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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 16:21

Quelques mois avant la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre 2015, les Etats ont commencé à rendre leurs « contributions » établissant leurs engagements de réduction de gaz à effet de serre. Un premier point d'étape avait été fixé au 31 mars pour ceux qui étaient « prêts à le faire ». Les autres le feront progressivement jusqu'à la prochaine date limite, fixée au 1er octobre.
Au 9 avril, 34 pays (dont les 28 de l'Union européenne) ont rendu leur contribution.


1.Emissions de gaz à effet de serre : des périmètres différents


Difficile de comparer les engagements de réduction de GES entre eux car, avant une éventuelle uniformisation lors de la COP21, chaque Etat détermine la « date référence » à partir de laquelle il met en place ses mesures de réduction.

Les 28 Etats de l'Union européenne se sont engagés à réduire de 40 % ses émissions de GES par rapport à 1990, soit la même date que celle évoquée dans le protocole de Kyoto, signé en 1997 et entré en vigueur en 2005. La Russie, la Norvège ou encore la Suisse ont choisi la même date référence.

Les Etats-Unis se sont engagés à une réduction de 50 %... mais par rapport au niveau de 2005. Cette année-là, le pays a connu un pic d'émissions à 5,8 milliards de tonnes d'équivalent CO2 émises (combustion de ressources fossiles inclue), contre 5,2 milliards en 2013 par exemple.


2.L'enjeu des forêts


La Russie a rendu une copie en apparence ambitieuse en s'engageant à réduire de 25 à 30 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 par rapport à 1990. Seulement, Moscou mise beaucoup sur ses forêts, qui représentent 25 % de la surface forestière mondiale. Qualifiées de « puits de carbone » car stockent le CO2, elles permettent de compenser des hausses d'émissions.

Le projet russe est finalement limité et présente « l'avantage » de ne pas avoir à changer en profondeur son modèle énergétique. Mais il pourrait être contrarié par les flammes : le World Resources Council (WRC) s'est inquiété début avril de la croissance des incendies de forêt dans le monde et notamment en Russie. Le pays a perdu 4,3 millions d'hectares par an en moyenne entre 2011 et 2013, ce qui constitue le quart des pertes forestières mondiales.

La Russie n'est pas seule à jouer ce jeu-là : l'Union européenne inclut également l'effet de stockage de CO2 par les forêts dans le calcul des émissions. En revanche, le Gabon, recouvert à 88 % par la forêt, ne l'a pas inclus dans le périmètre de réduction de ses émissions.


3.Le marché du carbone


La Suisse a elle aussi fixé un objectif ambitieux : une réduction de 50 % de ses émissions de GES par rapport à son niveau en 1990. Mais la Confédération helvétique, outre l'inclusion de la forêt dans le périmètre d'action, prévoit également d'avoir massivement recours au marché du carbone (à hauteur de 20 %), en achetant des crédits carbone et en participant à des projets de réduction d'émissions à l'étranger. Seuls les 30 % restants constitueront réellement une réduction des émissions nationales.

L'Union européenne, la Russie et les Etats-Unis, notamment, se sont engagés à ne pas inclure les marchés de compensation dans leur effort de réduction des émissions de gaz à effet de serre.


Qu'est-ce que le marché carbone ?

Le marché carbone est un mécanisme financier qui permet à des entreprises « économisant » l'émission des tonnes d'équivalent CO2 de vendre ces tonnes sous forme de crédits. D'autres entreprises ne parvenant pas à réduire leurs émissions peuvent ainsi les racheter, ce qui leur octroie en quelque sorte des « droits à polluer ».


Article paru dans le Monde du 11 Février 2015

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 11:35
RDC: Trente Eléphants tués en quinze jours par des braconniers dans le parc de la Garamba


Trente éléphants ont été abattus en deux semaines dans le Parc national de la Garamba, dans le nord-est de la RDC. Les responsables du parc accusent un groupe de braconniers soudanais d'avoir commis ce massacre.

Selon Jean-Marc Froment, directeur chargé de la Conservation d'African Parks, ONG qui cogère le Parc de la Garamba avec l'Institut congolais pour la Conservation de la nature (ICCN), "un groupe de Soudanais du Nord s'est introduit dans le parc, s'est réparti en petits groupes et a abattu trente éléphants durant quinze jours". "Ces gens ont beaucoup chassé en République centrafricaine et dans le nord (de la République démocratique) du Congo, mais la densité d'éléphants là-bas est très faible, donc ils vont de plus en plus loin, a-t-il expliqué Ils cherchent les derniers éléphants, comme tout le monde. Ce sont des chasseurs très expérimentés."

D'après un recensement effectué en 2014, le Parc national de la Garamba abrite quelque 1 700 éléphants, ce qui en fait une cible de choix pour les braconniers. Les quelque 150 "rangers" du Parc doivent surveiller environ 13 000 km carrés de savanes et de forêts.

Les braconniers soudanais sillonnent l'Afrique centrale à cheval

En juin 2014, des braconniers avaient abattu - certains à partir d'un hélicoptère - 68 éléphants en deux mois dans la Garamba, soit 4% de la population de pachydermes du parc. Ce massacre avait déjà été attribué à des chasseurs soudanais, qui sillonnent l'Afrique centrale à cheval, parfois sur des milliers de kilomètres. Des braconniers soudanais sont également soupçonnés d'être responsables du massacre de 300 éléphants dans le Parc national de Bouba N'Djida, dans le nord du Cameroun, en février 2012, puis d'au moins 89 autres près de Ganba, dans le sud du Tchad, en mars 2013.

L'annonce de ce nouveau massacre intervient alors que s'ouvrait lundi une conférence internationale d'experts à Kasane, au Botswana, pour tenter de sauver les éléphants d'Afrique. Le comptage des pachydermes sur le continent n'est pas une science exacte, mais il restait environ 470 000 individus à l'état sauvage en 2013, contre 550 000 en 2006.

Inquiétudes pour la survie des éléphants d'Afrique

Au rythme de 25 à 30 000 animaux abattus par an, la mortalité surpasse désormais le taux de natalité de cet animal, qui n'a qu'un petit à la fois, après une gestation de 21 mois. Autrement dit, si la tendance se poursuit, l'éléphant d'Afrique est condamné à mort. Le déclin est déjà particulièrement net en Afrique de l'Est, au Kenya et en Tanzanie.

Des cartes des "routes de l'ivoire", élaborées par l'association Traffic - spécialisée dans la traque des exportations illégales d'espèces menacées - montrent d'ailleurs clairement que c'est par les ports ou aéroports kenyans et tanzaniens que la plus grande partie de l'ivoire de contrebande quitte l'Afrique. "L'or blanc" transite généralement par la Malaisie, le Vietnam, les Philippines ou Hong-Kong, avant de gagner ses destinations finales, essentiellement la Chine et la Thaïlande. Là, les défenses d'éléphants abattus deviennent des bijoux, des objets d'arts ou des sculptures, très prisées des riches Asiatiques.


AFP

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 11:19
Sauvegarde des éléphants: experts et gouvernements en conclave

Les éléphants vont-ils disparaître pour satisfaire les collectionneurs d'ivoire sculpté, en Chine et ailleurs dans le monde? Leur population est aujourd'hui en chute libre, au rythme de 25 à 30. 000 animaux tués par an en Afrique.

C’est pour tenter d’arrêter le massacre que représentants d'Etats africains et ONG se retrouvent lundi au Botswana pour la deuxième rencontre internationale sur le sujet depuis 2013.

Cette réunion servira de prélude à une autre conférence, mercredi, consacrée au trafic mondial d'espèces menacées. Une activité criminelle qui génère, selon le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), un chiffre d'affaires annuel de 19 milliards de dollars.

Selon les études, il resterait entre 420. 000 et 650. 000 éléphants d'Afrique en liberté. Mais plus de 100. 000 ont été tués ces quatre dernières années.

Le taux de mortalité excède désormais largement la natalité. "Si la tendance continue, les éléphants seront en danger d'extinction, particulièrement en Afrique centrale, où le taux de braconnage est deux fois supérieur à la moyenne continentale", met en garde Heather Sohl, spécialiste des espèces en danger au WWF.

Tous les experts en conviennent, l'abattage des éléphants est organisé par des réseaux criminels internationaux qui alimentent le marché clandestin de l'ivoire, essentiellement en Asie.

L'ivoire braconné, acheté 100 dollars (94 euros) le kilogramme en forêt, se retrouve en bout de chaîne vendu 2. 100 dollars le kilo sur le marché chinois, le principal débouché.

Les experts pensent aussi que l'argent de l'ivoire, dont le commerce est interdit depuis 1989, contribue au financement de groupes armés dans la bande sud du Sahara. "Le mois dernier, les éléphants du Nord-Mali, qui n'avaient jamais été touchés jusqu'à présent, ont été attaqués", révèle Céline Sissler-Bienvenu, directrice France de l'IFAW: "Il y a de grandes chances que cela serve à financer des groupes armés de la région".

- La Chine 'détient la clé' -

Mais c'est la Chine, selon Iain Douglas-Hamilton, fondateur de l'ONG kényane Save the Elephants, "qui détient la clé de l'avenir des éléphants. Si la Chine n'est pas en pointe pour mettre fin à la demande d'ivoire, les éléphants d'Afrique pourraient disparaître de la nature d'ici une génération", dit-il.

"En Chine, les campagnes auprès de l'opinion publique commencent à porter leurs fruits", assure Mme Sissler-Bienvenu. "Mais il y a une population sur laquelle nous n'avons aucune prise: les collectionneurs et les investisseurs. Ils savent que la ressource se réduit, que les prix vont monter, et achètent pour spéculer".

Sous la pression internationale, Pékin a pris en février une mesure certes symbolique mais saluée comme un pas en avant. Toute importation d'ivoire ouvragé a été interdite pour un an.

Pourtant, sauver les éléphants va demander un effort bien supérieur, "mondialement coordonné, depuis les pays où vivent les éléphants, tout au long des routes de contrebande de l'ivoire, jusqu'à la destination finale en Extrême-Orient. Nous n'avons plus beaucoup de temps. . . ", assure le Dr Fiona Maisels, co-auteur d'une étude sur la disparition des éléphants de forêt.

Côté africain, les Etats se sont engagés en 2014 à mettre en place 14 mesures "urgentes", parmi lesquelles la classification du braconnage en "crime grave", la mise en place de mécanismes internationaux de lutte et l'implication des communautés locales dans les efforts de conservation.

La Conférence de Kasane fera le point sur la mise en application de ces promesses. "Mais les réponses sur le terrain", estime Mme Sissler-Bienvenu, de l'IFAW, "ne sont pas du tout à la hauteur de la menace, essentiellement par manque de volonté politique".

Jusqu'à présent, seule l'Afrique australe, avec notamment le Botswana et l'Afrique du Sud, parvient à préserver ses éléphants. Peut-être en partie, malheureusement, parce que les réseaux criminels locaux se sont concentrés depuis la fin des années 2000 sur le massacre des. . . rhinocéros.

Les rhinocéros, pourchassés pour les vertus prétendument médicinales de leur corne, seront l'un des grands dossiers de la deuxième réunion organisée mercredi à Kasane, en bordure de l'un des parcs du nord du Botswana, l'un des derniers paradis africains de la vie sauvage.

Le sort des tigres, dont il ne reste plus qu'environ 4. 000 individus sauvages en Asie, sera également au menu des discussions de cette "Conférence sur le commerce illégal de faune sauvage".

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 08:01
Côte d'Ivoire: plus de 100.000 victimes assignent Trafigura en justice aux Pays-Bas

Plus de 100 000 victimes du déversement de déchets toxiques par le cargo Probo Koala à Abidjan en 2006 ont assigné en justice aux Pays-Bas la société affréteuse Trafigura, réclamant des indemnités et le nettoyage des déchets, a-t-on appris vendredi auprès de leurs avocats.

"Il est demandé au tribunal de bien vouloir juger que la société Trafigura Beheer BV est responsable civilement des dommages corporels, moraux et économiques qu'elle a causés aux demandeurs", selon le texte de l'assignation dont l'AFP a obtenu copie.

Outre l'achèvement des travaux de dépollution, les 110.937 plaignants réclament des indemnisations de 2.500 euros par victime, soit une somme totale de près de 280 millions d'euros.

Le déversement des déchets toxiques du Probo Koala en août 2006 à Abidjan, en Côte d'Ivoire, avait causé la mort de 17 personnes et des dizaines de milliers d'intoxications, selon la justice ivoirienne.

Trafigura, qui a toujours nié que le déversement ait provoqué décès et maladies graves, s'est refusée à tout commentaire.

La multinationale, spécialisée dans le courtage pétrolier, a ses quartiers généraux en Suisse mais est enregistrée aux Pays-Bas. Elle n'a jamais été condamnée pour le déversement alors que des accords à l'amiable ont été conclus en Grande-Bretagne et en Côte d'Ivoire.

L'assignation a d'ores-et-déjà été envoyée à Trafigura, qui l'a reçue le 16 février, et la plainte sera envoyée au tribunal d'Amsterdam le 2 mars, a assuré à l'AFP Mathieu Cencig, un des avocats des plaignants.

Accord à l'amiable ?

Ce délai réglementaire de deux semaines doit permettre aux parties de trouver un éventuel accord à l'amiable, selon Me Cencig. La procédure a été entamée via une fondation de droit néerlandais créée pour représenter les victimes.

En 2011, la justice néerlandaise avait rejeté une requête de l'association écologiste Greenpeace, qui souhaitaient que Trafigura soit poursuivie aux Pays-Bas pour les faits commis en Côte d'Ivoire.

La Cour avait indiqué qu'aucune des victimes ne résidait aux Pays-Bas et que les faits reprochés s'étaient produits hors des Pays-Bas.

Les plaignants assurent que ces arguments ne jouent plus dans cette nouvelle affaire, et s’appuient sur le fait que la fondation créée pour les victimes est de droit néerlandais.

En février 2007, la compagnie avait conclu un accord amiable avec l'Etat ivoirien qui arrêtait toute poursuite en contrepartie du versement d'une indemnisation globale de plus de 100 milliards de FCFA (152 millions d'euros).

En septembre 2009, dans le cadre d'une affaire en Grande-Bretagne, Trafigura a versé 22,5 milliards de francs CFA (33 millions d'euros) destinés à quelque 30.000 victimes.

"Nous représentons dans cette affaire aux Pays-Bas les victimes qui n'étaient pas concernées par l'accord conclu en Grande-Bretagne", a expliqué Me Cencig : "nous voulons que cette histoire soit conclue une bonne fois pour toute".


AFP

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 11:45

Nous publions ci-dessous la déclaration de la conférence sur le commerce illicite d’espèces sauvages organisée le 12 et le 13 février 2014 à Londres à l’initiative du Gouvernement Britannique et des princes Charles et William, en présence de plusieurs chefs d’États africains et de nombreuses ONG et organisations internationales.

L’objectif de cette conférence était de parvenir à un engagement politique de haut niveau en vue d’une action urgente contre le commerce illégal des espèces sauvages. Il s'agissait également de réfléchir à des solutions pour mieux protéger et enrayer le trafic en pleine croissance des trois espèces les plus emblématiques du monde menacées d’extinction que sont : les éléphants d'Afrique, les rhinocéros et les tigres. A l’issue des deux jours de débats, les représentants des 46 pays présents, ont finalement adopté une déclaration commune visant à renforcer l'arsenal judiciaire contre les braconniers et autres marchands d'ivoire ou de cornes de rhinocéros, et à traiter le fléau de la même manière que le trafic d'armes, de drogues ou d'êtres humains.

L'idée générale est de préconiser "une tolérance zéro"contre les braconniers et autres marchands d'ivoire ou de cornes de rhinocéros, en s’attaquant à trois aspects liés du commerce illégal de la faune:

  • Renforcer le respect de la loi et du système de justice pénale;

  • Réduire la demande en produits fauniques illégaux;

  • Appuyer le développement de moyens de subsistance durables au sein des communautés affectées par le commerce illégal des espèces sauvages;

 

 

 

Déclaration de la CONFÉRENCE DE LONDRES

SUR LE COMMERCE ILLICITE D’ESPÈCES SAUVAGES

12-13 FÉVRIER 2014

 

1. Nous, les représentants des gouvernements et des organisations d’intégration économique régionale*, réunis à Londres le 13 février 2014, reconnaissant l’ampleur considérable et les conséquences économiques, sociales et environnementales néfastes du commerce illicite des espèces sauvages, prenons l’engagement politique suivant et appelons la communauté internationale à agir de concert pour mettre un terme à cette pratique illicite.

 

Ampleur et conséquences du commerce illicite d’espèces sauvages

 

2. La survie de nombreuses espèces est gravement menacée si des mesures ne sont pas prises pour s’attaquer au commerce illicite des espèces sauvages. Le braconnage et les trafics affaiblissent la primauté du droit et la bonne gouvernance et encouragent la corruption. Ce sont des activités criminelles organisées et très répandues qui mettent en jeu des réseaux transnationaux. Dans certains cas, les recettes qui en découlent servent à soutenir d’autres activités criminelles et ont été liées à des groupes armés impliqués dans des conflits internes et transfrontaliers. Le nombre de forestiers et autres agents spécialisés dans la protection des espèces sauvages tués ou blessés est considérable.

3. Dans certaines régions, le commerce illicite d'espèces sauvages et le braconnage qui le nourrit ont atteint des niveaux sans précédent. Les incidents graves liés au braconnage sont plus fréquents, surviennent dans des lieux auparavant à l'abri de telles activités, et sont d'une ampleur plus dévastatrice. Les braconniers individuels ou gangs de circonstance cèdent de plus en plus la place à des groupes organisés et bien pourvus en ressources, notamment à des réseaux mafieux transnationaux.

 

4. Le commerce illicite d'espèces sauvages prive les États et les communautés de leur capital naturel et de leur patrimoine culturel, ce qui a de graves conséquences économiques et sociales. Il fragilise les moyens de subsistance des communautés qui dépendent des ressources naturelles. Il nuit à la santé des écosystèmes dont ces communautés dépendent, portant atteinte au développement économique durable. L’activité criminelle et la corruption associées aux trafics réduisent le potentiel en matière d’investissements et de développement durables dont ont besoin les nouvelles activités économiques et entreprises.

5. Des mesures décisives et urgentes s’imposent dès maintenant afin de lutter contre le commerce illicite d'espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. Pour beaucoup d’espèces, le trafic et le braconnage qui l’alimente est un problème persistant et croissant. Au cours des dernières années, certaines régions ont connu une escalade particulièrement tragique du niveau de braconnage d'éléphants et de rhinocéros. La grave menace qui pèse sur ces espèces emblématiques est aussi en train de menacer la sécurité régionale et le développement durable. Une action visant à lutter contre le commerce illicite d’éléphants et de rhinocéros permettra de renforcer notre capacité à combattre le commerce illicite d’autres espèces menacées d’extinction. Une telle action encouragera en outre l’exploitation durable des ressources.

 

Tirer parti du cadre d’action international existant

 

6. Adopté à la Conférence de Rio (Rio+20) et approuvé par consensus de l'Assemblée générale de l’ONU, le document « L’avenir que nous voulons » prenait conscience « des incidences économiques, sociales et environnementales du commerce illicite de la faune sauvage contre lequel des mesures fermes et accrues doivent être prises tant en ce qui concerne l’offre que la demande » et mesurait également « le rôle important joué par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction [CITES], un accord international qui se situe au carrefour du commerce, de l’environnement et du développement ».

7. Nous nous réjouissons de l’attention qui est accordée à cette question par le système des Nations unies, dont le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale, ce qui démontre les incidences sécuritaires, économiques, sociales et de développement plus larges du commerce illicite d'espèces sauvages ; nous saluons de plus la décision de l'Assemblée générale de l'ONU de proclamer le 3 mars Journée mondiale de la vie sauvage, réaffirmant la valeur intrinsèque de la vie sauvage et ses diverses contributions — notamment écologique, génétique, sociale, économique, scientifique, pédagogique, culturelle, récréative et esthétique – au développement durable et au bien-être de l'humanité.

8. Nous nous félicitons des mesures prises au titre de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), et en particulier des décisions relatives aux éléphants, rhinocéros et grands félins adoptées lors de réunions antérieures des Conférences des Parties. Nous renouvelons notre engagement à appliquer intégralement et effectivement les résolutions et les décisions pertinentes de la CITES et à redoubler d’efforts dans cadre de la CITES pour éradiquer le commerce illicite d'espèces sauvages.

9. Nous nous réjouissons des mesures importantes que les gouvernements et les autres acteurs ont d’ores et déjà prises à l’échelon local, national, régional et mondial. Des engagements à combattre le commerce illicite d'espèces sauvages particulières ont été pris dans plusieurs autres réunions, et nous insistons sur le besoin urgent de les mettre en oeuvre intégralement. Nous prenons note de l’importance des initiatives suivantes : Le Plan d’action pour l’éléphant d’Afrique et les mesures d’urgence adoptées lors du Sommet de l’éléphant d’Afrique de Gaborone ; la Déclaration de Saint-Pétersbourg sur la conservation du tigre ; le programme mondial de rétablissement des tigres et le Programme d’action en neuf points de Thimpu ; la Déclaration de Bichkek sur la protection du léopard des neiges et les autres projets dont la liste figure en annexe A.

10. Le commerce illicite d'espèces sauvages a de nombreuses dimensions liées entre elles et nous ne pouvons le combattre efficacement qu’avec la participation des ministères et agences qui opèrent au-delà du secteur de la conservation de la vie sauvage. Des mesures doivent être prises à tous les points de la chaîne d’approvisionnement illicite dans les pays d’origine, de transit et de destination. La coopération internationale est primordiale, avec l’implication sans réserve des gouvernements dans les mécanismes bilatéraux, régionaux et internationaux applicables.

11. L’efficacité de la coopération internationale passe par la participation active des partenaires qui soutiennent les gouvernements dans divers secteurs, notamment : L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, INTERPOL, l’Organisation mondiale des douanes, la Banque mondiale et la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (qui, ensemble, forment le Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages) ; la Commission de l’ONU pour la prévention du crime et la justice pénale ; la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée et la Convention de l’ONU contre la corruption ; le Programme des Nations unies pour l’environnement ; le Programme des Nations unies pour le développement ; la Banque africaine de développement ; la Banque asiatique de développement ; l’Union internationale de conservation de la nature ; et les réseaux régionaux de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages. Nous mesurons les efforts consentis et appelons toutes ces entités, et tous les États qui y participent, à faire de l’éradication du commerce illicite d'espèces sauvages leur priorité.

12. Nous reconnaissons l’importance d’impliquer les communautés, partenaires actifs dans la conservation qui cohabitent avec les espèces sauvages, en réduisant les risques de conflits entre humains et animaux sauvages et en soutenant leurs efforts pour promouvoir leurs droits et leur capacité à gérer la faune et leurs habitats et à en bénéficier.

13. Nous mesurons le rôle important que les organisations non gouvernementales, les institutions universitaires et le secteur privé ont à jouer dans l’action contre le commerce illicite d'espèces sauvages.

14. À cette fin, nous, les gouvernements et les organisations d’intégration économique régionale représentés à Londres, nous engageons et appelons la communauté internationale à fournir le leadership politique et le soutien pratique nécessaires afin de prendre les mesures essentielles qui suivent.

 

MESURES À PRENDRE

 

A. Éliminer le marché des produits illicites de la faune sauvage

 

15. Les incidences économiques, sociales et environnementales du commerce illicite d’espèces sauvages ne peuvent être efficacement combattues que si nous éliminons à la fois la demande et l'offre de produits illicites partout dans le monde où ce commerce a lieu. À cette fin, nous nous engageons et appelons la communauté internationale à prendre les mesures suivantes :

 

I. Soutenir, et le cas échéant entreprendre, des mesures efficacement ciblées afin d’éradiquer la demande et l’offre de produits illicites de la faune sauvage, notamment, mais pas seulement, des mesures visant à sensibiliser et à modifier les comportements. L’appui des gouvernements est primordial pour assurer que les efforts de réduction de la demande et de l’offre sont mis en oeuvre à l’échelle et dans les délais nécessaires pour avoir un impact réel. Les gouvernements doivent oeuvrer en partenariat avec les parties prenantes concernées, y compris la société civile, les spécialistes du secteur et les acteurs influents clés, notamment les entreprises. L'action menée doit être scientifique et reposer clairement sur des éléments probants, fondés sur la recherche dans les valeurs et les comportements des consommateurs ; elle doit également s’inscrire dans des stratégies cohérentes de réduction de la demande et de l’offre.

 

II. Approuver l’action des gouvernements qui ont détruit des produits illicites de la faune sauvage saisis ; encourager en outre les gouvernements en possession de stocks de produits illicites, notamment d’objets de grande valeur tels que la corne de rhinocéros ou l’ivoire d’éléphant, à les détruire et entreprendre des recherches en matière de mesures politiques susceptibles de bénéficier à l'action de conservation. Des audits indépendants, ou autres moyens d‘assurer une gestion transparente, doivent être réalisés avant toute destruction.

 

III. Renoncer, dans le cadre de la passation des marchés publics ou d’activités assimilées, à utiliser des produits issus d’espèces menacées d’extinction, sauf à des fins légitimes de recherche scientifique, d’application de la loi, d’éducation publique et autres buts non commerciaux conformes aux politiques et à la législation nationales.

 

IV. Prendre des mesures pour veiller à ce que les acteurs du secteur privé agissent de manière responsable lorsqu’ils utilisent dans leur secteur des produits de la faune sauvage légalement obtenus ; exhorter le secteur privé à adopter des politiques de tolérance zéro en matière de cadeaux d’entreprise ou d’acceptation d’espèces menacées d’extinction ou de produits fabriqués à partir de telles espèces.

 

V. Reconnaître l’autorité de la Conférence des Parties de la CITES, soutenir les dispositions actuelles de la CITES qui interdisent le commerce international d’ivoire d’éléphant jusqu’à ce que la Conférence des parties de la CITES détermine, à partir d’informations et d’une analyse scientifiques, que la survie des éléphants à l’état sauvage n’est plus menacée par le braconnage.

 

VI. Se féliciter de l’action d’ores et déjà en cours et exhorter les gouvernements qui autorisent le commerce des produits issus d’espèces sauvages menacées de mettre en oeuvre des mesures, notamment d’étiquetage et plus généralement de traçabilité, afin d’assurer que ce commerce n’autorise aucun produit illicite issu de la faune sauvage à circuler sur ces marchés.

 

VII. Minimiser la spéculation dans les produits issus d’espèces sauvages menacées en nous opposant à l’usage de toute information trompeuse, exagérée ou inexacte, susceptible de stimuler le braconnage, le trafic ou la demande.

 

B. Garantir des cadres juridiques et des moyens de dissuasion efficaces.

 

16. Afin de freiner le commerce illicite d’espèces sauvages et de fournir un moyen de dissuasion efficace, il est important d’assurer que les auteurs de ces crimes, en particulier les « caïds » qui contrôlent le commerce, sont poursuivis et punis. À cette fin, nous nous engageons et appelons la communauté internationale à prendre les mesures suivantes :

 

VIII. S’attaquer au problème du commerce illicite d'espèces sauvages en adoptant ou en modifiant la législation, selon le cas, afin de criminaliser le braconnage et le trafic de faune sauvage, y compris en assurant que ces délits constituent des « infractions graves » au titre de la Convention des Nations unies contre la criminalité organisée transnationale, comme il est demandé dans la résolution 2013/40 du Conseil économique et social des Nations unies, et en s’appuyant le plus possible sur la Convention CTO pour faciliter la coopération internationale le cas échéant. En ce qui concerne les infractions liées au braconnage et au trafic illicite, la Convention CTO constitue un instrument précieux pouvant servir de base à une coopération internationale, notamment en matière d’extradition et d’entraide judiciaire, lorsque l'infraction est de nature transnationale, met en jeu un groupe criminel organisé, et est punissable d’une peine privative de liberté dont le maximum ne doit pas être inférieur à quatre ans. Nous exhortons tous les États à devenir partie à la Convention de l’ONU contre la criminalité organisée transnationale et d'appliquer celle-ci, et à veiller à ce que les infractions impliquant le trafic d'espèces sauvages commises sur leur territoire rentrent dans la définition d’infraction grave énoncée à l’article 2 de la Convention.

 

IX. Lutter contre le grave problème de la corruption, du blanchiment d’argent et des infractions assimilées qui facilitent le trafic d’espèces sauvages en adoptant ou en modifiant, selon le cas, une législation qui criminalise la corruption et les actes de corruption facilitant le braconnage, le trafic d’espèces sauvages et infractions assimilées, et instaurer des mesures visant à établir et à promouvoir des pratiques efficaces de prévention de la corruption et de détection de blanchiment d’argent, notamment dans les affaires impliquant le trafic d’espèces sauvages. Nous invitons d’urgence tous les gouvernements à devenir partie à la Convention de l’ONU contre la corruption et à l’appliquer, car elle peut constituer un instrument précieux pour empêcher la corruption et encourager la coopération internationale dans les affaires de corruption, notamment en matière d’extradition, d’entraide judiciaire et de recouvrement d’avoirs.

 

X. Renforcer le cadre juridique et faciliter l’application du droit pour combattre le commerce illicite d’espèces sauvages et apporter notre soutien aux procédures de poursuite et à l’imposition de peines constituant des moyens de dissuasion efficaces. Dans ce contexte, encourager le recours à l’éventail complet de la législation existante et des mesures de répression déployées contre les autres formes de criminalité organisée. Celles-ci doivent comprendre, sans s’y limiter, l'application de la législation sur le blanchiment d’argent, les infractions fiscales et le recouvrement d’avoirs, la corruption et les trafics illicites d’autres produits tels que les stupéfiants et les armes à feu. Il convient de faire appel à des mesures pluridisciplinaires efficaces d’application de la loi afin d’assurer l’efficacité des enquêtes et des poursuites, et d’obtenir des peines qui constituent d'efficaces moyens de dissuasion.

 

XI. Renforcer la capacité à obtenir des poursuites et des sanctions dissuasives efficaces en sensibilisant l’ordre judiciaire à la gravité, à l’impact et aux profits potentiels de la criminalité liée à la faune sauvage. Des formations spécialisées et un renforcement des capacités sont primordiaux afin de réaliser cet objectif.

 

XII. Adopter une politique de tolérance zéro sur la corruption associée au commerce illicite d’espèces sauvages, reconnaissant avec une grande inquiétude que la corruption est un facteur important dans la facilitation des activités criminelles associées au trafic de faune sauvage.

 

C. Renforcer l'application des lois

 

17. Le succès de la lutte contre le commerce illicite d’espèces sauvages passe par une réponse forte et coordonnée en matière de répression sur les lieux, aux échelons national et international, ainsi que dans les pays d’origine, de transit et de destination, en faisant appel à toutes les capacités des institutions et aux instruments et techniques disponibles. À cette fin, nous nous engageons et appelons la communauté internationale à prendre les mesures suivantes :

 

XIII. Investir dans le renforcement des capacités pour consolider le respect de la loi, afin de protéger les populations clés d’espèces menacées par le braconnage. Pour être efficace, le respect de la loi requiert un nombre accru de représentants de la loi bien équipés et bien formés dans les lieux clés, ayant à leur disposition des instruments et des techniques appropriés.

 

XIV. Établir et maintenir des mécanismes nationaux interagences afin d'élaborer et mettre en oeuvre des stratégies et des plans d’action nationaux et locaux coordonnés et d'y affecter des ressources, et de surveiller la mise en oeuvre d’actions contre la criminalité liée aux espèces sauvages ; renforcer les systèmes d’application de la loi en faveur d'une réponse préventive et réactive plus énergique contre cette forme de criminalité, en faisant appel, entre autres, à l’Outil d’analyse de la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts de l’ICCWC.

 

XV. Fournir les conditions nécessaires et davantage de soutien à l’utilisation de toute la palette des techniques et outils d’investigation déjà déployés contre d’autres formes de criminalité organisée nationale et transnationale, notamment grâce à la coopération internationale en matière de partage de l’expertise. Ce soutien doit comprendre, sans s’y limiter, le renseignement criminel, les livraisons surveillées, les systèmes de traçabilité, le profil de risque, les chiens renifleurs, l’analyse balistique et le recours aux technologies criminalistiques existantes, y compris le perfectionnement de telles technologies.

 

XVI. Renforcer la coopération transfrontalière et régionale via une meilleure coordination et grâce à un soutien total aux réseaux régionaux de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages. Cette coopération doit comprendre le partage du renseignement et des informations opérationnels, le partage de l’information sur la recherche criminalistique et la collaboration avec les institutions de recherche compétentes en la matière, la collaboration en matière de répression (par exemple, les opérations conjointes) ainsi que les initiatives communes de renforcement des capacités : activités de formation, équipements de communication transfrontalière, partage des connaissances et des ressources relatives à l'application de la loi, etc.

 

D. Moyens de subsistance et développement économique durables

 

18. Le commerce illicite d’espèces sauvages représente un obstacle majeur à un développement économique durable, inclusif et équilibré. Il contribue à nuire aux écosystèmes, affaiblit la bonne gouvernance et la primauté du droit, menace la sécurité et réduit les revenus découlant d’activités économiques telles que le tourisme consacré à la faune sauvage et du recours durable au commerce légal d’espèces sauvages, importante source de moyens de subsistance locaux et de développement économique national. Reconnaissant que le meilleur moyen d’obtenir des moyens de subsistance viables à long terme sera d’impliquer les communautés qui entourent les zones protégées, nous nous engageons et appelons la communauté internationale à prendre les mesures suivantes :

 

XVII. Reconnaître les incidences néfastes du commerce illicite d’espèces sauvages sur les moyens de subsistance et le développement économique durables. Il convient de mieux comprendre et de mieux quantifier ces incidences, et de les intégrer à l’évaluation présentée dans l’Action XXIV.

 

XVIII. Accroitre la capacité des collectivités locales à saisir les perspectives d'activités économiques durables et éliminer la pauvreté. Ceci comprend la promotion de partenariats innovants pour la conservation des espèces fondée sur le partage des responsabilités de gestion, tels les réserves communautaires, les partenariats public-privé, le tourisme durable, les accords de partage des revenus et autres sources de revenus comme l’agriculture durable. Les gouvernements doivent intégrer des mesures de lutte contre le commerce illicite d’espèces sauvages dans leur politique et planification de développement ainsi que dans la programmation d’activités de coopération au développement.

 

XIX. Lancer ou consolider des partenariats collaboratifs au sein des agences de conservation et de développement régionales, nationales et internationales afin d’améliorer le soutien en faveur d’une conservation des espèces gérée par la communauté et de promouvoir le maintien des bénéfices dans les collectivités locales en faveur de la conservation et de la gestion durable des espèces sauvages, y compris les actions visant à réduire l’exploitation illicite de la faune et de la flore.

 

XX. OEuvrer de concert avec les collectivités locales et les impliquer, en établissant des réseaux de surveillance et de maintien de l’ordre dans les régions qui entourent les réserves de faune sauvage.

 

E. La marche à suivre

 

19. Le succès de la lutte contre le commerce illicite d’espèces sauvages et ses effets nécessitera un leadership politique concerté, la participation des communautés et une coopération internationale à long terme. Pour soutenir ces efforts, davantage de recherches sont nécessaires sur l'ampleur des implications environnementales, politiques, sociales et économiques de ce commerce, ainsi qu’une meilleure compréhension du commerce illicite lui-même et de l’impact des mesures prises pour le prévenir et le combattre. À cette fin :

 

XXI. Nous nous réjouissons des ressources fournies à ce jour pour soutenir l’action de prévention et de lutte contre le commerce illicite d’espèces sauvages, y compris la mise en oeuvre des plans d’action et des déclarations existants. Nous exhortons tous les bailleurs de fonds à fournir des ressources, du soutien et de l’assistance technique, selon le cas, en faveur de la mise en oeuvre des engagements politiques contenus dans la présente Déclaration.

 

XXII. Nous reconnaissons et apprécions l'appui sans relâche que nous a apporté le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) dans le but de combattre la crise du braconnage en Afrique et le commerce illicite d’espèces sauvages qui y est associé et nous souhaiterions que cette question soit traitée en priorité dans la stratégie en matière de biodiversité du FEM-6 (2014-2018).

 

XXIII. Nous nous félicitons de la création au sein de l’ONU du « Groupe des amis » contre le trafic illicite d’espèces sauvages et prenons note de la suggestion faite lors de l’événement à haut niveau sur le trafic illicite d’espèces sauvages présidé par l'Allemagne et le Gabon à New York en septembre 2013 de créer un poste de représentant spécial auprès du secrétaire général afin d'intensifier la lutte dans ce domaine, et que ce poste fasse l’objet d’une demande formelle, sous forme de résolution, par l'Assemblée générale de l'ONU (doc. de réf. A/68/553).

 

XXIV. Nous effectuerons une évaluation approfondie, dans un premier temps au cours des douze prochains mois, à partir des évaluations et des travaux de collaboration existants, des marchés et des dynamiques du commerce illicite d'espèces sauvages, et des progrès réalisés dans la lutte contre ce délit. Cette évaluation devra s’intéresser aux liens entre la criminalité liée aux espèces sauvages et d’autres formes de criminalité organisée et de corruption, étudier les liens avec le terrorisme et analyser les causes et incidences sous-jacentes de ce commerce, notamment sur la stabilité et la sécurité régionales, l’environnement, le développement socio-économique et les relations internationales. Elle devra rendre compte des progrès en matière d’actions menées et d’engagements politiques pris afin de lutter contre le commerce illicite d’espèces sauvages, à partir des évaluations actuelles et en étroite collaboration avec les autres organisations déjà impliquées dans cette problématique.

 

XXV. Nous accueillons favorablement la proposition du Botswana d'organiser une autre conférence à haut niveau début 2015 afin de faire le point des avancées réalisées.

 

Annexe A

 

• Table ronde de Paris et déclaration contre le braconnage et le commerce illicite d'espèces menacées d'extinction, décembre 2013

• Sommet de l’éléphant d’Afrique, Gaborone, décembre 2013

• Déclaration de Bichkek sur la conservation du léopard des neiges, octobre 2013

• Déclaration de Bali des pays de l’APEC, octobre 2013

• 1ère rencontre des États de l’aire de répartition du rhinocéros asiatique, et déclaration de Bandar Lampung, octobre 2013

• Événement de haut niveau en marge de l’Assemblée générale de l’ONU organisé par le Gabon et l'Allemagne sur le braconnage et le commerce illicite d’espèces sauvages, septembre 2013

• Consensus de Kunming sur la conservation transfrontalière et la lutte contre le commerce illicite d’espèces sauvages, juillet 2013

• Communiqué des leaders du G8, juin 2013

• Déclaration de Marrakech de la Banque africaine de développement, mai 2013

• Sommet sur la crise du rhinocéros de Sumatra, avril 2013

• Commission pour la prévention du crime 2013

• Déclaration de Yaoundé sur la lutte contre le braconnage dans des États d’Afrique centrale, mars 2013

• 2e réunion ministérielle asiatique sur la conservation du tigre, et Plan d'action en neuf points de himpu, octobre 2012

• Déclaration de Vladivostok des pays de l’APEC, octobre 2012

• Déclaration de Saint-Pétersbourg sur la conservation du tigre, novembre 2010

• Plan d’action pour l’éléphant d’Afrique, mars 2010

 

* Annexe B Les pays et organisations d’intégration économique régionale suivants ont participé à la conférence de Londres sur le commerce illicite d’espèces sauvages.

 

République fédérale d’Allemagne

République d’Angola

Commonwealth d’Australie

République populaire du Bangladesh

République du Botswana

République fédérative du Brésil

République du Cameroun

Canada

République populaire de Chine

République de Colombie

Congo – République du Congo

République démocratique du Congo

Émirats arabes unis

République démocratique fédérale d’Éthiopie

République française

République gabonaise

République d’Indonésie

République italienne

Japon

République du Kenya

République démocratique populaire lao

République du Malawi

Malaisie

États-Unis mexicains

République du Mozambique

République de l’Union du Myanmar (Union de Birmanie)

République de Namibie

République démocratique fédérale du Népal

République d’Ouganda

Royaume des Pays-Bas

Fédération de Russie

République du Rwanda

République socialiste démocratique de Sri Lanka

République unie de Tanzanie

République du Tchad

République togolaise

Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord

États-Unis d’Amérique

République socialiste du Viêt Nam

République de Zambie

Union européenne

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 02:10
BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2015 A TOUS.                                                                      Merci pour vos encouragements!

Le Président: Océni AMOUSSA H.

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 12:56


La 20ème conférence de l'ONU sur le climat (COP 20) s'est ouverte le 1er Décembre à Lima, au Pérou, pour poser les jalons d'un pacte mondial visant à lutter contre le changement climatique, qui devrait être scellé fin 2015 à la conférence de Paris (COP 21), étape décisive dans la négociation du futur accord international sur le climat pour l'après 2020.

Rappelons que la communauté internationale s’est donnée pour objectif, lors de la conférence de Copenhague de 2009, de limiter le réchauffement à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, seuil au delà duquel les experts prédisent des impacts irréversibles et dramatiques dans de nombreuses régions du monde.

Pour le moment, on en est loin et on estime même qu'au rythme actuel, la planète se dirige vers une hausse des températures d’environ 4°C d’ici la fin du siècle.

Pour tenir l’objectif des 2°C, il faudrait selon les experts, que « les émissions de gaz à effet de serre soient réduites de 40 à 70% d’ici 2050 et s’approcher de zéro en 2100 ». Pour cela, près de deux tiers des réserves fossiles connues devraient être laissées dans le sol. En outre, selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), pour remplacer le pétrole, le charbon et le gaz, les investissements dans les énergies non émettrices de CO2 vont devoir tripler, voire quadrupler entre 2010 et 2050. Il va falloir également poursuivre les progrès en matière d’efficacité énergétique des bâtiments, des transports et des processus industriels, et stopper la déforestation.

Dans ce cadre, les discussions qui se tiennent à Lima portent notamment sur les efforts que chaque pays est prêt à fournir pour réduire ses émissions de GES, les grandes lignes du futur accord multilatéral espéré à Paris fin 2015, sa forme juridique et les financements pour aider les pays du Sud dans la lutte contre le réchauffement de la planète dont la rapidité est inédite. Des décisions doivent êtres actées sur tous ces sujets dans la capitale péruvienne pour que des discussions plus techniques puissent se poursuivre au cours de 2015 et qu’un accord ambitieux sur le climat soit conclu à Paris.

Malgré un contexte porteur, dû au fait que les États-Unis (à la suite de l'Europe qui s'est récemment fixée comme objectif de réduire de 40% ses émissions de GES par rapport à 1990 d’ici 2030) se sont engagés à baisser leurs émissions de GES de 26 à 28% d’ici 2025 par rapport à 2005, et que la Chine a pour la première fois donné une date – autour de 2030 – à partir de laquelle elle veut aussi les diminuer, les négociateurs auront fort à faire pour dépasser les traditionnelles lignes de fracture dans ces discussions. En effet, les pays du Sud réclament des financements solides au Nord et pas seulement des promesses, et certains d’entre eux, et non des moindres comme la Chine, insistent pour que les pays industrialisés fassent plus d’efforts en raison de leur présumée responsabilité historique dans le réchauffement du globe.

O.H.A.

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 05:34

Dans sa nouvelle mise en garde contre le réchauffement climatique, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) ont publié dimanche 2 novembre à Copenhague le dernier rapport de synthèse sur le changement climatique, dont la conclusion, sans ambiguïté, est particulièrement alarmiste: un réchauffement climatique d'une ampleur sans précédent.

Cette nouvelle évaluation globale qui reprend les résultats de trois rapports thématiques rendus en septembre 2013 (preuves du réchauffement), en mars 2014 (impacts) et en avril 2014 (mesures pour atténuer la hausse des températures), doit servir de base scientifique aux responsables politiques dans les négociations internationales qui doivent aboutir fin 2015 à un accord global sur le climat à Paris.

Il ressort en effet de ce rapport, que les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère( qui sont presque entièrement d'origine humaine) ont atteint les niveaux les plus élevés «depuis 800 000 ans » et que la température moyenne à la surface de la Terre et des océans a gagné 0,85°C entre 1880 et 2012, un réchauffement dont la vitesse est inédite. Celle à la surface des océans a augmenté de 0,11°C par décennie entre 1971 et 2010.

Les experts soulignent donc que pour maintenir la hausse globale des températures sous la barre des 2°, fixée comme objectif au sommet de Copenhague de 2009 afin de limiter les impacts du changement climatique, les émissions mondiales de gaz à effet de serre (CO2, méthane, protoxyde d'azote) vont devoir être réduites de 40 à 70% entre 2010 et 2050 et disparaître totalement d'ici 2100.

Selon ce nouveau rapport qui appelle à une action drastique et immédiate, il est cependant encore possible de faire quelque chose, mais il faudrait le faire très vite.

Cela implique de se détourner massivement des énergies fossiles, d'améliorer fortement l'efficacité énergétique, de limiter la déforestation… et d'investir pour cela des centaines de milliards de dollars d'ici à 2030.

Ce tournant énergétique nécessaire, ne compromettrait pas pour autant la croissance mondiale, mettent en avant les experts (climatologues, économistes, océanographes, etc).

Selon eux, des efforts « ambitieux » de réduction de gaz à effet de serre ne feraient baisser que de 0,06 point le taux annuel de la croissance mondiale, estimé entre 1,6 et 3% au cours du 21e siècle, et ils avertissent que « plus nous attendront pour agir, alors que nous en avons les moyens, plus ce sera coûteux ».

S’il n'était pas « contrôlé », le changement climatique aurait des impacts « graves », étendus et irréversibles", dont certains sont d’ores et déjà visibles sur tous les continents : précipitations accrues dans certaines zones et en baisse ailleurs, répartition modifiée des espèces marines et terrestres, risques accrus d'extinction pour de nombreuses espèces (animales ou végétales) qui ne pourront pas se déplacer assez vite pour s'adapter, rendements agricoles globalement en baisse, vagues de chaleur plus fréquentes ou vagues de froid moins fréquentes sur la majeure partie de la planète.

Le réchauffement se poursuivant, le Giec prévient qu'à l'avenir les conséquences seront en outre plus lourdes en termes de sécurité alimentaire notamment dans les régions dépendant de la pêche, de disponibilité en eau potable, de risques d'inondations et de tempêtes, avec une hausse probable des déplacements de population et de conflits pour l'accès aux ressources.

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 15:18

La planète est malade et sa guérison semble de plus en plus incertaine. La pression exercée par l'Humanité sur les écosystèmes est telle qu'il nous faut chaque année l'équivalent d'une Terre et demie pour satisfaire nos besoins en ressources naturelles, tandis que le déclin de la biodiversité est sans précédent. Ce sont les conclusions alarmantes du Fonds pour la nature (WWF), rapportées dans la dixième édition de son rapport « Planète Vivante », le bilan de santé le plus complet de la Terre.

Selon ce rapport biannuel, réalisé avec la société savante Zoological Society of London et les ONG Global Footprint Network et Water Footprint Network et présenté à l'Unesco mardi 30 septembre, entre 1970 et 2010, l'indice «Planète Vivante» - qui mesure l'évolution de 10 380 populations de 3038 espèces de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons - a chuté de 52 %. Autrement dit, la taille de ces populations a fondu de moitié en moins de deux générations.

D'une manière générale, les principales menaces pesant sur les espèces sauvages restent la disparition et la dégradation de leurs habitats (du fait de la déforestation, de l'urbanisation ou encore de l'agriculture), la chasse et la pêche (intentionnelle, à des fins alimentaires ou sportives, ou accidentelle comme les prises accessoires), ainsi que la pollution et le changement climatique dont les effets devraient être de plus en plus forts.

En Afrique par exemple, l’aire de répartition de l’éléphant ne représentait déjà plus en 1984 qu’environ 7% de son aire historique. Et dans cette portion congrue, à cause du braconnage, le nombre d’éléphants s’est effondré de 60% entre 2002 et 2011.

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 21:47
Saisie d’ivoire au Bénin qui proviendrait principalement du Gabon

Le mardi 12 août 2014 la Police Judiciaire en collaboration avec l’Interpol, la Direction Générale des Forets et des Ressources Naturelles a interpellé deux Guinéens et un Béninois pour trafic illicite d’ivoire d’éléphant, espèce animale intégralement protégée.
En effet, ils ont été arrêtés le mardi 12 Aout 2014 dans un hôtel de Cotonou en possession de quatre pointes de défenses d’éléphants d’un poids total de trente kilogrammes sur un stock de trois cents kilogrammes. Les enquêtes montrent que l’ivoire vient du Gabon où le trafic d’ivoire sévit et permet à des réseaux internationaux de trouver et exporter de l’ivoire à travers le Monde.

Le Directeur de l’ONG Conservation Justice, qui travaillé avec les autorités béninoises comme gabonaises, explique : « Les prévenus sont de grands trafiquants qui exercent en réseau dans la sous région Ouest-Africaine. Les produits dissimulés dans des sacs provenaient du Nigéria mais avant cela d’Afrique centrale et notamment du Gabon ».

Il ne s’agirait que d’une faible fraction du stock détenu par ce réseau qui sévit depuis Lagos, qui renferme d’ailleurs les plus grands trafiquants d’Afrique de l’Ouest et centrale. Les éléphants ayant été massacrés dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, l’ivoire vient maintenant principalement d’Afrique centrale et surtout du Gabon en passant par le Nigéria. Le Nord du Bénin renferme encore la plus grande population d’Afrique de l’Ouest mais leur protection exige des mesures additionnelles pour éviter qu’ils ne deviennent la cible des réseaux de trafic. Par ailleurs, précisions que ces trafics lucratifs sont organisés par des associations de malfaiteurs qui peuvent aussi être actifs dans le trafic de drogue, d’armes, voire dans le terrorisme.

Les prévenus ont été, après audition, déférés devant le Procureur près du tribunal de première Instance de Cotonou pour répondre de leurs actes. Ils ont été placés à la maison d’arrêt de Cotonou.

Les Lois en vigueurs interdisent et punissent les auteurs, coauteurs et complices de ce trafic sur le territoire Béninois. Aussi la convention de CITES (convention de Washington) l’interdit sur le plan international et la plupart des pays du Monde l’ont ratifiée.

La loi Béninoise punit sévèrement les auteurs, co-auteurs ou complices de tout acte de chasse, de détention, de commercialisation, d’importation, d’exploitation ou de réexportation des espèces protégées, de leurs dépouilles, de leurs trophées ou produits. Ils risquent ainsi jusqu’à cinq ans de prison.

Précisons que lors du Sommet USA-Afrique qui a eu lieu du 4 au 6 août 2014, un accent a été mis sur la lutte contre le trafic de faune. Les pays d’Afrique ont ainsi été exhortés à étendre la coopération en matière de lutte contre la drogue à la lutte contre la criminalité sur la faune. Le Président Obama a lancé une stratégie nationale pour lutter contre le trafic de la faune en février 2014. Cette stratégie comprend:

1. le renforcement de l’application de la loi au niveau national ;
2. la réduction de la demande globale ;
3. la construction d’un coopération et de partenariats internationaux.

Le Bénin a ici montré son engagement en ce sens, même si la lutte est encore longue. Une collaboration renforcée entre les États est indispensable et les autorités béninoises ont demandé aux autres pays de lutter conjointement contre le trafic d’ivoire. Précisons qu’au Gabon, la loi ne prévoit que six mois de prison ferme pour des trafiquants d’ivoire, ce qui est une des législations les plus faibles d’Afrique en la matière.

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