter leur production alimentaire s'ils évitent la dépendance excessive aux engrais et aux pesticides et pratiquent une intensification de l'agriculture, ce qui signifie faire pousser davantage de nourriture sur une même superficie, par le biais d'approches naturelles et préservatrices des ressources comme l'agroforesterie, selon les scientifiques.

Cette intensification est la clé pour augmenter la production agricole en Afrique et répondre aux besoins d'une population en perpétuelle croissance, ont déclaré les scientifiques.

« Une solution à long terme à cette intensification en Afrique ne doit pas se baser purement sur un modèle d'intensification importé mais plutôt étudier des approches capables de préserver le vivier de ressources naturelles disponible en assurant le recyclage des nutriments, la conservation de la matière organique, l'amélioration de la biodiversité et la régulation de la qualité de l'eau », a déclaré M. Carsan.

La productivité des récoltes sur le continent est sérieusement freinée par la diminution de la fertilité des sols et des ressources en eau et en biodiversité. Actuellement, les rendements de céréales de première importance comme le maïs stagnent à 1 tonne par hectare.

« Tout cela peut être réalisé par l'agroforesterie », a déclaré M. Carsan dans un communiqué spécial sur la situation actuelle des ressources environnementale durables.

 

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 00:57

 

Une équipe de recherche franco-ivoirienne vient de publier une série de cartes de la pollution atmosphérique en Afrique, pays par pays, et dresse d’inquiétantes projections d’accroissement de cette pollution pour 2030. En cause : des mesures insuffisantes et une sous-estimation de l’ampleur du problème.

 

La pollution atmosphérique est aussi présente en Afrique qu’ailleurs dans le monde. Les inventaires d’émissions des polluants dans l’air ont, jusqu’à présent, été très précis en ce qui concerne l’Europe, l’Asie ou l’Amérique du Nord. Mais c’était loin d’être le cas pour l’Afrique, le continent ne disposant que de résultats globaux. Ce n’est dorénavant plus le cas : une équipe franco-ivoirienne, pilotée par le laboratoire d'aérologie du CNRS de Toulouse, a réalisé des cartes, pays par pays, pour l’année 2005 et posé une estimation de l’évolution de la pollution atmosphérique pour 2030.

 

Le poids des hommes

 

Sur le continent africain, la pollution atmosphérique serait due principalement aux activités humaines. Après l’élaboration de plusieurs scénarios, les chercheurs ont pu constater que les estimations des émissions polluantes, notamment en Afrique centrale, de l’Ouest et de l’Est, étaient largement sous-évaluées. Selon les chercheurs, les émissions polluantes sont aussi fortes dans les villes africaines que dans les capitales très polluées d’autres pays jusque-là mieux documentés, comme en Chine, en Inde ou encore en France.

 

« La pollution atmosphérique urbaine est liée aux sources de combustion dites anthropiques, comme le trafic, les feux domestiques et les industries. Nos programmes de recherche nous ont montré la détérioration de la qualité de l’air dans les villes africaines », explique Cathy Liousse, directrice de recherche au CNRS, à Toulouse. Deux thèses de l’équipe de chercheurs, présentées dans le cadre du programme de recherche Pollution des capitales africaines (POLCA), ont permis de « montrer que le niveau des particules fines était bien au-dessus des normes de l’Organisme mondial de la santé (OMS) », précise Catherine Liousse. « Cette question est peut-être un peu mieux prise en compte en Afrique du Sud, où il y a déjà des réseaux de mesure de la qualité de l’air et quelques études sur le sujet. Mais en Afrique de l’Ouest, centrale et de l’Est, c’est vraiment une question nouvelle », note-t-elle.

 

L’Afrique contribue aussi au changement climatique

 

Aujourd'hui, si l’on considère l'ensemble des sources d'émission anthropique (les émissions atmosphériques d'origine humaine), le continent africain représente entre 5 et 20% des pollutions à l’échelle mondiale, selon les particules ou les gaz considérés (carbone suie, carbone organique, dioxyde de soufre, dioxyde d'azote, monoxyde de carbone). Et si aucune disposition n’est prise, il pourrait contribuer à hauteur de 20 à 50% dans les prochaines années. Un ratio important dû au fait qu’ailleurs, ces mêmes émissions ont déjà diminué.

 

Pour la réalisation de ces cartes d’émissions anthropiques, les questionnaires se sont affinés avec l’appui d’enquêtes de terrain. La consommation de fioul soumis aux autorités des différents Etats, la prise en compte des sources d’émission de gaz et de particules très polluantes, comme les deux-roues, les vieux véhicules, voitures ou camions, ou encore la fabrication de charbon de bois pour la cuisine, sont autant d’éléments que les chercheurs doivent dorénavant prendre en compte. Et ces chiffres sont nettement au-dessus des estimations sur lesquels se basent les modèles de changement climatique.

 

Un programme européen sur l’impact de cette pollution sur la santé

 

Des enquêtes sur l’impact de ces pollutions - comme les problèmes respiratoires sur les habitants - ont déjà été effectuées au Mali et au Sénégal. D’autres devraient suivre en Côte d’Ivoire et au Bénin en collaboration avec des épidémiologistes, des biologistes et surtout avec le soutien des ministères de l’Environnement des pays concernés. Des recherches qui ont pour objectif de montrer l’effet des sources néfastes sur la santé et ainsi permettre aux décideurs africains de faire les meilleurs choix sur les parcs véhiculaires ou les combustibles utilisés afin d’améliorer la qualité de l’air.

 

 

RFI 12 mars 2014

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