10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 13:52
Les espèces protégées, proies des nouveaux riches dans les pays émergents

Sombre tableau pour les éléphants, les rhinocéros, les tigres, les léopards et les grands singes. Des animaux emblématiques dont le sort et la survie sont au cœur de la 65e session du comité permanent de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites), réunie du 7 au 11 juillet à Genève. Les travaux de plus de 400 participants, venus de 72 pays, se sont ouverts sur un constat très alarmant : « Les années récentes ont connu un pic sur l’échelle de la criminalité liée aux espèces sauvages. »

Certes, rappelle un rapport sur « la lutte contre la fraude » présenté mercredi matin, « cela fait des décennies que nous sommes confrontés au commerce illégal des espèces sauvages ». Mais on assiste à une « flambée dans l’échelle de ce commerce » qui s’explique, pour partie, par « la participation accrue de groupes criminels organisés et parfois de milices rebelles ». Conséquence : « Dans le monde entier, à mesure qu’elles intensifient leur lutte contre le commerce illégal des espèces sauvages, les autorités chargées de la lutte contre la fraude font face à des situations de plus en plus difficiles et complexes. »

Cette criminalité a aujourd’hui de nouveaux ressorts. « Nous assistons à un changement inquiétant de la demande pour certaines espèces : l’affichage d’une nouvelle richesse plutôt que l’usage en médecine traditionnelle », constate John Scanlon, secrétaire général de la Cites. Les proies ne sont plus seulement recherchées pour leurs prétendues vertus thérapeutiques ou aphrodisiaques, comme la poudre de corne de rhinocéros, mais surtout comme produits de luxe et signes extérieurs d’opulence.

UN GUÉPARD COMME ANIMAL DE COMPAGNIE

C’est le cas pour la peau ou les griffes de tigre, mais aussi pour sa viande, ou encore pour le « vin de tigre », une décoction d’alcool de riz où a macéré une carcasse du félin censée soigner les rhumatismes et qui est devenue en Chine un breuvage de nouveaux riches. C’est aussi le cas pour le pangolin, mammifère d’Asie et d’Afrique dont la peau et les écailles sont prisées par l’industrie de la mode, tandis que la chair, dont les jeunes mères chinoises continuent à croire qu’elle stimule la production de lait, est aussi considérée comme un mets raffiné.

« La Chine est montrée du doigt, car, hausse du pouvoir d’achat aidant, elle constitue le plus gros marché de ce commerce illégal. Mais le phénomène est mondial », note la Cites. De fait, le guépard fait fureur, comme animal de compagnie et de prestige, dans les pays du Golfe, principale destination des spécimens capturés ou élevés en captivité en Afrique. Et l’Europe n’est pas en reste pour les peaux de python – dont le commerce n’est pas interdit mais seulement contrôlé –, qui finissent en bottes, ceintures et autres sacs à main.

Dans tous les cas, le profit reste bien sûr le nerf d’un trafic très lucratif, chiffré, hors commerce du bois et des produits de la mer, à 20 milliards de dollars (près de 15 milliards d’euros) par an. Début juillet, l’ONG Save the Elephants, dont le siège est au Kenya, a ainsi rapporté que le prix de l’ivoire provenant d’abattages en Afrique a triplé sur le marché chinois entre 2010 et 2014, pour atteindre plus de 2 000 dollars le kilo. Le déclin des éléphants d’Afrique, dont l’effectif a chuté de 20 millions d’individus au début du XXe siècle à seulement un demi-million, est précisément au centre des préoccupations de la réunion de Genève.

En 2013, sur l’ensemble du continent, plus de 20 000 pachydermes ont été abattus pour leur ivoire. Bien que ce chiffre soit en recul par rapport au record de l’année 2011 (environ 25 000 animaux tués), « les niveaux de braconnage continuent à dépasser largement le taux de croissance naturelle de l’espèce, ce qui entraîne une nouvelle baisse des populations d’éléphants dans toute l’Afrique ». Dans certaines régions existe « une menace immédiate d’extinction locale ».

LES GROSSES SAISIES D’IVOIRE EN NETTE AUGMENTATION

Les raisons de ce massacre sont connues : pauvreté, déficit de gouvernance de certains Etats, corruption, pression de la demande. Huit pays ont été ciblés par la Cites comme les plus impliqués dans la chaîne du commerce illégal de l’ivoire : l’Ouganda, la Tanzanie et le Kenya (pays d’origine), la Malaisie, le Vietnam et les Philippines (pays de transit), la Chine et la Thaïlande (pays de consommation).

Aucune sanction n’a jusqu’ici été prise à leur encontre, mais chacun d’entre eux a été sommé de présenter, lors de la réunion de Genève, un « plan d’action national pour l’ivoire », portant à la fois sur la législation, l’action contre la fraude au niveau national et international, l’information et l’éducation.

« Plus de 65 % des actions [engagées par les huit pays] sont soit substantiellement réalisées, soit en bonne voie de réalisation », a indiqué, mardi, le secrétariat général de la Cites. Ce qui a permis « une nette augmentation du nombre de saisies importantes d’ivoire (cargaisons de plus de 500 kg) réalisées en Afrique en 2013 ». Pour autant, les résultats de cette simple mise sous surveillance des Etats fautifs restent mitigés. Ainsi, la mise en œuvre de la majorité des actions annoncées par la Thaïlande ou les Philippines est jugée « difficile », « peu claire » ou « imprécise ». Il en va de même pour la moitié de celles prévues par l’Ouganda.

Que faire ? La réunion de Genève n’a pas le pouvoir décisionnel des grandes conférences des parties de la Cites, dont la prochaine se tiendra en octobre 2016 en Afrique du Sud. Seule cette conférence plénière est habilitée à inclure de nouvelles espèces dans la liste des animaux et des végétaux protégés. La session de Genève pourrait néanmoins adresser un avertissement à des pays jugés trop laxistes, voire préconiser des sanctions. Mais force est de constater que, malgré la mise en place, depuis 2010, d’un Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages, auquel participe Interpol, ce combat a, jusqu’ici, globalement échoué.

LE MONDE | 09.07.2014

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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 05:54

L’état des ressources halieutiques et les systèmes de leur exploitation est critique pour défaut d’une législation conséquente dans la mesure où la loi en vigueur ne prend pas en compte les récentes évolutions du droit national et international. En l’occurrence, les dispositions relatives à la lutte contre la pêche illicite, la gestion de l’eau et la protection de l’environnement sans oublier les mesures concernant l’état du port, la marine marchande et le régime foncier. C’est donc dans le souci de créer une condition favorable d’exercice d’activités de la pêche sous contrôle de la loi, qu'un projet de loi-cadre a été initié et voté par le parlement béninois le vendredi 6 juin 2014. Elle vise la gestion durable des ressources, la promotion des mécanismes de cogestion en particulier la valorisation des produits de la pêche.

Cette nouvelle loi-cadre sur les pêches, réglementera certaines pratiques et techniques de pêche utilisées par les pêcheurs qui seront désormais interdites une fois la loi promulguée.

Il s'agit entre autres des engins de pêche de forme conique et munis à l'arrière-plan d'une poche posée et casée à contre-courant en travers des cours d'eau et utilisés en période de crue pour pêcher les poissons et crustacés et des engins de pêche à plusieurs poches ayant une forme conique faits à partir d'un filet textile et supportés par des cerceaux, utilisés pour la capture des crevettes et alevins

De même, des engins de pêche faits à partir de nappes de filet, constitués d'un long bras rectangulaire et de poches à chaque extrémité, dans lesquels sont disposés des nappes collectives et des barrages à nappes construits à l'aide de branchages, de bois, de perches de bambou ou autres matériaux végétaux placés au passage des faunes aquatiques et constituant un piège aux poissons et aux crustacés tels que «Acaja» seront également interdits.

Par ailleurs, les sanctions prévues par la même loi semblent être véritablement répressives. A titre illustratif, la loi dit que l’utilisation d’une méthode de pêche interdite ou non autorisée est désormais passible d’une amende de 500.000 Fcfa à 3 millions de Fcfa et d’un emprisonnement de 6 à 12 mois.

Outre ces dispositions, le texte prend également en compte les récentes évolutions du droit national et international, notamment les dispositions relatives à la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, la gestion de l'eau, la protection de l'environnement, le régime foncier, la marine marchande et la décentralisation.

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 10:30

Le Bénin a été officiellement invité par ses partenaires techniques et financiers dans le domaine de l'environnement, à la prise en compte des changements climatiques dans le budget général de l’État, gestion 2015.

S'exprimant le lundi 12 Mai à l'occasion de la revue sectorielle de l’Environnement, Mme Sorgho-Moulinier, représentante résident du Système des Nations Unies au Bénin a déclaré que les partenaires techniques et financiers du Bénin dans le domaine de l'environnement dont elle est ailleurs chef de file ,« encouragent le ministère en charge de l'Environnement à coopérer étroitement avec le ministère de l’Économie et des Finances pour assurer une prise en compte effective et significative des changements climatiques dans le document de programmation budgétaire et économique pluriannuel ainsi que dans le budget général de l’État, gestion 2015, dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle loi organique portant loi des finances». Selon elle, cette prise en compte des changements climatiques dans le prochain budget général de l’État permettrait de lutter efficacement contre les effets néfastes des changements climatiques.

O.H.A.

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 09:21

 

Des scientifiques ont appelé mardi l'Afrique à adopter l'agroforesterie qui peut selon eux constituer une solution de long terme aux pénuries alimentaires chroniques dont souffre ce continent.

Les experts du Centre international pour l'agroforesterie ( ICRAF), basé à Nairobi, ont déclaré que faire pousser davantage de nourriture sur une même superficie était la clé pour accroître la production alimentaire en Afrique et répondre aux besoins d'une population en croissance permanente.

« Les changements climatiques et l'augmentation de la demande de nourriture, de bétail et de carburant ne fera probablement qu' aggraver cette situation », a déclaré Sammy Carsan, scientifique de l'ICRAF spécialisé dans l'acclimatation d'arbres.

Les agriculteurs africains peuvent augmenter leur production alimentaire s'ils évitent la dépendance excessive aux engrais et aux pesticides et pratiquent une intensification de l'agriculture, ce qui signifie faire pousser davantage de nourriture sur une même superficie, par le biais d'approches naturelles et préservatrices des ressources comme l'agroforesterie, selon les scientifiques.

Cette intensification est la clé pour augmenter la production agricole en Afrique et répondre aux besoins d'une population en perpétuelle croissance, ont déclaré les scientifiques.

« Une solution à long terme à cette intensification en Afrique ne doit pas se baser purement sur un modèle d'intensification importé mais plutôt étudier des approches capables de préserver le vivier de ressources naturelles disponible en assurant le recyclage des nutriments, la conservation de la matière organique, l'amélioration de la biodiversité et la régulation de la qualité de l'eau », a déclaré M. Carsan.

La productivité des récoltes sur le continent est sérieusement freinée par la diminution de la fertilité des sols et des ressources en eau et en biodiversité. Actuellement, les rendements de céréales de première importance comme le maïs stagnent à 1 tonne par hectare.

« Tout cela peut être réalisé par l'agroforesterie », a déclaré M. Carsan dans un communiqué spécial sur la situation actuelle des ressources environnementale durables.

 

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 00:57

 

Une équipe de recherche franco-ivoirienne vient de publier une série de cartes de la pollution atmosphérique en Afrique, pays par pays, et dresse d’inquiétantes projections d’accroissement de cette pollution pour 2030. En cause : des mesures insuffisantes et une sous-estimation de l’ampleur du problème.

 

La pollution atmosphérique est aussi présente en Afrique qu’ailleurs dans le monde. Les inventaires d’émissions des polluants dans l’air ont, jusqu’à présent, été très précis en ce qui concerne l’Europe, l’Asie ou l’Amérique du Nord. Mais c’était loin d’être le cas pour l’Afrique, le continent ne disposant que de résultats globaux. Ce n’est dorénavant plus le cas : une équipe franco-ivoirienne, pilotée par le laboratoire d'aérologie du CNRS de Toulouse, a réalisé des cartes, pays par pays, pour l’année 2005 et posé une estimation de l’évolution de la pollution atmosphérique pour 2030.

 

Le poids des hommes

 

Sur le continent africain, la pollution atmosphérique serait due principalement aux activités humaines. Après l’élaboration de plusieurs scénarios, les chercheurs ont pu constater que les estimations des émissions polluantes, notamment en Afrique centrale, de l’Ouest et de l’Est, étaient largement sous-évaluées. Selon les chercheurs, les émissions polluantes sont aussi fortes dans les villes africaines que dans les capitales très polluées d’autres pays jusque-là mieux documentés, comme en Chine, en Inde ou encore en France.

 

« La pollution atmosphérique urbaine est liée aux sources de combustion dites anthropiques, comme le trafic, les feux domestiques et les industries. Nos programmes de recherche nous ont montré la détérioration de la qualité de l’air dans les villes africaines », explique Cathy Liousse, directrice de recherche au CNRS, à Toulouse. Deux thèses de l’équipe de chercheurs, présentées dans le cadre du programme de recherche Pollution des capitales africaines (POLCA), ont permis de « montrer que le niveau des particules fines était bien au-dessus des normes de l’Organisme mondial de la santé (OMS) », précise Catherine Liousse. « Cette question est peut-être un peu mieux prise en compte en Afrique du Sud, où il y a déjà des réseaux de mesure de la qualité de l’air et quelques études sur le sujet. Mais en Afrique de l’Ouest, centrale et de l’Est, c’est vraiment une question nouvelle », note-t-elle.

 

L’Afrique contribue aussi au changement climatique

 

Aujourd'hui, si l’on considère l'ensemble des sources d'émission anthropique (les émissions atmosphériques d'origine humaine), le continent africain représente entre 5 et 20% des pollutions à l’échelle mondiale, selon les particules ou les gaz considérés (carbone suie, carbone organique, dioxyde de soufre, dioxyde d'azote, monoxyde de carbone). Et si aucune disposition n’est prise, il pourrait contribuer à hauteur de 20 à 50% dans les prochaines années. Un ratio important dû au fait qu’ailleurs, ces mêmes émissions ont déjà diminué.

 

Pour la réalisation de ces cartes d’émissions anthropiques, les questionnaires se sont affinés avec l’appui d’enquêtes de terrain. La consommation de fioul soumis aux autorités des différents Etats, la prise en compte des sources d’émission de gaz et de particules très polluantes, comme les deux-roues, les vieux véhicules, voitures ou camions, ou encore la fabrication de charbon de bois pour la cuisine, sont autant d’éléments que les chercheurs doivent dorénavant prendre en compte. Et ces chiffres sont nettement au-dessus des estimations sur lesquels se basent les modèles de changement climatique.

 

Un programme européen sur l’impact de cette pollution sur la santé

 

Des enquêtes sur l’impact de ces pollutions - comme les problèmes respiratoires sur les habitants - ont déjà été effectuées au Mali et au Sénégal. D’autres devraient suivre en Côte d’Ivoire et au Bénin en collaboration avec des épidémiologistes, des biologistes et surtout avec le soutien des ministères de l’Environnement des pays concernés. Des recherches qui ont pour objectif de montrer l’effet des sources néfastes sur la santé et ainsi permettre aux décideurs africains de faire les meilleurs choix sur les parcs véhiculaires ou les combustibles utilisés afin d’améliorer la qualité de l’air.

 

 

RFI 12 mars 2014

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 13:33

 

La 19ème Conférence des Nations Unies sur le changement climatique s’est déroulée du lundi 11 au samedi 23 novembre à Varsovie en Pologne. Elle avait pour objectif d’établir la feuille de route pour parvenir à un accord mondial global en 2015 sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

 

Elle avait en effet vocation à être une étape-clé pour définir les principes et le cadre d’un nouvel accord international d'ici la Conférence Paris Climat 2015 (COP 21) dont l’objectif est de réduire les émissions globales de GES au-dessous des niveaux de 1990 d'ici à 2030, et de prévoir la suppression progressive des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le monde d'ici à 2050.

 

C’est dans ces conditions que les pays participant à cette 19ème conférence ont finalement pu conclure un accord in extrémis samedi 23 novembre, soit plus de vingt-quatre heures après sa clôture officielle prévue le vendredi 22 novembre.

 

Ce retard a été dû aux difficultés pour trouver un équilibre entre les exigences légitimes des pays en développement pour mettre les pays industrialisés face à leurs engagements pris en 2009 à la conférence de Copenhague (visant à mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 et à créer un Fonds vert qui accueillerait une partie de ces fonds, pour les PED), et la nécessité d'adopter une feuille de route jusqu'en décembre 2015, date à laquelle un accord mondial devrait être conclu afin d’entrer en vigueur en 2020.

 

Cet accord a minima, comme de coutume, pendant ces négociations, pose cependant les premiers jalons de la conférence de Paris en 2015 qui doit déboucher sur un texte en mesure de limiter le réchauffement à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, et éviter peut-être les catastrophes à venir. Si rien n'est fait en effet, la température pourrait encore croître d'ici à la fin du siècle de plus de 5°C et ainsi multiplier les événements extrêmes comme le dernier typhon Haiyan qui a frappé les côtes philippines trois jours avant la conférence de Varsovie, comme l’avaient rappelé en septembre les experts du climat du Giec.

 

Dans ce cadre, les négociateurs se sont finalement mis d'accord pour que tous les pays travaillent à réduire leurs émissions, et ce, dès que possible et dans l'idéal pour le premier trimestre de 2015. Le texte adopté à Varsovie, en retrait par rapport à ce qui était initialement prévu, stipule notamment que les Etats devront travailler à réduire leurs émissions et commencer à préparer des "contributions" sur ce qu'ils entendent faire pour lutter contre le changement climatique et qui seront intégrées dans l'accord de 2015.

 

Sous le régime du dernier accord sur le climat, le Protocole de Kyoto, seuls les pays les plus développés étaient tenus de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre d'au moins 5% sur la période 2008-2012 par rapport aux niveaux de 1990. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles les Etats-Unis n'avaient pas signé ce texte car ils exigeaient que la Chine et l'Inde, deux pays en forte croissance économique, participent également aux efforts. En conséquence, à l’heure actuelle, cet accord ne couvre que 15% des émissions totales. Or, le prochain accord qui prendra donc le relais du protocole de Kyoto en 2020, doit normalement concerner tous les pays, donc également les Etats-Unis, et les grands pays émergents dont la Chine, premier pollueur du monde. Il sera légalement contraignant et devrait donc être suffisamment ambitieux pour limiter le réchauffement du globe à 2°C par rapport à l'ère préindustrielle, contre la trajectoire actuelle de 4°C.

 

En ce qui concerne l'aide financière de 100 milliards de dollars promis aux pays en développement lors de la conférence de Copenhague, pour les aider à réduire leurs émissions et s'adapter aux conséquences du changement climatique, et dont seulement 30 milliards ont été débloquées en 2010 et 2012 sans assurance pour les années à venir, le texte adopté ne contient qu'un engagement des pays industrialisés à augmenter progressivement leurs versements et à faire preuve de davantage de transparence dans la provenance de ces fonds, alors que les pays en développement réclamaient qu'ils s'engagent sur une trajectoire de financement avec un objectif intermédiaire de 70 milliards de dollars en 2016 .

 

Notons qu'avant même la fin officielle de la conférence un accord avait été conclu sur la protection des forêts tropicales qui jouent un rôle très important dans l'absorption des émissions de dioxyde de carbone.

 

En revanche le texte sur la création d'un mécanisme portant sur les "pertes et dommages" que subissent les pays du Sud à cause du réchauffement n'avait, en revanche, pas été adopté.

 

                                                                                       Océni A.H.

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 11:56

 

 

 

A l'initiative de l'Union Internationale pour la conservation de la Nature (UICN), l'Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (IFDD), le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) et l'Université Senghor d'Alexandrie, le Premier Colloque International sur le droit de l'Environnement s'est tenu à Abidjan, du 29 au 31 octobre 2013. La cérémonie d'ouverture de ce colloque a été présidée par le Ministre ivoirien en charge de l'Environnement et du développement durable, Rémi Allah Kouadio.

Les participants (experts praticiens, professeurs d'universités, chercheurs, responsables d'institutions nationales et internationales) ont réfléchi durant ces trois jours, sur les mécanismes financiers et institutionnels en vue du renforcement de l'effectivité du droit de l'environnement en Afrique. Les recommandations des travaux sur ces deux thèmes sont ci-dessous résumées.

 

Au titre des reformes financières, les travaux du colloque ont recommandé de (i) saisir les opportunités de financement dans le cadre de la transition des OMD vers les ODD ; (ii) rendre effectifs les mécanismes financiers existants ; (iii) rationnaliser et harmoniser les mécanismes financiers de mise en oeuvre du droit de l'environnement et assurer leur pérennité ; (iv) veiller à assurer la réalisation et la mise en oeuvre effective des résultats des évaluations environnementales et sociales des projets de développement et le respect de l'affectation des fonds alloués ; (v) promouvoir le renforcement des partenariats entre société civile, Etats, ONGs internationales pour une meilleure mobilisation des ressources financières ; (vi) assurer la pérennité des colloques par la mise en place d'une structure appropriée.

 

Au titre des reformes institutionnelles, les travaux du colloque ont recommandé de (i) consolider le rôle des institutions régionales et sous-régionales en Afrique dans le domaine de l'environnement, (ii) promouvoir la ratification de la convention africaine sur la conservation de la nature et des ressources naturelles de Maputo ; (iii) affirmer le principe de non-régression des instruments juridiques relatifs à l'environnement en Afrique ; (iv) élaborer des indicateurs juridiques sur l'effectivité du droit de l'environnement ainsi que des outils d'évaluation ; (v) utiliser les outils innovants disponibles pour améliorer la cohérence des législations ; (vi) instiller davantage de droit de l'environnement dans la société civile ; (vii) adapter et " endogénéiser " le droit de l'environnement en Afrique ; (viii) soutenir le projet de convention sur les déplacés environnementaux ; (ix) harmoniser les politiques et les législations nationales en matière de protection de l'environnement ; (x) apporter toutes contributions aux structures de l'UA ; (xi) renforcer les instruments relatifs à l'accès à l'information, à la participation du public et à l'accès à la justice ; (xii) renforcer les capacités des rédacteurs des textes juridiques ; (xiii) élaborer un glossaire des termes usuels en droit de l'environnement ; (xiv) assurer la vulgarisation et la diffusion des textes juridiques y compris dans les langues locales ; (xv) aider à la production d'ouvrages en droit de l'environnement ; (xvi) étudier la faisabilité de la création d'un centre africain de droit de l'environnement.

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 16:42

Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) a annoncé le 30 octobre 2013, la nomination du football ivoirien, Yaya Touré, comme Ambassadeur de bonne volonté du PNUE. Il sera le visage de la lutte contre le commerce illégal de l'ivoire, à l'origine du massacre de milliers d'éléphants en Afrique chaque année.

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 22:59
L'ONU pour une lutte vigoureuse contre le braconnage en Afrique centrale

Les Nations Unies ont exprimé, une fois de plus, leur vive préoccupation par rapport au braconnage des éléphants en Afrique centrale et lancé un appel pour des actions énergiques contre ce phénomène qui constitue une menace à la paix à l’issue d’une réunion qui s’achevée samedi dernier à Kigali (Rwanda), indique un communiqué du bureau des nations unies pour l’Afrique centrale parvenu lundi à l’AGP.
« Nous devons combattre avec vigueur cette pratique illégale et intolérable, en particulier au vu de son rôle supposé dans le financement illégal de certains groupes rebelles », a affirmé le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, dans un message lu par son représentant spécial pour l’Afrique centrale, M. Abou Moussa, lors de la 36e réunion ministérielle du Comité consultatif permanent des Nations Unies chargé des questions de sécurité en Afrique centrale (UNSAC).

M. Ban Ki-moon a noté avec satisfaction l’inscription de ce sujet à l’ordre du jour des travaux. Le Gabon, qui en a été l’initiateur, a proposé une communication sur l’ampleur de cette nouvelle forme de criminalité. Le Rapport final indique que ses experts ont évoqué l’urgence d’une mobilisation contre ce fléau en rappelant que leur démarche s’inscrit au cœur d’une interpellation faite par le Secrétaire général des Nations Unies dans son Rapport sur les activités du Bureau régional de l’ONU pour l’Afrique centrale (UNOCA).

Ce Rapport a « révélé l’apparition du phénomène du braconnage contre les éléphants qui sévit au Cameroun, en République Centrafricaine, au Tchad et au Gabon », ont-ils souligné, en suggérant fortement qu’une « coopération transfrontalière » soit établie entre les pays de la sous-région afin de faire face à cette situation.

Cette dynamique est fondamentale, entre autres, pour la protection du complexe trinational Dja-Odzala-Minkébé (TRIDOM), qui s’étend sur 141 000 km2, abrite environ 40 000 éléphants et couvre le Cameroun, le Congo et le Gabon. « A Minkébé, le Gabon estime perdre 50 éléphants par jour. L’ivoire est acheminé vers les marchés étrangers », révèlent les délégués gabonais, précisant que des pays asiatiques sont les principaux bénéficiaires de cette contrebande qui, selon eux, bénéficient de la complicité de certains « intermédiaires et des contacts dans des grandes villes » voisines. Dans leur exposé, ils ont également fait état du massacre, en mai dernier, de 26 éléphants dans le site du Patrimoine mondial de Dzanga, en République Centrafricaine, ainsi que des efforts communs pour répondre collectivement à ce problème.

Le Tchad a partagé ses inquiétudes sur ce même sujet, évoquant le massacre de 89 éléphants en une seule nuit (mars 2013) à Ganda, dans le Sud du pays. La Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) ajoute qu’en 2012, il y en a 300 qui ont été décimés dans le parc de Bouba Djida, dans le Nord du Cameroun. La CEEAC a noté qu’elle a récemment mis en place deux plans d’action d’urgence (pour le Nord-Cameroun, le Nord-Est de la RCA et le Sud du Tchad) et une stratégie de lutte anti-braconnage en Afrique centrale.

Les Nations Unies ont saisi l’occasion de la 36e réunion ministérielle de Kigali pour renouveler leur détermination à continuer d’accompagner les Etats et les organisations régionales dans la recherche des solutions « concertées et innovantes » aux défis qui fragilisent la paix et la sécurité dans la sous-région Afrique centrale. En dehors du phénomène de braconnage d’éléphants, l’ONU a notamment mentionné la piraterie maritime dans le golfe de Guinée. Elle a toutefois reconnu les progrès enregistrés sur ce front après le Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement tenu à Yaoundé du 24 au 25 juin 2013.

Outre le message du Secrétaire général de l’ONU, la 36e réunion de l’UNSAC a été marquée par les discours du Premier ministre rwandais, M. Pierre-Damien Habumuremyi ; du Secrétaire général adjoint de la CEEAC, M. Roger Tchoungui ; du ministre des Affaires étrangères du Congo, par ailleurs Président sortant du Comité, M. Basile Ikouébé ; du Représentant spécial de l’Union africaine (UA) pour les Grands lacs et Chef de Bureau de l’UA au Burundi, M. Boubacar Gaoussou Diarra. Mme Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Rwanda, devenue Présidente du Comité, a également prononcé un mot de bienvenue.

Tous les intervenants ont plaidé pour une action collective en faveur d’une sécurité et d’une paix durables en Afrique centrale et en particulier en RCA. Les travaux du Comité se sont achevés par l’adoption d’une Déclaration réaffirmant son « engagement à appuyer le processus de transition » dans ce pays et invitant les Etats membres de l’UNSAC à « s’impliquer activement dans toutes les actions visant à la résolution de la crise centrafricaine ». Il a aussi réitéré son appel au Groupe international de contact et au reste de la communauté internationale, afin qu’ils apportent leur contribution au Fonds Fudiciaire pour la RCA. Un geste salué par la cheffe de la diplomatie centrafricaine, Mme Léonie Banga-Bothy, présente à Kigali.

Agence Gabonaise de Presse 26/08/2013

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 11:16

Un important trafiquant d'ivoire, soupçonné d'avoir écoulé les défenses de dizaines de milliers d'éléphants depuis près de 40 ans, a été arrêté cette semaine au Togo à l'issue d'une enquête menée clandestinement par des défenseurs de la faune sauvage. Ce commerçant togolais de 58 ans, et un de ses associés originaire de Guinée ont été interpellés mardi et mercredi à Lomé, dans le cadre d'une opération qui a conduit à l'arrestation de près de 900 personnes. La police togolaise a saisi à cette occasion 725 kg d'ivoire, principalement sous forme d'objets sculptés et de figurines.

"On avait relevé que des tonnes d'ivoire transitaient par le port de Lomé à destination de pays comme l'Indonésie, la Chine et Hongkong", a expliqué Kodjo Katanga Yeleneke, un agent de l'Office central de répression du trafic illicite des drogues et du blanchiment. "Nos enquêtes se poursuivent pour démanteler le réseau de trafiquants", a ajouté l'officier de police togolais.

Les Etats-Unis ont "félicité" jeudi, les autorités togolaises "pour leurs efforts en vue de mettre un terme au trafic illégal d'ivoire en Afrique de l'Ouest en arrêtant un célèbre trafiquant".

La porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki, avait "exhorté les autorités togolaises à conduire une enquête complète et à poursuivre ceux qui se livrent au trafic d'ivoire".

Selon la police togolaise, quelque 116 pointes d'ivoire ont été déjà saisies en février 2011. D’ailleurs dans ce pays, il ne resterait qu’une soixantaine d’éléphants.

Le commerce international de l'ivoire a été interdit en 1989 par la Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction (CITES). Mais en raison d'une forte demande au Moyen-Orient et en Asie où les défenses d'éléphants sont utilisées dans la fabrication d'objets décoratifs et dans la médecine traditionnelle, le braconnage a pris de l'ampleur ces dernières années en Afrique sub-saharienne, où les réseaux criminels ciblent les éléphants pour leur ivoire et les rhinocéros pour leurs cornes

Arrestation d’un important trafiquant d’ivoire au Togo

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